J’ai bien du mal à me passionner pour le Tour de France… et j’ai l’impression que l’affluence le long des routes n’atteint pas le niveau des années antérieures sur les neuf premiers jours. Certes la canicule est en partie responsable de cette indifférence croissante vis à vis d’une édition d’une grande boucle ne justifiant plus son surnom, mais tous les commentaires que j’ai recueillis attestent d’une certaine déception. S’attaquer au monument du sport cycliste relève de l’impudence complète. En effet comme les enjeux financiers via les chaînes de télévisions restent des éléments décisifs pour la réussite de l’épreuve il vaut mieux éviter de s’interroger sur l’impact de la course.
D’abord une grande partie des spectatrices ou des spectateurs massés le long du trajet n’y viennent pas pour la dimension sportive. L’intérêt principal réside dans le passage de la caravane avec l’espoir de collecter des « goodies » ou des « cadeaux » des sponsors. Ils se raréfient pour des raisons économiques. Les véhicules sont beaucoup moins luxuriants ou imaginatifs que dans le passé. Le défilé manque d’originalité. Les coureurs ils ne les voeient que quelques dizaines de seconde.
La caravane offre un outil commercial sans équivalent puisque les spectateurs viennent à l’annonceur et non l’inverse. Un attrait qui a cependant un coût : une marque doit compter environ 250 000 € pour avoir une place dans le cortège. Cela représente pour elles un gros enjeu marketing annuel. Il faut ajouter à cette somme moyenne la fabrication des engins et la rémunération des chauffeurs, des animateurs et des distributeurs. Certes Cochonou, Tourtel, Skoda, Leclerc ont tout à gagner sur ces opérations en terme de notoriété mais les budgets commencent à s’user !
Une autre partie du public surtout dans les cols se plaît à venir encourager un coureur plus comme un autre dans un mélange de nationalisme et d’estime pour les exploits réalisés. Or le Tour 2026 a déjà désigné son vainqueur. La cause est entendue : Pogacar sauf s’il rencontre un sanglier traversant sa route, a gagné. Il écrase l’épreuve avec en plus de une équipe susceptible de mâter toutes les rébellions potentielles. Que peut-il arriver ? La fameuse incertitude du sport n’existe plus. Il n’y a plus de leaders d’opinion dominante.
L’étape Pau-Gavarnie a atteint des records d’audience mais elle n’aura pas forcement convaincu les gens devant leur télé sur l’existence d’une vraie compétition. La domination de Pogacar affaiblit considérablement l’intérêt du grand public. Les duels célèbres ayant émaillé l’histoire du Tour n’existent plus. Même l’apparition de Paul Seixas ne change pas la donne car il ne semble pas encore en mesure de rivaliser avec le Slovène.
Le poids de la canicule change en plus la donne. S »il s’avérait que les horaires de diffusion des étapes soit modifiés et si les parcours sont allégés comme ce serait humainement normal ce ne sera pas à l’avantage de la société du Tour. Il est certain que des adaptations mineures seront concédées car les vrais maîtres de cette course restent les télévisions. L’an passé France 2 et France 3 ont meublé plus de 150 heures d’antenne en direct avec le Tour et ses à-cotés. Au total ce sont 45 millions de Françaises et de Français qui avaient regardé une minute du Tour. Tous les records avaient été battus. Qu’en sera-t-il cette année ?
Depuis 9 jours sur le plan médiatique le Tour habitué à monopoliser l’attention se trouve en concurrence avec le Mondial de Football. Il est certain qu’entre le suspense autour du match France-Espagne le soir du 14 juillet et l’étape du Tour même intéressante pas son profil il n’y aura pas photo. Si les Bleus accèdent à la finale le cyclisme surtout si Pogacar écrase ses concurrents comme il l’a fait jusqu’alors, sera relégué au second plan. La seconde semaine risque donc d’être moins suivie. Quand on compare l’impact du Mondial sur les audiences de M6 avec des matchs divers et celui du Tour du service public avec la grande boucle ce phénomène de transfert risque de s’accentuer.
Troisième manifestation mondiale en terme de couverture médiatique le tour est diffusé par plus de 80 chaînes dans près de 190 pays, le Tour de France rassemble environ un milliard de téléspectateurs chaque année (3,5 milliards selon l’organisateur). S’adressant aussi bien au jeune lycéen en vacances d’été qu’à la grand-mère tricotant tranquillement dans son salon, il est aujourd’hui l’une des compétitions sportives les plus regardées dans le monde, et ce depuis de nombreuses années.
