You are currently viewing Les finances du football pro constituent une bombe à retardement

Les finances du football pro constituent une bombe à retardement

La Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) poursuit inlassablement son examen des finances de clubs ayant le statut professionnel ou espérant l’acquérir. Chaque jour dans le plus grande discrétion les sanctions tombent :clubs recalés provisoirement ou tout simplement interdits des compétions pros. Entre les mesures de report ou celles qui s’accompagnent de ref »us de recrutement ou d’encadrement de la masse salariale il devient impossible de savoir ce que seront les compétitions au début de la saison. Entre les appels ou les contestations auprès d’instances éloignées du football il faudra bien deux mois pour savoir qui part ou revient. Certains dirigeants dont ceux de Bordeaux guettent les défaillances car ils espèrent avoir sur tapis vert ce qu’ils n’ont pas obtenu par les résultats sportifs.

Il est certain que le système est à bout de souffle. Les déficits s’accumulent. Les faillites sont masquées par des artifices financiers divers. Les propriétaires recherchent des repreneurs ou d’autres investisseurs sans être trop regardant sur l’origine des fonds. Souvent ce ne sont que des crédits masquant l’absence d’argent réel donné par des mécènes « désintéressés ». La situation géopolitique complique singulièrement ces transferts de capitaux. D’abord parce que les recettes actuelles sont médiocres et ensuite parce qu’il a très peu de retours sur investissements.

En fait la DNCG doit repérer des dizaines d’astuces qui masquent des endettements supérieurs à ceux qui sont annoncés. Par exemple les clubs pratiquent les achats de joueurs à crédit. Ils signent des contrats avec des paiements échelonnés sur plusieurs saisons. Un étude fait froid dans le dos. Un peu moins du milliard et demi pour le le cumul des dettes sur mutations de joueurs des clubs du football professionnel français des championnats de L1 et L2 au 30 juin 2025, d’après les chiffres de la Direction nationale du contrôle de gestion.

La moyenne par club d’un peu plus de 40 millions d’euros. Le PSG et Lyon représentent à eux deux plus de cinq cents millions d’euros. Si on ajoute les Marseillais et les Rennais on arrive à 1 milliard car ils ont 150 millions chacun à verser à d’autres clubs. En fait ces contrats sibyllins permettent d’échapper aux contraintes de la DNCG.

Il y a quelques semaines les contrôleurs ont publié les comptes de la saison… 2024-2025. il n’a pas ému les autorités. Par exemple l’OM a perdu plus de 104 millions en raison pour partie de la chute des droits télé passés de 67 à 31 millions ! N’ayant pas été européen l’Olympique de Marseille a reporté ce trou à la saison qui vient de s’achever. Selon les projections il y aura de sacrées surprises dans les sanctions de la DNCG

L’OM et Lyon sont désormais tributaires de leurs actionnaires. Jusqu’où iront-ils pour mettre la main à la poche ? Il leur faudra faire plus que des promesses mais verser ou consigner des sommes folles pour obtenir le droit de continuer. Leur seul espoir est de transférer le plus cher possible et acheter bon marché. Ce qui rend les résultats sportifs très aléatoires. Le club le plus en danger serait Le Havre qui aurait besoin d’un investisseur à 35 millions ou il sera rétrogradé en L2 ou plus bas. Il se murmure aussi que Marseille pourrait être exclu de la Coupe Europa tant ses déficits successifs sont peut appréciés par l’UEFA.

.La quasi-totalité des clubs professionnels français présentent donc un déficit dit « structurel » avec des dépenses courantes supérieures aux revenus générés par leur activité quotidienne. Les masses salariales explosent, les droits TV se sont effondrés depuis le fiasco Médiapro, tandis que les recettes commerciales restent insuffisantes pour compenser les pertes. Il faut alors espérer avoir un ou deux joueurs de qualité susceptibles d’intéresser les Anglais pour redonner un peu d’air aux finances. Le Toulouse F.C. parfaitement géré s’est sauvé la saison dernière avec des transferts rentables mais qu’en sera-t-il cet été ? Strasbourg pillé par son propriétaire de Chelsea accuse un trou conséquent en raison de transactions « arrangées ».

Alors Bordeaux là au milieu c’est une flaque. Les tripatouillages juridico-économiques sont parvenus à sauver les apparences. Il est étonnant de constater que la DNCG valide des budgets ne prenant pas en compte la réalité des dettes mais les reports, diminutions, décalages obtenus auprès du tribunal des affaires économiques. Dénué de tout patrimoine immobilier, n’ayant qu’un potentiel de joueurs sans grand intérêt pour les clubs riches, un actionnaire cherchant surtout à récupérer ce qu’il pourrait (un jour) obtenir Bordeaux est sur le fil du rasoir. Le malheur des uns pouvant faire le bonheur des autres, on attend que le château de cartes du football pro s’effondre pour se faufiler vers l’échelon supérieur.

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 2 commentaires

  1. Gilles Jeanneau

    Quelle décadence!
    Et si les clubs commençaient à réduire les salaires astronomiques des stars, non?
    Pour ma part, je ne vais sûrement pas regarder les matchs de cette Coupe du Monde!
    Allez, bonne journée quand même…

  2. Philippe Labansat

    Bonne nouvelle, on peut espérer que tout ce foot professionnel sans âme, sans morale, sans aucun intérêt, disparaisse, et libère les heures télévisuelles et radiophoniques qu’il monopolise pour notre plus grand ennui ou notre plus grand dégoût…

Laisser un commentaire