Hier j’évoquais la reprise en mains par le « monde de la finance » des affaires du monde. Il ne tolère plus que les dingueries de ses dirigeants politiques le prive des profits qu’il avait pris l’habitude de se repaître sans trop de contraintes. La conférence de presse du Premier des Sinistres a confirmé le mécanisme permanent qui conduit le pouvoir politique à pallier les situations mettant à mal la rentabilité du capitalisme ultra-libéral. Actuellement toutes les déclarations des responsables des différentes composantes du milieu économique visent à faire prendre en charge par la puissance publique les conséquences des dérèglements géopolitiques.
Le blocage du détroit d’Ormuz génère en effet des mouvements de prix que les industriels, les producteurs, les entreprises considèrent comme un handicap au maintien de leurs marges et donc des sommes redistribuées aux actionnaires ou aux dirigeants. Ils appellent donc l’État au secours en psalmodiant que la seule solution est une « baisse des charges » et une prise en compte par les fonds publics des surcoûts provoqués par la hausse du pétrole. La plupart du temps il s’agit de responsables qui ne se gênent pas pour osciller entre tout et son contraire.
Tous veulent puiser dans les fonds publics les crédits qui amortiraient leurs difficultés à régler les factures alors que la plupart du temps ils hurlent contre le fait que leur contribution aux finances dans lesquelles ils veulent puiser est trop élevée. C’est toujours le même système aussi vieux que le monde libéral : on réclame la mutualisation des déficits mais on exige la privatisation des bénéfices. Cette posture constante est celle des bénéficiaires de la crise que traverse le monde.
Souvenez-vous des positions sur la proposition Zucman, visant à créer un impôt supplémentaire à destination des patrimoines très élevés, les « ultra-riches ». Un scandale. Une érésie. La mort des entreprises. La in de l’attractivité de la France. Cette taxe aurait concerné les foyers dont la fortune dépassait 100 millions d’euros, c’est-à-dire environ 1 800 personnes en France. Les actionnaires de Total qui voient leur patrimoine augmenter chaque jour un peu plus regardent la situation actuelle avec un large sourire. Abandonnée car présentée comme liberticide et anti-économique cette proposition a été remplacée par des ersatz dont l’effet est ridicule.
Le budget 2026 n’a plus aucune utilité. Les finances publiques sont désormais gouvernées à la godille ou mieux à la corne de brume. Il est devenu totalement obsolète et insincère. Comme il n’y a pas de majorité parlementaire pour présenter un « rectificatif » comme l’exigerait la situation le gouvernement utilise des procédures d’urgence.
Le FMI est donc sorti du bois ce qui est rare pour un pays comme la France. Dans son bilan de santé annuel de l’économie française, il juge le rythme du redressement budgétaire insuffisant pour ramener le déficit à 3 % du PIB d’ici à 2030. L’institution invite l’exécutif actuel comme celui qui sera en place en 2027 à « réorienter les dépenses courantes et sociales ». Un coup de semonce !
Les taxes nouvelles ne produisent pas les effets attendus. Les publics visés ont vite pris les mesures de contournement leur permettant d’échapper à une loi des finances ayant mis des mois à émerger. Celle sur les importations chinoises est un fiasco puisque les importateurs ont installés les plateformes sur le territoire européen où les produits ne sont pas soumis à la taxation française. Bercy avait annoncé 400 millions de recettes or les prévisions se situent à… 25 millions ! Celle sur les yachts destinée à amortir la suppression de l’ISF se révèlent pire. On espérait 10 millions et seulement 60 000 euros sont entrés dans les caisses car tous les bateaux ont été immatriculés illico dans des ports moins regardants. Celle sur les superprofits des pétroliers (tiens donc elle existerait!) n’a procuré que 69 millions d’euros pour 200 attendus !
Le seul couillon c’est celui qui fait ses courses, qui ne récupère pas la TVA avec des artifices comptables, qui fait son plein de gazole, qui paie ses assurances, ses mutuelles, qui pour être soigné acquitte des dépassements d’honoraires, qui n’a pas 80 ans pour être exonéré partiellement des cotisations sociales pour son aide à domicile et qui est propriétaire de son domicile… Les aides publiques n’existent pas pour lui. L’exploitant agricole retraité, le commerçant ou l’artisan retraité, celle et celui qui travaillent à temps partiel, les personnes en précarité : n’auront pas d’aide publique pour compenser leur situation car ils n’ont pas de poids électoral suffisant. Au contraire ils entreraient dans l’assistanat que dénonce avec des arrière-pensées racistes le RN.
Les inégalités déjà très prononcées vont se creuser. Fin 2026 les chiffres de la pauvreté atteindront des sommets. La conférence de presse de Matignon avait l’avantage de sous-entendre que la crise d’Ormuz ne s’arrêterait pas par un coup de baguette magique et avec la présence d’in porte-avions français dans la zone… Le FMI rôde et va débarquer très vite !
