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L’été du basculement vers l’enfumage organisé

Les incendies girondins occupent beaucoup moins les télévisions de l’angoisse institutionnalisée. Elles devront  trouver pour le reste de l’été un autre motif d’affoler les millions des gens à la recherche de bribes d’informations. Le coup de pression du Maroc envers les possessions espagnoles sur son territoire via une ruée migratoire « spontanément » organisée a fait un flop puisqu’il s’est terminé avec le retour de la grande majorité des migrants vers leur point de départ. Alors l’essentiel du boulot rédactionnel à partir de ce matin résidera dans la recherche du fameux sujet des vacances plongeant l’opinion dominante dans la peur et l’appréhension sur l’avenir. Rassurez-vous les fabricants de « trouille pour soupe de poisons » ont les recettes de cette mixture télévisuelle. Leur habileté éclabousse le petit écran.

Parvenir à passionner durant une journée des millions de personnes avec un sapeur-pompier arrosant avec ce que l’on appelle une lancette, une fumerolle dans les cendres grises de l’incendie relève de l’exploit journalistique. Recueillir l’avis éclairé de spécialistes hautement qualifiés durant une heure sur ce geste salvateur d’un soldat du feu constitue une prouesse à montrer dans les écoles de journalisme. Accompagner de pauvres gens ayant tout perdu sur le lieu de disparition de leurs biens en les questionnant sur ce qu’ils ressentent flirtent avec l’indécence d’autant que la séquence est rediffusée en boucle comme un scoop. Durant une semaine le traitement du drame girondin a mis en évidence une mutation profonde de ce que l’on appelle l’information. Jusqu’où ira-t-on ? 

Cet été marquera un vrai basculement vers un exemple de l’exploitation maximum de toutes les facettes d’un événement exceptionnel. Les directs au milieu des pare-feux ou au plus près du front ; les convois sécurisés organisés par les structures officielles pour gérer une affluence inédite de journalistes ; les interviews au cul des tracteurs ; les déclarations pourries ou tendancieuses ; les images catastrophistes diffusées en boucle ; l’absence de limites dans le « trash » ; l’occultation des témoins raisonnables surtout s’ils réagissaient sur les causes et pas sur les effets : il y aurait bien des leçons à tirer du traitement de cet incendie. Le flot de l’actualité emportera toutes ces scories. L’affaire de quinze jours et on oubliera. 

Aujourd’hui le retour des habitants du Cap-Ferret constituera un volet à ne pas manquer pour ces télés avides de moments susceptibles d’améliorer leur notoriété. Elles trouveront bien une ou deux « personnalités » regagnant leurs pénates dorées pour agrémenter les dernières images de cet épisode dantesque. Un manière de tirer le rideau en beauté et de faire oublier les multiples questions posées par la gestion d’une crise sans précédent. Le « Cap » retrouvera son standing. Ouf ! Il restera Le Porge… dont les plaies à panser seront bien plus durables. Le traumatisme collectif ne s’effacera plus jamais et même sir l’on martèlera que le point positif essentiel c’est l’absence de victimes hors les deux malheureux sapeurs-pompiers, il imprégnera durablement le Médoc.

Immédiatement la société telle que nous la supportons a manifesté sa compassion collective déculpabilisatrice. Elle se traduit par la multiplication des « cagnottes », des appels aux « dons financiers », des promesses de financements aisés à obtenir ce qui témoigne de la réalité d’une époque : le fric lave de toute remise en cause citoyenne. Il est même fort possible que bientôt on organise une collecte en faveur du financement du corps des sapeurs-pompiers. Rien d’étonnant puisque si l’on en croît les médias la générosité à été exceptionnelle et elle permet de ne pas se poser les vraies questions. Pour ma part je suis solidaire de celles et ceux qui agissent mais ne pérorent pas et de celels et ceux qui osent poser le problème de fond : qu’avons nous fait pour éviter pareil drame? 

