Peut-être jamais les lobbies destinés à influencer des décisions politiques n’ont été aussi nombreux et actifs. Bien entendu ils sont « surveillés » par la loi et par les règlements intérieurs des parlements mais ce n’est qu’une apparence car ils agissent dans l’ombre et de manière détournée. Laurence Harribey, vice-présidente de la commission de déontologie du Sénat qui mettra fin dans quelques heures à son mandat a une formule qui résume la situation actuelle : « respecter un code de déontologie ce n’est pas forcément avoir un comportement éthique ». Un constat lucide et franc. On sait bien que les lobbyistes se promènent dans les allées du pouvoir. Leur poids se sont exercés par exemple avec efficacité sur les textes législatifs dédies aux traitements dans l’agriculture.
La puissance des grands groupes produisant des produits dont la toxicité ne se discute même plus a conduit à influer sur des porteurs de lois, encore plus de circulaires (c’est plus discret) ou de consignes gouvernementales. L’influence qu’ils ont dans les médias qu’ils alimentent directement ou indirectement par des contrats publicitaire s’accroît dans un monde où le système d’information se heurte à des difficultés financières. Bien entendu ils se méfient et ne cherchent plus à agir directement sur les parlementaires mais à rechercher seulement un porteur de leurs exigences et ensuite de noyauter dans chaque groupe quelques soutiens ou s’ils n’y parviennent pas de générer des absences utiles ou des indifférences salutaires.
La loi Duplomb (nom d’un sénateur ) est la résultante de manœuvres des secteurs de production les plus puissants de la FNSEA et des entreprises de produits phytosanitaires qui accompagnent la vie de ce syndicat. Elle a par exemple dans le secteurs des Pesticides tenté de réintroduire via une possibilité de dérogation à l’interdiction de certains néonicotinoïdes, l’acétamipride. Cette disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel le 7 août 2025 mais il est prévu de revenir à la charge dès que possible en tripatouillant le texte.
Pour lutter contre l’information des organismes soucieux de la préservation de la biodiversité et de la santé des consommateurs la loi adoptée par le Parlement prévoit que certaines coopératives et distributeurs peuvent à nouveau exercer une activité de conseil, sous conditions très légères. Les fabricants de pesticides ne bénéficient pas de cette possibilité mais savent fort bien qu’ils formeront les vendeurs et donc que leur bonne parole sera diffusée sans problème. Il a été aussi décidé un « accompagnement » (pensez surveillance) de la recherche et une indemnisation des agriculteurs lorsque l’État interdit des substances actives qui restent autorisées au niveau européen ce qui dans le contexte des finances publiques rend très difficile l’applicaton de pareille décision. On n’interdit rien mais on s’arrange pour que les principe de précaution soit inefficace.
Penser qu’il n’y a eu aucune « influence » extérieure sur la modification des procédures environnementales visant certains grands projets de bâtiments d’élevage (porcs, volailles, bovins) relève de la naïveté totale. Comme le veut une tradition bien française on a créé un « comité des solutions à la protection des cultures » qui se réunira le moins souvent possible et qui bloquera ainsi les interdictions potentielles. Il est en effet chargé d’identifier les impasses techniques et les solutions de remplacement ce qu’il évitera soigneusement de faire. En résumé c’est l’exemple parfait d’une loi ayant bénéficié des conseils éclairés des adversaires de la mise en place de mesures de protection de la majorité de la population. Le Parlement européen préparerait en catinini à son tour une libération de l’utilisation des produits phytosanitaires.
Le Registre officiel de l’UE contient plus de 12 000 représentants d’intérêts enregistrés. Il s’agit d’organisations, associations, entreprises, cabinets de conseil, ONG, syndicats, etc. En termes de personnes, une étude du Parlement européen publiée en 2023 citait une estimation d’environ 25 000 lobbyistes à Bruxelles, dont environ 11 000 officiellement enregistrés à l’époque. Leur nombre est en constante augmentation. Les Allemands sont en première ligne. Ce sont entre 15 000 à 30 000 personnes qui travailleraient à influencer les institutions européennes. Excusez du peu… mais attention ils agissent tous en respectant le code de déontologie.
En France nous ne sommes pas en reste. Autour du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) la Haute Autorité pour la Vie publique recense officiellement actuellement 3 711 entités actives parmi les 4 087 entités inscrites au total (données au 21 septembre 2026). Cerytaines disposent de solides moyens financiers et sont beaucoup plus puissantes que les associations de citoyens ou les organismes de défense de l’Humain ou de la Nature. Mais on sait bien que l’intérêt général n’a jamais été pour certains que la somme des intérêts du monde du profit.
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Bonjour Jean-Marie !
Les lobbies ! Vaste sujet du jour ! Mais ce ne sont que les représentants de commerce de notre enfance qui ont évolué sous le titre pompeux de commerciaux pour devenir les lobbies, « rats de couloirs » des diverses Assemblées dont les membres n’ont pas les poches cousues ! Au contraire, car, rares sont ceux qui affichent sur la porte de leur bureau « Interdit aux c..s, aux chiens et aux lobbies »! !
Toi, qui a une bonne mémoire, souviens-toi de ton Sadirac-école primaire et de ces perturbateurs de leçons qui venaient déranger les Instituteurs pour présenter les derniers livres, encyclopédies et autres cahiers « dernier cri », le tout en laissant quelques exemplaires « personnels » … ou promesse de « remise sur chiffre» ! ! !
Bien sûr, tu vas me reprocher d’avoir, aux portes des huit décennies, une bonne mémoire, mais souviens-toi ! !
