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La déraison ne viendra jamais à bout d’une civilisation

La démesure dans les propos prononcés par le Schtrumpf décérébré atteint un niveau au moins égal à son absence de culture. Ce matin, au moment où vous ouvrez votre chronique Roue Libre vous saurait si sa mégalomanie a causé le début d’un désastre économique mondial ou si elle n’a pas été suffisante pour qu’il mette ses paroles à exécution. Il a en effet dans le délire qui caractérise sa déraison problématique, menacé d’éradiquer « une civilisation entière » si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz. Des propos d’une gravité exceptionnelle qui traduisent surtout son niveau intellectuel. Sait-il vraiment ce que recouvre le mot « civilisation » ? C’est fort improbable.

Ce ne sont ni les bombes, ni les missiles, ni les pires atrocités qui éteignent une civilisation. La guerre aussi intense que soit-elle ne peut effacer des siècles de partage de valeurs communes. Une civilisation est une forme d’organisation sociale complexe et durable, qui dépasse les simples groupes humains (tribus, clans ou sociétés agraires) pour créer des structures à grande échelle. Ce n’est ni des ponts, ni des autoroutes, ni des centrales électriques. Au contraire de telles attaques passibles de la qualification de « crimes de guerre » risque bel et bien de produire l’effet inverse à celui que le Schtrumpf ignare semble poursuivre : ressouder les composantes d’un peuple fier justement de ses racines.

Le mot « civilisation » définit le regroupement de spécificités culturelles portées par une histoire, des traits institutionnels et des processus techniques constituant une société avancée. L’Iran répond à toutes ces caractéristiques et elles sont beaucoup plus anciennes que celles du hamburger, du colt, du racisme et du fric. Ce pays héritier de la Perse constitue l’une des civilisations continues les plus anciennes du monde. Il a traversé des conflits en tous genres, des envahissements multiples, des régimes politiques différents et il a conservé une culture institutionnalisée à grande échelle.

Schtrumpf n’a aucun repère de ce genre. Sa superficialité dramatique commence à inquiéter pas mal de ses compatriotes. Il est certain que s’il avait appuyé la nuit dernière sur le bouton enclenchant le déluge de feu promis aux Iraniens il aurait donné un signe angoissant d’irresponsabilité. D’ailleurs le contenu de son message au cœur des fêtes de Pâques a glacé le milieu politique US : « Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer – VOUS ALLEZ VOIR ! Gloire à Allah. » Rien que ce type de proclamation vaudrait à beaucoup un internement pour extrémisme terroriste. Là il a simplement réveillé quelques parlementaires.

L’inquiétude commence à poindre tant chez ses adversaires que chez les moins fanatisés de ses partisans. On évoque ouvertement le volet médical et ses conséquences constitutionnelles. Le sénateur démocrate Chris Murphy a qualifié l’attitude du président de « complètement et totalement démente » (sic). Il a ajouté la nécessité d’envisager une destitution pour incapacité : « Si j’étais dans le gouvernement de Trump, je passerais Pâques à appeler des avocats en droit constitutionnel à propos du 25e amendement ».

Une autre élue démocrate de New-York n’y est pas allée de main morte. « Le président agit de manière de plus en plus erratique et tout le monde fait comme si c’était normalCe n’est pas seulement un homme, c’est tout l’appareil gouvernemental qui accepte de voir quelqu’un décompenser devant le monde entier et ne rien faire. » La question se pose vraiment. Et elle restee d’actualité malgré son acceptation des conditions du cessez le feu iranien. 

Dans son film « Le dictateur » Charlie Chaplin prononce à la fin un discours après la permutation entre Hynkel et le modeste barbier juif marqué par la guerre. On y trouve quelques phrases chocs comme «  l’avidité a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang (…) » . Il ajoute : (…) « Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir, ils mentent. Ils ne tiennent pas leurs promesses – jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir mais réduisent en esclavage le peuple ». Il devrait être diffusé à la Maison Blanche maculée de tant de sang d’innnocents. 

« Schtrumpf » la Menace pérore, décide, vitupère, délire, renonce au nom d’un peuple américain qui n’a pas été consulté via ses instances représentatives. En dehors des fanatiques qui l’accompagnent et la « cour » qui l’entoure qui pouvait approuver la menace d’un clown pathétique de détruire en une nuit une civilisation sous les bombes ? En fait le seul espoir résidait dans son surnom qui commence à circuler dans les médias US : « le dégonflé »… ou alors qu’il fasse passer ses intérêts électoraux immédiats avant ceux d’Israël! Ce fut le cas. Provisoirement ? 