Exsangues, étranglées par l’État, les collectivités locales qui financent seules les SDIS (département, communes, communauté de Communes, métropole) se retrouveront en première ligne sans avoir la moindre solution pour améliorer leurs contributions. Les donateurs spontanés se mueront alors en contribuables récalcitrants refusant toute augmentation de leur participation institutionnelle au financement de leur sécurité. Rappelons qu’avec la supression de la taxe d’habitation il n’y a plkus pour la grande majorité des gens un lien entre services rendus par la collectivité et contribution directe. En plus une majorité de députés a refusé une augmentation des taxes sur les assurances au nom de la défense… du pouvoir d’achat.  Paradoxe d’une République incapable de régénérer un zeste de citoyenneté lucide. On contunuera alors à se lamenter sur le manque de moyens humains ou matériels mais sans avoir un seul instant expliqué le financement actuel totalement obsolète face aux enjeux qui se profilent.

La machine à enfumer les responsabilités reprendra son rythme habituel. Avec la chaleur ambiante elles s’évaporeront au creux de l’été. Après chaque catastrophe les réactions sont toujours identiques. Les promesses de tirer les leçons de ce qu’il s’est passé pleuvent. Les vacances sont là. La fatigue aussi. On repoussera les débriefings à la rentrée avec d’ici là d’autres moments difficiles. Les milliers d’hectares brûlés se dilueront dans la dette qui ne cesse de croître, la haine sociale qui s’amplifie, les calculs électoraux qui arrivent et… on attendra l’an prochain pour envisager de commencer à agir.

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Cet article a 5 commentaires

  1. Gilles Jeanneau

    Courage Jean-Marie , courage car j’ai l’impression que tu prêches dans le désert!!!
    Et il y aurait tant à ajouter…
    Allez, bonne journée quand même avec un bon petit rosé au frais!

  2. Pontoizeau-Puyo Martine

    La haine sociale qui s’amplifie ! hélas.

  3. François

    Bonjour Jean-Marie !
    En intro, on peut dire en parodiant un célèbre speaker :  « Tout à fait, J-M … et @Gilles, tout à fait ! » ! !
    Développons quelques points que les faits encore récents (car, effectivement, la chaleur entraînant évaporation …!) ont mis en évidence.
    – Tout d’abord, les conséquences désastreuses de l’écologie de bobos ronds-de-cuir au c.l climatisé : je m’en suis déjà épanché dans ces colonnes et je ne remuerai pas le couteau dans la plaie !
    – Le magnifique « coup de gueule » du maire de Biganos (DFCI) qui a cloué (temporairement certes!) le freluquet en perte de vitesse devant un parterre de personnalités gênées regardant leurs chaussures en cherchant désespérément une issue de secours providentielle ! ! Au « Arrêtez de parler ! », quelle magnifique conclusion que ce « je ne suis pas parisien » ! !
    – la découverte parisienne de la Solidarité de la population régionale … réputée « paysanne » ! ! Et oui, les gueux, les sans-dent savent se comporter avec humanité sans attendre le réveil de l’État … régalien !
    – autre découverte : le Bon Sens des Paysans qui réfléchissent et agissent en fonction des lieux qu’ils connaissent mieux que certains, leurs bureaux feutrés : que de dossiers perdus !
    – l’engagement sans arrière pensée (électorale surtout !) des civils dont mes copains agriculteurs qui, comme en 2022, ont retrouvé le sens de l’entraide des anciens ! Cette aide est reconnue comme salutaire pour la réussite des Pompiers … et ce, SANS UN seul blessé malgré le dénigrement précoce de Mme La Préfète. Bravo les Gars ! Certainement pas énarques donc pas c**s non plus ! !
    Dommage que l’on commence à envisager … une loi sur l’entraide ! Il vaudrait mieux soutenir la recherche française sur un Canadair tricolore !
    Que dire de plus sur ce drame visuel et économique si ce n’est que, comme après chaque crise, aucune leçon n’a été retenue ( les ministres sont comme la génération des jeunes élèves : pas de mémoire! Tout dans le smartphone !). À l’heure des « mails TGV », un dossier Sécurité de la Forêt traîne depuis un an sur le bureau du Ministre de l’Intérieur avant d’aller caler quelques pieds d’armoires poussiéreuses.
    Attendons le prochaine épisode car malheureusement … ! !
    Amicalement.

