La canicule qui lézarde sur la France est devenue un véritable révélateur des inégalités sociales. Ce phénomène climatique accentue en effet la différence forte entre celles et ceux qui ont les moyens de s’y adapter et les autres qui le subissent sans pouvoir changer leur mode de vie. Dans le fond ce n’est pas une nouveauté puisque depuis des siècles il est possible d’atténuer les effets néfastes d’une crise si l’on a les moyens financiers et culturels pour le faire. La réaction individuelle varie par exemple à l’exposition à des températures élevées. Le constat est implacable.
Selon son âge ou sa santé le réchauffement climatique accentue les difficultés quotidiennes que l’on rencontre. Les personnes handicapées ou celles qui souffrent de maladies chroniques n’abordent pas une période comme celle que nous traversons, sans augmentation de leurs risques d’en subir des conséquences néfastes. Au deux bouts du parcours de vie (bébés et anciens dépendants) il est évident que l’incidence d’une température très élevée n’a pas les mêmes effets que pour les gens dans la force de l’âge. Ces variations du climat se traduisent d’ailleurs par des afflux massifs de ces catégories de la population dans les services des urgences. Encore une fois les limites de notre service public de santé ont été atteintes.
Les conseils diffusés par les autorités resteraient des vœux pieux sans le réseau des professionnels ou des bénévoles associatifs qui se relaient sur le terrain. La tension générale démontre la fragilité du système social ne pouvant pallier les carences de la solidarité familiale ou de proximité. Les individus isolés (il y en a de plus en plus) figurent dans les plus exposés à ces phénomènes extrêmes. En général ils cumulent les difficultés liées à leur état psychique, à leur situation financière et à leur capacité de prise en compte des conseils pour résister à ces agressions.
La canicule frappe chez les précaires (SDF, immigrés, personne désocialisées) comme le froid extrême en hiver. Comment réagir quand les conditions volontaires ou involontaires de votre vie quotidienne vous privent de toute réponse à une situation inhabituelle ? Ils sont plus de 350 000 sans un domicile fixe susceptible de les préserver et 20 000 à survivre dans des bidonvilles et parmi eux des milliers d’enfants. Les messages officiels sont dérisoires par rapport à leur situation. L’évolution du climat n’appartient pas à leur réflexion. Elle conditionne cependant très souvent leur espérance de vie.
Certains travailleurs exposés à la chaleur quels que soient les aménagements de leur temps de présence sous le soleil vivent ces périodes avec appréhension. Un charpentier, un couvreur, un agriculteur, un poseur de bordure, un manœuvre dans la construction, un cuisinier… et bien d’autres métiers n’ont pas toujours la possibilité d’adapter leur tâche à la température ambiante. Pour eux le réchauffement climatique a quelque chose de concret et de tangible. Il est ainsi constaté qu’en plus des effets directs de la chaleur, la fatigue liée à la fois à sa présence et à leur travail peut conduire à une baisse de la vigilance et à des accidents de travail.
Lorsque le débat national porte sur la mise en oeuvre d’un « plan climatisation » on est très loin de la réalité sociale. D’abord à qui s’adressera-t-il ? Aux locataires de passoires thermiques que l’État vient de remettre à la location pour masquer très partiellement la crise du logement ? A ceux qui sont très éloignés des moyens financiers leur permettant de faire face à la dépense ? Comme toutes les mesures liés à l’isolation, à la rénovation le principe qui paraît dédié à tout le monde finit par se révéler inégalitaire au possible. Les plans en tous genres n’étant jamais évalués objectivement profitent à celles et ceux qui en comprennent l’intérêt, qui savent naviguer dans tous les obstacles dressés sur le chemin des aides et qui surtout ont la possibilité de préfinancer l’investissement.
Les achats d’appareils divers pour rafraîchir, de piscines hors sol, la recherche de solutions techniques pour annihiler les effets de la canicule sont encore une fois réservés à une partie de la population. Elle concerne cependant par ses effets selon les estimations 36 millions de Français. Parmi eux quelque 10 millions de personnes de plus de 60 ans des départements concernés par l’alerte orange ou rouge. Quelque 9,7 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus se trouvent dans ces fameux départements, dont 3,8 millions de 75 ans ou plus. Une population particulièrement vulnérable selon les statistiques de 2003 où sur les 15000 morts attribués à la hausse de la température 82 % avaient plus de 75 ans. Saura-t-on en tirer les leçons ? J’en doute.
En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Bonsoir,
21 août 2003- dans l’émotion de la canicule meurtrière d’août 2003, le gouvernement français a imposé aux salariés une journée de travail supplémentaire pour financer un effort financier en faveur des personnes âgées ou handicapées. Une mesure qui témoigne de l’inculture économique de la classe dirigeante.
Vingt-trois ans après, cette classe dirigeante n’a rien compris ni rien appris. Elle se dispose à reproduire la même sottise sous les applaudissements des mêmes médias… Pourtant l’impact négatif de ce méfait est parfaitement documenté. Un jour de travail gratuit n’augmente pas la production annuelle et provoque mécaniquement une baisse du taux horaire de 0,5 pour cent (1/200).
Sitôt connus les effets meurtriers de la canicule d’août 2003 en France (15 000 victimes parmi les personnes âgées), le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a projeté d’augmenter le financement des maisons de retraite et lieux de vie spécialisés.
Il a choisi pour cela de supprimer un jour chômé dans l’année (le lundi de Pentecôte). Comme le reste de la classe politique, les ministres avaient la conviction que cette journée de travail accroîtrait automatiquement la production des entreprises sans charge salariale supplémentaire.
Le gouvernement se proposa donc de prélever le surplus de richesse escompté par une taxe sur les entreprises.
C’est ainsi qu’a été instaurée une Contribution solidarité autonomie (CSA) payée par les entreprises. Elle a été complété plus tard, en 2013, par une Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) payée par les retraités pour financer la dépendance. Le tout a encore rapporté 3,8 milliards d’euros en 2025..
Ma question à plusieurs milliards est où est passé le magot? Normalement dans un pays non vérolé par la corruption TOUS les établissements de soins devraient être correctement équipés. Ce n’est pas le cas à qui la faute ?
À moins que ce hold up n’ ai été motivé pour d’autres raisons et avec d’autres finalités que d’améliorer la vie des plus faibles…. Mais ça je ne peux pas le croire.
Bonne soirée
Bonsoir Jean Marie,
MEME SI IL A TOUJOURS FAIT CHAUD EN GIRONDE, cela revient de plus en plus souvent et avec des températures de + en + hautes comme cette année et ce n’est peut être pas fini.
Je ne fais pas confiance au gouvernement pour aménager les problèmes, vu comment la France est gérée, et toutes les promesses non tenues, si on peut on fait, si on peut pas on subit.
Targon où j’habite a mis à disposition la grande salle climatisée de la R.P.A. à disposition de toute la population.
Prends soin de toi, reste au frais.