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Raffut (2) : les mauvais coups du sifflet

La Coupe du monde se résume actuellement à des caprices du sifflet. Elle a débuté avec ceux du stade de France et elle s’est poursuivie avec celui de la pelouse de l’ex-Matmut bordelais en passant par les centaines de milliers de litres de bière  sifflés par les supporters des diverses équipes. Le rugby et le sifflet sont de plus en plus intimes. Ils vivent ensemble tant le son de cet instrument joue un rôle décisif dans le sort des rencontres. La complexité des règles augmente chaque saison un peu plus et l’arbitre prend une place de choix sur les pelouses. Le sport ne s’en porte pas mieux.

Le Président de ce qu’il reste de la République a donné le la en tentant de prononcer un propos inaugural dans le bouillonnement impatient de l’affrontement entre les « Blancs » et les « Tout noirs ». Qui a bien pu lui conseiller de descendre dans le cratère du volcan des supporteurs pour espérer recueillir une once de popularité supplémentaire ? Les habitués des grands rendez-vous sportifs savent justement que pour éviter pareille humiliation en mondovision, ses prédécesseurs entraient en même temps que les équipes dans l’arène.

En fait, et c’est le plus grave, ce ne sont ni les « racailles » immigrées, ni les « gilets jaunes », ni les « nupésiens en folie », ni les hordes des virages populistes qui ont envoyé cette gigantesque bordée de sifflets. Ce sont surtout des membres de la classe qui l’ont aidé qui l’ont conspué.  Les travées étaient en effet peuplées de fans friqués ou au moins très motivés puisque les cartes bleues avaient chauffé pour se procurer le viatique d’un match d’ouverture dont on cause depuis trois ans.

Bien évidemment cette hostilité manifeste a déchaîné les passions entre les partisans de la sanctuarisation d’un événement planétaire devant offrir une image positive de notre nation, et les tenants du « il l’a bien cherché ! ». Les sifflets témoignaient d’un sentiment plus simple : « Laisse nous en paix, débarrasse le gazon, car nous sommes venus pour tout autre chose que tes belles paroles ! »

C’est un public chantant avec ferveur la Marseillaise qui ne se reconnaît plus dans l’élu qui symbolise la République, et il y a tout lieu de s’en inquiéter. Comme partout ailleurs, sur bon nombre de stades moins symboliques que celui de France, le respect de celui pouvant être considéré comme un arbitre a foutu le camp ! Pas d’exception. Les adeptes du « maul » et du « contre-ruck » ont peut-être conforté une paraphrase d’un vieil adage anglais voulant que le rugby soit une sport de gentlemen regardé par une public de voyous. La Coupe a débordé d’un surplus de défoulement irrespectueux et de méprisant comme peut-être un effet boomerang des derniers mois. Le contraire de tout ce que porte comme valeurs le rugby…

Il faut avouer qu’il faut une bonne dose de ces repères pour accepter ce qu’ont accepté les Fidjiens ! Eux ont été encouragés, portés défendus par tout un stade et ils n’ont entendu qu’un seul sifflet, celui de  l’arbitre anglais. Le maître des sanctions a vraiment été oublieux de l’équité pénalisant à tout-va des hommes de l’hémisphère sud certes brouillons et maladroits, mais ne pouvant pas être soupçonnés de perversité enfreignant les règles du jeu rugby. Parmi les anomalies dénoncées par les différents observateurs neutres de la confrontation, le rapport fautes/cartons jaunes : il est de 17 pour un jaune côté gallois et 8 pour un côté fidjien.

Les spectateurs ayant pris fait et cause pour les Fidjiens ont en outre très mal vécu que Matthew Carley ait appliqué le tarif dénoncé par Coluche dans son sketch sur la police : « au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme ! Et au bout de 30 blâmes, on passe devant un conseil de discipline et on peut recevoir un jaune ! » Là ce furent des dizaines de coups de sifflet sans aucune conséquence pour les porteurs du poireau sur leur maillot. Un match « policé » mais à sens unique.

Le Prince de Galles ne lui taillera pas un costume et lui remettra la jarretière car il a averti maintes fois les ouailles de Cardiff qu’à la prochaine, c’était jaune, non en fait à la prochaine, croix de bois, croix de fer je vais en enfer, ce serait un jaune puis finalement non, pas encore, mais attention, car à la suivante, c’est sûr, je sors le carton de ma poche. A côté de ça, les Fidji ont dégusté un jaune sur leur première action « peu orthodoxe » dans leurs 22 mètres. Le sifflet a été (en partie seulement) l’une des causes de la défaite des hommes du Pacifique.

Avant et après chaque rencontre de cette Coupe du monde on siffle à tout va partout où c’est possible, un demi d’ouverture vers les aautres ou une pinte destinée à vous mettre dans le bon sens. Les gosiers asséchés par la canicule effectuent des ravitaillement en vol pour fêter des victoires ou noyer leur chagrin en grande « pompe » au comptoir. Difficile de leur couper le droit de « siffler » puisque la tradition de la troisième mi-temps repose sur la vidange des… packs ! Ils sifflent même des coupes dans les loges. 

Cet article a 7 commentaires

  1. Philippe CONCHOU

    A part qques marseillaises mal venues dans un match sans français (vite étouffées d’ailleurs) on a vu un très beau match de rugby, et les fidgiens qui se gâchent 3 essais ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

  2. Alain .e

    Il m’ a semblé voire des en avants Gallois non sifflés également et l’ arbitrage n’ a pas été parfait sur ce match , mais effectivement les Fidjiens ont vendangés certaines occasions de faire la différence …..
    Et puis , faut pas avoir honte de chanter la marseillaise non plus , c’ était bon enfant , et les Fidjiens , dont huit des trente trois joueurs évoluent en France , nous ont soutenu en la chantant aussi …
    https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/xv-de-france/france-nouvelle-zelande-les-fidjiens-ont-chante-la-marseillaise-pour-soutenir-les-bleus_AV-202309110924.html
    Cordialement.

  3. christian grené

    Ne dit-on pas « faire un raffut de tous les diables »? Et n’appelle-t-on pas les Gallois les… Diables Rouges?
    Signé: Julie Larousse et Monsieur Robert.

    1. Laure Garralaga Lataste

      à mon ami christian…
      Monsieur a des lettres, et sait les exposer… !
      Mil gracias…

    2. Laure Garralaga Lataste

      L’erreur est humaine… Donc tu es humain… !

  4. christian grené

    Autant pour moi, qui voulais faire le Malin, j’ai confondu les Belges et les Gallois…

  5. Bruno DE LA ROCQUE

    Oui, l’arbitrage nous a perturbés un pote et moi. Et visiblement, nombreux dans les travées étaient celles et ceux qui ne comprenaient pas certaines décisions et… certaines non décisions manifestes. Les oreillettes ont du permettre un rappel à l’ordre quand, peu après un carton jaune infligé aux fidjiens quasiment sur la ligne d’en-but galloise (la même faute galloise n’avait pas été sanctionnée, sous nos yeux), en plein champ l’arbitre en a distribué un aux diables rouges.
    Le public (non rouge) était plutôt « pro fidjien » , cet arbitrage l’a renforcé dans cette attitude de sympathie.

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