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Je fais parti de cette population qui paye, paye, paye sans aucune aide ou subvention. Sur 800€ d’augmentation de salaire, l’état prend 50% de charge sociale avec l’impôt sur le revenu, après j’ai la TVA et 474 taxes au choix, à la fin il me reste 240€ de l’augmentation. Mais bon heureusement que j’ai des actions totalenergies qui me verse un dividende. C’est la masse d’impot qui nous rends pauvre, 65% du budget de l’état c’est la santé ou la retraite. Mais l’état ne sais qu’embaucher des fonctionnaire qui font des normes sur normes, ou taxes nouvelles. La pauvreté n’est pas du au manque d’aide que l’on donne et mais à la non richesse que l’on créé à cause des normes, des règlements, des taxes diverses.
« Mutualiser les pertes et privatiser les bénéfices »…un grand classique dans notre monde qui marche sur la tête et donne envie de chanter « La Carmagnole ».
Herreyre David @ « Mais l’état ne sais qu’embaucher des fonctionnaires qui font des normes sur normes, ou taxes nouvelles. »
Surtout des hauts fonctionnaires(de Bercy, en particulier, surtout pas des enseignants ou des employés du TP pour faire des contrôles fiscaux) qui lorsqu’ils possèdent bien leur sujet vont férocement pantoufler, moyennant finance, auprès de grandes entreprises pour les initier à la manière de se faire exonérer des dites taxes.
Toujours la même rengaine mais ce qui m’étonne le plus, c’est l’acceptation des « masses laborieuses » selon le regretté Georges MARCHAIS.
Tout le monde râle mais ça continue et ça va de mal en pis (si j’ose dire sans vouloir froisser les agriculteurs)…
Hier soir, j’ai regardé la rétrospective sur le Front Populaire. Même si l’histoire ne se répète pas, les mêmes causes produisent les mêmes effets!
Mais que veux-tu? Il n’y a pas plus sourd qui ne veut pas entendre!
Allez, bonne journée quand même…
Effectivement JMD la financiarisation de l’économie est à l’œuvre dans le domaine de la santé.Les hôpitaux sont à l’abandon au profit de fonds vautours. Ecoutez le podcast france culture,ce n’est pas Cnews qui éveillerait les consciences de cette manière,mais il est vrai que pour cette chaîne, au service des fortunés,ce sont les immigrés qui profitent ne notre système de santé!
Les mouvement sociaux essaiment chez Elsan qui possède plus de 200 établissements de santé en France. Les soignants dénoncent la logique de rentabilité du groupe dont l’actionnaire majoritaire est un fond d’investissement, un modèle de plus en plus fréquent dans les cliniques privées françaises.Dans certaines cliniques d’Elsan, le feu ne s’éteint pas : à Cabestany, dans les Pyrénnées-Orientales, le mouvement, lancé fin avril continue. À Brest, les personnels entrent ce vendredi 22 mai dans leur 65e jour de grève. Projets de suppression de postes, salaires trop bas, surcharge de travail, mauvaise prise en charge des malades…Les équipes dénoncent ce qu’ils décrivent comme une course à la rentabilité, au détriment des conditions de travail et de la qualité des soins. Elsan n’est pas le seul groupe hospitalier à être visé par ces critiques : en France, environ une structure de soins sur six appartient à un grand groupe financiarisé, c’est-à-dire détenu, au moins en partie par des fonds d’investissement parfois français, souvent anglo-saxons. Depuis les années 90, le phénomène n’a cessé de s’accélérer en France. Alors que les établissements de santé privés (cliniques, centres de dialyse) étaient majoritairement gérés par des collectifs de médecins. Des grands groupes, intéressés par un investissement prometteur et très sécurisé ont commencé à mettre des millions sur la table, écrasant toute possibilité de reprise par les jeunes médecins. Selon un rapport récent de la commission des affaires sociales du Sénat, 4 milliards d’euros ont été injectés dans le domaine de la santé par les seuls fonds d’investissement entre 2021 et 2024. Aujourd’hui, le marché français est dominé par quatre grands groupes financiarisés : Elsan, Ramsay, Vivalto et Almaviva. Le secteur est très concentré parce que l’intérêt, c’est d’avoir la plus grosse structure possible. C’est un pari sur le long terme pour ces groupes : il est gagnant lorsqu’ils réussissent à revendre plus cher qu’ils n’ont acheté et leur objectif n’est d’ailleurs pas toujours de rester dans le secteur de la santé.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-journal-de-l-eco/quand-les-fonds-d-investissement-s-invitent-dans-les-etablissements-de-sante-en-france-8273961