  4. J.J.

    Nos autoproclamées élites vont appliquer sournoisement leur apophtegme habituel et préféré : « À partir de dorénavant ce sera comme à l’habitude ».

  5. faconjf

    Bonjour,
    infinie tristesse en lisant votre billet du jour, l’état régalien est aux abonnés absents ( déjà en vacances… du pouvoir). Les chefs à plumes se cachent dans les ministères comme les cafards dans les planchers, faut dire que les déclarations stupides et délirantes de la Préfète de Gironde incitent à se faire petit petit.
    Juan Branco nous dit au sujet des évènements de l’enclave Espagnole: « 50.000 personnes déplacées d’un trait, des camions remplis à ras bord les livrant à un point de réception sans réaction des forces de l’ordre, aucune caractéristique propre aux exilés chez les « migrants » (pas même un sac), l’infiltration prouvée d’agents du renseignement marocains dans les foules, l’ouverture des portes par les douaniers marocains filmée et fuitée, l’amplification virale de ces fausses informations par des officines israéliennes préalable à une communication offensive coordonnée entre les cabinets Trump et Netanyahou, l’arrêt soudain des arrivées avant même que les migrants soient expulsés, les témoignages d’incitation venant des forces de l’ordre recueillis par le NYT… »
    La manipulation merdiatique rejoint les complotistes maroco-U$Raél visant à déstabiliser le seul gouvernement Européen qui refuse la politique coloniale de Bibi. Les gouvernements de droite extrême rament dans le sillage de Tromp, la solidarité de l’UE (rss) coule comme un migrant épuisé. Une tentative tellement visible qu’aucun politique de notre pays ne la dénonce, de crainte de passer sous les fourches caudines des racistes des droites extrêmes… La lâcheté est maintenant l’étendard sous lequel nos zélites se réfugient en attendant que l’orage passe, put1on a pas le c.l sorti des ronces!
    Voici le petit inventaire à la Prévert que nous dresse R de Castelnau des zélites qui prétendent se retrouver au deuxième tour face au gang Le Pen pour emporter le pompon en rameutant les castors:

    « Édouard Philippe avec ses casseroles judiciaires qui mijotent, et ses accointances suspectes avec les narcotrafics du port du Havre. Gabriel Attal muni de sa couscoussière de cocaïne et des vidéos de ses chemsex. David Lisnard qui ne comprend rien et s’imagine que la France est à l’image de sa ville de Cannes et ses boomers comateux qu’il y croise. Bruno Retailleau candidat officiel du groupuscule LR en route vers le glorieux score 2022 de Valérie Pécresse. Le plus répugnant de tous François Hollande, le parjure des accords de Minsk et le président « vomi par les Français » en 2017. Ségolène Royal qui désormais ne pense qu’à une chose, foutre la merde. Olivier Faure, au charisme d’une serpillière humide, et Boris Vallaud qui le lui dispute. Bernard Cazeneuve lugubre croque-mort que personne ne connaît. Thierry Breton la dernière niaiserie de ce pauvre François Bayrou. L’assureur Xavier Bertrand notre Séraphin Lampion national à nous qu’on a. Élisabeth Borne avec sa tête de pionne aigrie. Marine Tondelier, bavarde comme une pie, mais complètement paumée dès qu’elle quitte le 11e arrondissement de Paris. François Ruffin englué dans sa collection de mensonges. Dominique de Villepin qui nous rejoue éternellement son discours à l’ONU de 2003, alors que ce qui nous intéresse, ce sont les explications sur le bradage des sociétés d’autoroute au privé et les rétro commissions qui lui auraient rempli les poches. On me dit dans l’oreillette que j’ai oublié Raphaël Glucksmann. Raphaël qui ?  »
    La catastrophe est en marche, le plombier n’a plus assez de doigts pour boucher les fuites,il faut maintenant actionner le dernier levier disponible la SOLIDARITÉ NATIONALE!!
    Le naufrage est commencé et les spin-docteurs de la communication Méprisentielle remplacent l’orchestre du Titanic, ils nous charment avec l’hymne Mac-Ronnien habituel « On a tout bien fait ».
    Courage, le pire est en vue.
    Bonne journée

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