La machine à fric est robuste (15 à 20 millions de bénéfices nets pas édition) est quelque peu déréglée mais elle saura trouver les moyens de revenir en troisième semaine. La diminution de la canicule, les exploits surnaturels de Pogacar et quelques drames liés à l’effondrement de seconds rôles redonneront un jaune d’or à une compétition spectacle de moins en moins crédible. Au moins sur quelques jours mais l’image est écornée.
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Personnellement je préférai le Tour de France des années 70-80 ,mais il est vrai que c’était l’époque des corticoïdes.
Ce que dit l’enquête de la cellule investigation de radio France( https://www.youtube.com/watch?v=wPmqZavnJEE.)
L’explication sur l’étonnante capacité de Pogacar résiderait dans l’utilisation de manivelles de 165 MM .
https://www.youtube.com/watch?v=KGY-PbAsTdg
coucou, le tour n’est pas trop passionnant cette année, trop chaud surtout pour ceux qui pédalent. pourquoi ne pas le déplacer le matin ? ce serait mieux pour tous et surtout pour les acteurs.
Bonjour,
Il faut que les jeux du cirque continuent car comme le dit Jean Dufaux « Donne au peuple du pain et des jeux, il ne se révoltera pas. Donne-lui la peur et l’inconfort, il se baissera pour prendre un pavé au sol. »
Donc les jeux vont se poursuivre quoiqu’il en coûte.Les historiens nous disent qu’ après la conversion de l’Empire romain au christianisme, les édifices du spectacle ont connu une décadence. Si l’influence chrétienne doit être souligné dans ce déclin des jeux et des compétitions antiques et même si les chrétiens ont condamné les spectacula (spectacles) ils ont survécus dans le monde sous d’autres formes jusqu’aux retransmissions mondiales actuelles.
Les motivations des chrétiens tenaient à l’idolâtrie des jeux, car l’origine des jeux était liée à un culte rendu à des dieux ou des héros : aller aux spectacles de l’arène était donc une manière d’adorer ces dieux et aussi la violence, le sang versé et, qui plus est, à la grande volupté des spectateurs.
Les jeux vidés de leur contenu païen, les jeux conservaient leur dimension politique et par la même revêtaient un contenu chrétien puisque l’empereur était alors considéré comme le lieutenant terrestre de Dieu : l’organisation des jeux fut reprise par les empereurs byzantins comme une marque d’évergétisme** et ils continuèrent jusqu’au XIII ièmesiècle (chute de Constantinople) avec les compétitions hippiques. Même les ecclésiastiques succombaient à l’engouement des courses : on raconte qu’au Xi èmesiècle, un d’eux, Théophylacte Lécapène n’hésita pas à laisser en plan sa messe pour assister à la naissance d’un poulain !
En Occident, la Gaule s’adonnait aux jeux romains et l’évêque Sidoine Apollinaire précise au VI ièmesiècle que «les Hérules triomphent à la course, les Huns au lancer du javelot et les Francs à la nage». Tandis que les Écossais et les Irlandais pratiquaient encore un athlétisme semblable à celui des Anciens depuis le XIX ième siècle avant J.-C.
Le christianisme n’a pas eu l’influence qu’on lui a prêté et c’est pour toutes ces raisons que les jeux ont déserté les arènes maintenant en ruines pour envahir les étranges lucarnes.
Si l’on analyse la situation de notre pays aujourd’hui on constate que la Mac-Ronnie a créé le continuum d’une société au service des puissants de la naissance à la mort des gueux. Des services de santé en décrépitude en passant par l’ Éducation nationale à l’abandon ou la Justice en phase de clochardisation en mentionnant la Police au service des politiques et en finale la Démocratie ruinée par les milliardaires des merdias, TOUT est fait pour abêtir et contraindre les gueux… La Mac-Ronnie le formidable bond en arrière de notre société et qu’est-ce que l’on nous propose pour que surtout rien ne change? Un match final d’un clone de Mac-Ronds pour faire barrage à l’extrême droite. Nos Zélites vont se pousser du col pour apparaître en bonne place auprès des héros sportifs du moment.
L’imagination des politiques est en panne, seuls les jeux merdiatisés peuvent empêcher les gueux de ramasser les pavés…
bonne journée
**L’évergétisme (du verbe grec εὐεργετέω / euergetéô signifiant « faire du bien ») est la bienfaisance ostentatoire d’un riche notable (appelé évergète) en faveur d’une communauté envers laquelle il manifeste une générosité intéressée par des dons et des bienfaits (appelés évergésies).
On dira ce que l’on voudra, mais depuis qu’Yvette ne mène plus la caravane du haut de son estafette, et que Poupou ne brigue plus la victoire, le Tour n’est plus ce qu’il était.