You are currently viewing L’exemplarité n’a plus la côte et surtout la même influence

L’exemplarité n’a plus la côte et surtout la même influence

Je ne sais pas si ce sont les trois heures hebdomadaires de morale professionnelle que nous dispensait le directeur de l’École Normale d’Instituteur le jeudi matin qui m’ont marqué mais je conserve un principe qui ne me quitte jamais : celui de la valeur de l’exemple. Ernest Monlau, homme d’une rigueur morale exceptionnelle ne cessait de répéter que nous devions dans nos vies publiques et privées être exemplaires. Il insistait que le fait que les enfants et la population surveilleraient nos moindres faits et gestes, nos faiblesses ou nos outrances pour bâtir sa confiance dans l’institution scolaire. La société actuelle a totalement perdu cette notion de repère pouvant guider les vies des autres.

Dans les villages le trio constitué par le Maire, le curé et l’instituteur jouait un rôle essentiel dans des pans sociétaux différents pour les deux derniers pour les habitants. J’ai toujours en mémoire l’extrait de la Gloire de mon père sur lequel j’ai écrit hier qui situe bien la différence dans l’exemplarité : « Comme les prêtres, disait mon père, nous travaillons pour la vie future : mais nous, c’est pour celle des autres ». Extraordinaire synthèse de deux visions du rôle des références locales.

La société actuelle a perdu tout lien avec le modèle. Nous étions au XX° siècle passé de celui de Pasteur à celui de Tapie et depuis le début de celui-ci plus personne ne se réfère à un poète, un savant, un écrivain, un créateur pour citer un footballeur, une influenceuse, un rappeur ou une chanteuse.

Le basculement vers une réussite liée au fric, à la notoriété, à la facilité apparente a changé la donne. Quand on constate que les condamnations judiciaires rendent plus célèbre, plus soutenu, plus admiré, plus adulé que n’importe quel acte de probité ou de tolérance ou de générosité. Plus aucune référence à l’exemple car c’est absurde de se comporter à une personne ordinaire puisque ne défiant aucune règles morales.

L’outrance a pris le pouvoir sous le regard médiatique complaisant. Les propos de l’épouse du Président de la République tenus en privé mais captés par un téléphone indiscret illustrent cette mutation. Celle ou celui qui détient le pouvoir n’est pas tenu au devoir d’exemplarité. Les mots les plus outrageants peuplent le quotidien. Le mépris pour les effets que l’on donne à travers ses comportements ne préoccupent guère les tenants du pouvoir.

Au contraire il faut « faire peuple » en s’adonnant au langage fleuri ou en adoptant des attitudes non pas populaires mais plutôt populistes. L’injure entre dans les atouts du politique. La diffamation qui flirte avec la ligne rouge, l’insinuation perfide, les attaques anonymes ont toujours existé mais leur impact actuel est décuplé par les outils de diffusion impossibles à contrôler.

La banalisation de ce qui n’aurait absolument pas été admis il y a quelques décennies sert à excuser tous les manquements à l’exemplarité. Tout le monde s’en arrange en expliquant que « ce n’est pas grave et que l’influence de ces comportements serait très limitée ». Il serait passionnant de questionner des classes d’âge sur leurs modèles et d’en publier la liste.

Nul ne saurait prétendre à l’exemplarité absolu et d’ailleurs ce serait extrêmement prétentieux de prétendre à ce statut. Mais quand on revendique une fonction d’intérêt collectif ou que l’on exerce un métier susceptible de peser sur des consciences il ne faut pas s’en éloigner. Dans le monde politique on atteint des sommets des défaillances. Toutes les excuses, tous les subterfuges, toutes les procédures et toutes les complicités sont utilisés pour masquer de tristes réalités. On pratique la fuite en avant au cours de ces dernières années mais le pire reste probablement à venir.

L’exemplarité reste un style de vie qui devient un modèle, que ce soit social ou parental, qui donne envie d’être adopté. Elle est également définie comme étant la représentation de l’image à laquelle on s’identifie ou une étape plus élevée de l’accomplissement dans la vie. En connaissez-vous actuellement ? Et même si ces personnes existent, elles sont noyées dans le marécage du doute et de la défiance qui s’est installé sur la France.

Le respect est l’une des bases importantes pour mettre l’exemplarité en pratique malgré les différences sociales. Une personne qui sait respecter son prochain, en dépit de sa situation sociale, est susceptible d’être appréciée de tous et de servir d’exemple pour les autres. Est-ce le cas au sein de l’élite qui domine le pays ou qui pense le dominer ? C’est le vide !

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    Celle ou celui qui détient le pouvoir n’est pas tenu au devoir d’exemplarité. ; « Casse toi, pauvre…! »
    L’exemple avait été donné du haut de ses talonnettes, par celui qui maintenant tente (en vain) de jouer aux martyre.
    J’imagine bien Tante Yvonne ou la bonne madame Coty, que les français ont tant regrettée tenir de pareils propos !
    Ayant été nourri au même « lait » que toi, j’exprime ici ma reconnaissance envers ce personnage qui m’a appris le sens du devoir et de la rigueur. J’en avais d’autant plus besoin qu’élevé dans un milieu ou l’on s’arrangeait « d’accommodements avec le ciel », que je n’avais vraiment jamais acquis ces notions (à part en philo, l’impératif catégorique de Kant qui m’avait donné à réfléchir).
    Prise de conscience aussi du principe de Laïcité par l’exemple, se voulant radicalement non agressive. Laïcité dont nous avons chacun à notre façon, je suppose commémoré hier les 120 ans de son existence officielle au sein de la République (ton texte d’hier sur la Gloire de mon Père en a été comme une sorte d’hommage).
    Des personnages comme celui-ci il en existe probablement toujours, mais je crains que l’on ne leur laisse pas la parole.

  2. faconjf

    bonsoir,
    exemplarité et couple Mac-Ronds cherchez le ou les intrus…
    Clap de fin pour Ynsect, la start-up de protéines animales nourrie aux levées de fonds et aux subventions
    Ynsect France (suite) à Amiens (suivez mon regard) définitivement liquidé avec 43 salariés. On peut se demander si cette affaire n a pas été une grande escroquerie regardez qui a financé avec notre argent: Aides publiques : EU 20 millions d euros, Etat Français : 21,3 millions, BPi : 20,3 millions, Ademe : 3, 5 millions, Metropole Amiens : 1,07 millions € , Ville de Paris : 500 000€, Région Hauts de France : 2 millions, Autres : 16, 2 millions .
    La start-up nation fait faillite pas grave c’est de l’argent public … Tout comme les pièces jaunes détournées par la Mac-Ronnie au profit d’obscurs Mac-Ronniens .
    Exemplarité vous avez dit exemplarité?
    Bonne nuit

Laisser un commentaire