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La stratégie de la politique de l’offre s’écroule lentement

Tout le système libéral repose sur une croissance économique portée par la consommation. En France celle des ménages représente environ la moitié de la richesse produite annuellement en France. La stratégie financière du gouvernement reposant sur la taxation d’absolument tous les secteurs de la consommation, est donc vouée à un échec cuisant dans les mois qui viennent.

Tout le monde hurle contre ce système qui confond « impôts » et « taxes » ce qui constituent une forte injustice. Dans une année les « consommateurs » règlent des contributions sur les achats du produits du quotidien, les assurances, l’énergie, les transports, l’eau et absolument sur tous les actes reposant sur une transaction…

L’État se finance en effet majoritairement sur la TVA tous azimuts, la TIPP, la TCSA et bien d’autres ey à supprimé des impôts directs (taxe d’habitation, redevance audiovisuel) n oublié que si l’envie de consommer baissait il serait contraint à la disette. Or la contexte politique et géopolitique plombe cette nécessité vitale pour le redressement de la situation budgétaire. Alors faute de volume en augmentation on tape sur les taux !

Le pire c’est que la tendance de la sous-consommation semble durable. En effet en dehors des effets démographiques, certains changements de comportements semblent pérennes avec une moindre consommation d’énergie par des Français sensibilisés à la sobriété depuis la flambée des prix, un appétit croissant pour la restauration à emporter ou motivation écologique.

Le paradoxe c’est qu’en mettant en œuvre des incitations à la diminution des utilisations de carburants, de fuel, d’électricité, d’eau potable et de nombreux produits dérivés les recettes des taxes baissen. Une seule solution augmenter les prix… ou prier pour qu’ils remontent.

La seule chose que les prévisionnistes de Bercy et ceux qui sont sensés les diriger n’ont pas prévu c’est que un bon consommateur c’est une personne qui a confiance, qui voit l’avenir de manière positive et qui a une confiance dans la gestion du pays. Tous les indicateurs disent que sur ces trois points c’est la catastrophe. Les Françaises et les Français n’ont majoritairement plus aucune certitude. Tous les jours une information instable, démotivante, agressive conduit à une pessimisme généralisé. L’instabilité conduit à une frilosité inquiétante.

La consommation se tasse et progresse bien moins vite que le pouvoir d’achat que la Loi de Programmation des Finances fera encore plus chuter par de multiples mesures de rabotage. Lorsque le premier des ministres provisoires annonce la ré-indexation des retraites et des minimas sociaux il ne fait pas un cadeau aux socialistes comme le ressassent bêtement les éminents commentateurs des ébats de l’Assemblée nationale.

Il souhaite donner une lisibilité avant les fêtes de fin d’année habituellement marquée par des achats lucratifs pour la TVA des consommatrices en charge de ces moments d’intenses achats. Bercy espère que même si son budget se casse la margoulette ils auront donné une impulsion salvatrice aux recettes.

On sonne en effet le tocsin à Bercy. Depuis 2022 dans le secteur de l’alimentation la baisse des achats est de 8 % du jamais vu selon l’INSEE. Les Français achètent moins de fruits, de légumes et de viande jugés plus chers. Ils se tournent davantage vers les œufs, les pâtes, la volaille et le congelé moins coûteux. Les achats textiles souffrent aussi, ou l’automobile du fait d’un attentisme technologique (téléphonie, informatique, automobiles…). L’inflation a permis de sauver un peu les meubles mais comme elle se calme le déficit reprend.  

La consommation des ménages ralentirait à +0,5% cette année, après +1,0% en 2024 (contre +0,8% et +2,5% pour le pouvoir d’achat). L’ultra-libéralisme n’a pas prévu pareille dégringolade de la politique de l’offre. Le pire c’est que les Français épargnent ! Un drame. La « part non consommée du revenu » – augmente sans cesse contrairement aux autres pays européens. Il atteint 18,5% sur l’année (après 18,2%), un record en 45 ans hors crise sanitaire, alors qu’il était resté stable autour de 15% auparavant. La hausse du taux d’épargne a été portée pour moitié par celle des revenus du patrimoine (assurance vie, livrets, etc.) sur fond de taux d’intérêts en hausse.

Ces mauvais Français que sont les baby-boomers sont en grande partie responsables de cette tendance. Ils ont deux défauts : ils réduisent leur train de vie par inquiétude sur l’avenir et ils épargnent pour se préserver des annonces effectuées sur les ponctions prévues sur leurs ressources. Leur moral est au plus bas or ce sont eux qui assurent une part importante de cette foutue croissance que sœur « Amélie » de son bureau de Bercy ne voit pas venir et que tous les prévisionnistes s’accordent à repousser aux calendes grecques.

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Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    « Tout le monde hurle contre ce système qui confond « impôts » et « taxes » ce qui constitue une forte injustice. »
    Et « tout ce monde » a raison.
    Il y a quelques années (pas loin de 10, bien avant la COVID), je m’étais amusé (saine distraction) à récupérer tous les tickets de caisse de l’année précédente (devenus comme par hasard non obligatoires, ce qui en soi est en infraction aux règles comptables) à partir desquels j’ai calculé la somme correspondant à la TVA ponctionnée dans l’année sur uniquement nos achats de nourriture, non compris une partie des dépenses faites au marché où les commerçants ne fournissent pas toujours un ticket de caisse.
    Résultat du travail : le montant approchait les 500 € pour un ménage de deux personnes, invitant rarement Luculus au souper, sans pour autant se priver.
    Ajouté aux impôts directs et indirects, TVA sur d’autres dépenses, ça finit par une somme relativement considérable par rapport à nos retraites et pensions de boomers et pré boomers.
    Pris d’une crise de courage je recommencerai peut être cette opération, et je suppose que je ne serai pas déçu du résultat.

  2. Bruno DE LA ROCQUE

    En tout point d’accord avec ton analyse, Jean-Marie, mais raccord également avec JJ dont le commentaire pose du concret sur cet aspect.

  3. Philippe Labansat

    Voilà plusieurs années que nous ne « consommons » plus, avec mon épouse.
    Nous achetons uniquement pour nos besoins, en étant rigoureux sur la qualité alimentaire, en étant très économes sur les « chiffons », zéro achat compulsif, zéro achat inutile, réparation au lieu du remplacement, maximum de travaux par soi-même : électricité, plomberie, entretien jardin…
    Grâce a quoi, on peut aider les jeunes (travaux, voiture (…d’occasion), quelques factures… ce qu’on peut…

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