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    Les molllhas n’ont pas réussi à détruire la civilisation iranienne, ce n’est l’agité du colt qui, espérons le, y arrivera.
    Le personnage, dont le comportement évoque de sinistres ou ridicules émules semble arriver à une phase qui rappelle une personne en crise de « delirium tremens ». Malheureusement comme son proche entourage semble composé de personnages et d’Iznogoude aussi malades que lui, ça reste inquiétant. Il n’est malheusement pas le seul dans le secteur « ivre d’un rêve héroïque et brutal ».
    Je vois cependant se profiler une conclusion digne de l’histoire de Pichrocole et ça donne quelque espoir.
    Mais le mal qui est fait et sans doute encore à faire laissera de tragiques traces indélébiles.

  2. faconjf

    Bonjour,
    et voila l’occident sombre dans le biais de normalité, le CAC 40 progresse , le baril repasse sous les 100 $, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Le biais de normalité est un biais cognitif qui conduit les individus à sous-estimer, minimiser voire nier la probabilité, la gravité ou la réalité d’un événement inhabituel, extrême ou catastrophique, en supposant que les choses continueront à se dérouler comme d’habitude. Il repose sur l’idée implicite que le futur ressemblera toujours au passé, que les perturbations majeures sont peu probables ou transitoires, ou qu’elles n’arrivent qu’aux autres. Ce biais affecte la perception des risques naturels, technologiques ou financiers, ainsi que la prise de décision en situation d’urgence ou la préparation face à des menaces telles que les catastrophes naturelles, les pandémies, les conflits ou les crises climatiques. Il peut conduire des personnes informées à ignorer des avertissements relatifs à un danger. Pour illustrer le biais de normalité je rappelle la catastrophe de Cran-Montana où les jeunes fêtards filmaient le plafond en feu au lieu de se mettre en sécurité.
    Et voici la réalité, TÉHÉRAN (Tasnim) – Le président américain a exprimé son accord pour utiliser la proposition en 10 points de l’Iran comme base pour de nouvelles négociations visant à mettre fin à la guerre en cours contre l’Iran, mais quels sont les points de vue de Téhéran ? Les détails de la proposition en 10 points de l’Iran sont les suivants:
    1- Les États-Unis devraient s’engager, en principe, à garantir la non-agression
    2- Le contrôle continu de l’Iran sur le détroit d’Ormuz
    3- Le droit iranien à l’enrichissement de l’uranium devrait être accepté
    4- Levage de toutes les sanctions primaires
    5- Levée de toutes les sanctions secondaires
    6- Résiliation de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU
    7- Résiliation de toutes les résolutions du Conseil des gouverneurs de l’AIEA
    8- Paiement de l’indemnisation des dommages infligés à l’Iran
    9- Retrait des forces de combat américaines de la région
    10- Cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris contre la résistance islamique héroïque au Liban
    En acceptant ces conditions comme base de négociations, Trump s’est retiré de ses menaces et de ses falaises désespérées.
     » Quelles sont les chances que ces points soient approuvés par les États-Unis? Zéro.
    Quelles sont les chances qu’Israël accepte ces dix points ? Zéro.
    Quelle est donc la raison pour laquelle Trump accepte ces dix points comme base de négociations ? Il semble que Trump veuille désespérément se désengager de la guerre avec l’Iran alors qu’il perd la guerre. Il ne peut pas gagner la guerre même à long terme, n’a aucun soutien pour la guerre basée sur les sondages dans son propre pays. Il subira une défaite électorale encore plus grande à la mi-mandat s’il ne s’éloigne pas immédiatement, et il a épuisé la portée et la puissance de sa fanfaronnade éhontée au point de ridicule universel.
    Alors, que va-t-il se passer maintenant qu’il a accepté ces dix points comme base pour une paix potentielle, alors que ces dix points ne peuvent pas être atteints ou acceptés par lui-même ou Israël ?  » Bill’s End The Empire Newsletter Bill Gannet.
    Bibi refuse les bases de négociation et Doni Tromp le sait, Bibi va continuer à pilonner le Liban et à viser les casques bleus jusqu’au dérapage final pour pousser Doni à le soutenir coûte que coûte…
    Tout est entre les mains de Tromp, va-t-il virer tous ses employés à commencer par les cinglés du sous-sol et pour finir par Bibi et lui-même?
    Pour singer le regretté Desproges je dirais, »De deux choses l’une : ou bien Tromp est un con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien Tromp n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup. »
    bonne journée

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