Pour ne pas remuer des souvenirs plus récents, je n’évoquerai pas d’autres lieux moins parisiens.
Amicalement.
Préfabrication, détournements et forfaiture sont les trois mamelles qui nourrissent d’un lait corrompu et toxique les institutions censées gouverner une Nation pour le bonheur des citoyens.
Erratum Il faut lire : prévarication et non préfabrication !
bonsoir,
le lobbying sévit sous différentes formes le plus en vue c’est actuellement celui du monde agricole qui nous touche directement par notre alimentation. Les produits de construction se sont aussi bien illustré avec l’amiante dans le passé et plus près de nous avec les perturbateurs endocriniens dans l’ameublement. Les produits de pharmacie et parapharmacie ne sont pas en reste. Je ne parle pas de l’industrie du tabac et des alcools qui ont commis toutes les vilenies possibles et imaginables dans ce domaine d’influence.
Je vais braquer mon projecteur sur l’ancien secrétaire d’État à la Mer,ministre de la Défense,ministre de l’Europe et des Affaires étrangères qui causait hier dans le poste… Pas comme ministre, il ne l’est plus. Ni comme « envoyé personnel du méprisant pour le Liban » et non plus comme dirigeant d’Afalula, l’agence française chargée du développement de la région saoudienne d’Al-Ula, particulièrement riche en vestiges archéologiques et paysages d’exception. Non! non! celui qui est venu causer dans le poste était invité (sans le dire) en tant que lobbyiste de l’industrie des marchands de mort industrielle. Plus agréablement nommée industrie de l’armement. Sous vos applaudissement vous l’avez reconnu J.Y Le Drian le plus distingué des VRP de luxe des marchands d’armes. Déjà sous Mollande il avait fait des merveilles lors de son passage au ministère de la défense, le montant de la vente d’armes à l’étranger passe de 4,6 milliards d’euros en 2012 à 16 milliards d’euros en 2015, puis à 20 milliards d’euros en 2016. Un « Comité ministériel des exportations de Défense » est créé lors de l’arrivée de Le Drian à la Défense, piloté par Cédric Lewandowski*, et qui réunit différents industriels, personnels militaires et représentant de l’État. Le but est alors de coordonner les efforts en vue de négociations de ventes d’armement. Le Drian s’investit souvent directement en faisant du relationnel avec des dirigeants politiques étrangers. L’ Egypte est un des terrains de chasse de Le Drian. Pour ceux que cela intéresse vous trouverez ici ses exploits
https://egypt-papers.disclose.ngo/fr/chapter/france-egypte-vente-armes
Les exploits de J.Yves au moyen orient font quelques vagues. Après le meurtre de Jamal Khashoggi par des Saoudiens, à la fin de l’année 2018, il affirme ne pas avoir eu connaissance des preuves annoncées par la Turquie à ce sujet, et met en cause « un jeu politique particulier dans cette circonstance » de la part du président turc Recep Tayyip Erdoğan. Déclaration qui a fait un peu tousser les Turcs, sept diplomates et agents du renseignement français contredisent également Jean-Yves Le Drian.
En janvier 2019, il est auditionné par la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla, au sujet des passeports détenus par Alexandre Benalla. Le député LR Guillaume Larrivé, co-rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla, saisit le procureur général près la Cour de cassation, François Molins, afin de demander la « mise en mouvement de l’action publique » à son encontre devant la Cour de justice de la République, lui reprochant d’avoir indûment délivré deux passeports diplomatiques à Alexandre Benalla, et de ne pas les avoir fait désactiver après son limogeage de l’Elysée. J. Yves aime bien les barbouzes surtout quand ils servent dans son business. L’affaire des contrats russes : Alexandre Benalla a fait l’objet d’enquêtes concernant un contrat de sécurité privée négocié avec l’oligarque russe Iskander Makhmudov. Cet oligarque est un proche associé d’Andrey Bokarev, important actionnaire du fabricant d’armes russe Kalachnikov. Bien que l’affaire concerne des prestations de protection et de sécurité (et non du commerce d’armes), cette proximité d’affaires a alimenté les rapports de police.
En février 2019, il assure devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, au sujet de la guerre civile yéménite, que « l’action de l’Arabie saoudite s’effectue essentiellement par voie aérienne et nous ne fournissons rien à l’armée de l’air saoudienne » : Mediapart, s’appuyant sur des documents du Parlement britannique rendus publics le 11 mai 2018, affirme au contraire que « la France a bel et bien vendu depuis 2015 du matériel militaire, plus spécifiquement des outils de guidage laser, à l’aviation saoudienne ».
Quand on fait dans le Lobbying on ne ment pas, on présente les faits sous un jour favorable à notre business, rien de plus.
Donc hier Jean Yves a entonné l’air bien connu » célérusses, célérusses… » faisant ainsi la promotion d’un futur conflit dans lequel nous sommes déjà d’après lui.
Personne ne pourra me faire croire qu’une guerre contre la Russie serait une mauvaise affaire pour les marchand d’armes et leurs lobbyistes. La communication UE(rss) conjointe à celle de la Mac-ronnie en faveur de la guerre contre les Russes dégage une forte odeur de pognon même si l’odeur des cadavres reste très tenace du coté Est de notre continent.
Bonne soirée
* Cédric Lewandowski « était un temps pressenti pour prendre la tête de la DGSE », Emmanuel Macron a tenu à l’éloigner afin d’assurer sa mainmise sur les différentes structures de défense en France. Il réintègre eDF avec promotion en 2017.
Que serait le gouvernement de la France (et sans doute de bien d’autres pays, mais je pense que nous sommes bien classés ) sans la « pantoufle » et le lobbying ?