Le libéralisme outrancier a conduit bien des pays dont la France vers la faillite. Tous les contrôles, toutes les contraintes destinées à préserver un tant soit peu l’humain, les valeurs républicaines, les éléments essentiels de vie en commun doivent être supprimés car ils contreviennent à une certaine vision de la liberté d’expression et à l’efficacité économique. Alors tous les organismes de régulation se trouvent les uns après les autres dans le collimateur des extrémistes de droite à quelques mois des élections présidentielles.
Le modèle de cette chasse aux contre-pouvoir vient des USA et figure chaque jour un peu plus au menu des décisions du Schtrumpf omnipotent. Il n’y a pas de raisons pour que les supports dévoués aux candidats potentiellement proches du branquignole de la Maison plus du tout Blanche ne s’inspire pas de ces méthodes. Il y a eu par exemple l’épisode de la commission d’enquête sur le service public de l’audiovisuel avec sa chasse aux sorciers ou aux ennemis d’une vérité qui devrait être établie selon les critères fixées par la bollorosphère. Mieux il est fortement question de dépecer la bête pour d’abord la détruire et ensuite s’en partager les éléments les plus intéressants.
Tout ce qui est « public » en France doit être contourné, dévoyé et même supprimé pour laisser place au tout « privé » dont on masque les limites et les objectifs. Le rapport qui sortira de cette séquence ressemblant davantage à un procès stalinien qu’à une recherche objective d’améliorations ou de réformes utiles, sera révélateur de la situation évoquée plus haut. L’offensive contre ce qui est honni car ne répondant pas aux critères de la décérébration du plus grand nombre ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Il est certain qu’elle reprendra avec une vigueur supplémentaire à partir de ce qui ressortira de la fameuse commission.
Depuis quelques jours un autre front est ouvert contre l’ARCOM. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique est une autorité publique indépendante française. Elle est chargée de garantir la liberté de communication et le respect des obligations légales et réglementaires dans les secteurs audiovisuel et numérique. Un scandale quand il arrive que cette entité dénonce des pratiques douteuses ou carrément indignes de ce que l’on est en droit d’attendre de médias grand public utilisant des canaux attribués par la puissance publique.
Son vrai problème réside depuis plusieurs mois dans les émissions de CNews. Pas une heure sans fakenews, sans exploitation d’informations déformées ou des prises de position critiquables et des plaintes en pagaille arrivent sur le bureau de l’ARCOM qui ne sait donc plus où donner de la tête. Comment sanctionner ce qui devient systématique et volontairement toujours proche de la ligne blanche ? La pression monte de toutes parts et volontairement des prises de position émergent pour mettre en cause l’existence même de l’instance de régulation.
Après les élections municipales deux « invités » sur le plateau de la chaîne bolloresque ont tenu des propos indignes sur Bally Bagayoko le nouvel élu de Saint-Denis. La justice a été saisie pour déterminer si les paroles diffusées sur CNews sont « racistes » mais une saisine de l’ARCOM a été également effectuée. Rien n’a bougé : courrier de demande d’explication ? Rappel à l’ordre ? Mise en garde ? Mise en demeure ? Sanction ? Rien. Absolument rien. Le mal est fait et il semble impossible d’arrêter cette vague d’infraction aux éléments éthiques fondamentaux. A quoi sert donc une institution qui réagit quand avec des mois de retard ?
En plus du suivi des dérapages de plus en plus fréquents, la structure publique doit aussi veiller à la la notion de “pluralisme élargi”. Une tâche très complexe car il ne s’agit plus seulement de comptabiliser selon une règle mathématique le temps de parole des différents camps politiques mais de «prendre en compte la diversité des courants de pensées de tous les participants associés aux programmes » dont les fameux « spécialistes » invités sur les plateaux. Un « cadeau » empoisonné car il faut des moyens humains considérables et surtout des analyses mettant évidemment des politiques déguisés en donneurs de leçons sur le devant de la scène. Une campagne est donc en cours pour supprimer ces « entraves à la libre expression ».Haro sur l’ARCOM.
On parle des intrusions étrangères dans les campagnes électorales passées et à venir. L’ARCOM a des montagnes devant elles avec les réseaux sociaux, la montée en puissance des médias » anti-service public propagandistes de l’extrême-droite, les défis permanents à son autorité et la lenteur des procédures qui rend ses décisions dérisoires. Comme toute institution indépendante elle aura du mal à survivre selon le résultat de 2027.
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Bonjour,
l’Arcom entre le marteau et l’enclume, depuis des mois, l’Arcom (ex-CSA) est sous le feu des critiques non seulement pour son traitement des dérapages diffusés à intervalles réguliers sur la chaîne CNews, propriété de Vincent Bolloré, mais aussi pour ses difficultés à faire respecter le principe du pluralisme. Tandis que l’extrême droite hurle à la partialité et s’offusque à chaque rappel à l’ordre de la chaîne, la gauche, elle, commence à perdre patience. La députée Ecologiste Sophie Taillé-Pollian vient ainsi de demander la création d’une mission d’évaluation sur le fonctionnement de l’Autorité. “Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, on ne peut que constater que sa mission [prévue par la loi de 1986, NDLR] de faire respecter le pluralisme interne sur les chaînes de la TNT n’est pas remplie”, affirme-t-elle à POLITICO.
Et le fond du problème c’est la pluralité sur les chaînes de la TNT qui est en cause et résoudre cette équation c’est mission impossible. en avril 2022, Reporters sans frontières (RSF), qui estime que CNews ne respecte pas ses obligations en matière de pluralisme, demande à l’Arcom de mettre la chaîne en demeure. Essuyant un refus, l’ONG saisit le Conseil d’Etat.
En février 2024, la juridiction administrative donne finalement raison à Reporters sans frontières, et charge l’Arcom de revoir sa doctrine : l’Autorité devra intégrer à sa réflexion la notion de “pluralisme élargi”. Un changement d’ampleur, puisqu’elle ne doit plus seulement s’assurer que les chaînes respectent le temps de parole des différents camps politiques, mais aussi prendre en compte la diversité des courants de pensée de l’ensemble des participants aux programmes. Et le piège s’est refermé sur l’Arcom, Charles Alloncle a ainsi déclaré » “J’ai pu voir que l’Arcom avait classé 236 personnalités qui ne sont pas élues comme membres de certains courants politiques… Ça peut s’apparenter à une catégorisation un peu discrétionnaire”, note ainsi le rapporteur. “Comment distinguez-vous les personnes qui sont des personnalités politiques de celles qui n’en sont pas ?” Et de citer le souverainiste Philippe de Villiers, qui a sa propre émission sur CNews et est décompté comme “divers droite”, quand Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit ou encore l’ancien ministre de la Justice Eric Dupont-Moretti ne sont pas comptabilisés. La complexité du temps de parole couplé au » d’où il nous parle » – tout en sachant que certains habitués des plateaux expriment des points de vue qui varient avec le vent des évènements- ne simplifie pas l’équation.
Un procès digne de l’inquisition, destiné non pas à discréditer l’Arcom mais à détruire l’audiovisuel public dont les parts de marché et les émissions qui dérangent doivent laisser la place aux milliardaires. Au diable les organes de régulation, vive la liberté du marché, vive le renard libre dans le poulailler libre!!!
bonne journée