Jamais le qualificatif d’un spectacle « one man show » n’a été autant approprié pour définir l’intervention du Président du pays dont il affirme lui même qu’il est le plus puissant du monde. Devant une salle bondée prête à se repaître des foucades, des saillies, des affirmations péremptoires et des petites phrases assassines de celui qui a parfaitement compris que la vie politique mondiale est devenue un théâtre de guignol simpliste et manichéen. Le numéro a été à la hauteur des espoirs (ou plutôt du désespoir) de celles et ceux qui envient plus ou moins cette forme d’ultra-libéralismes niant tout respect des conventions.
Donald a été digne des films de Disney. Égocentrique, narcissique, vantard et inculte il a mis le monde à ses pieds pour une intervention digne d’un sketch de feu les Guignols. La performance a confirmé et même amplifié la direction prise par une société américaine servant de modèle à ce que l’on continue à appeler le monde occidental. Elle va droit vers la destruction de tous les repères ayant permis quelques décennies de sécurité malgré ce que l’on a appelé de manière simpliste « la guerre froide ». Depuis hier en France par exemple il ne faut plus craindre le communisme puisqu’il a été relégué au rayon des souvenirs mais le populisme trumpiste qui a été installé par Donald.
Avant son entrée sur scène retardée par une panne de son avion ce qui a évidemment renforcé l’attente de la planète médiatique il a délivré une bouillie indigeste destinée à rassasier les chaînes US qui assurent sa propagande. D’un pauvreté affligeante, décousues et répétitives ses déclarations avant l’embarquement ont été marquées par une seule formule : « dieu est très fier de ce que j’ai fait ! ». Cet auto satisfecit religieux est loin de rassurer. Il s’inscrit pourtant dans la nouvelle donne politique puisque désormais les tenants du pouvoir se parent de la couverture divine. Si le guide suprême de l’Iran affichait cette rhétorique la presse ne manquerait pas de le relever. Donald est président et décide donc « par la grâce de dieu ! »
Donald affiche une fierté démesurée chez Disney. Celui qui dirige les studios « Maison Blanche » supporte lui aussi très mal d’être ridiculisé ou contredit, surtout par ses « neveux » ou par ses « rivaux ». Cette susceptibilité le pousse à des réactions excessives qui le rendent colérique et démesuré. Il ne supporte absolument pas qu’on n’exécute pas ses caprices. En ce moment il en a un qui l’obsède : il veut « juste un bloc de glace » pour satisfaire son appétit de grandeur et de profits. S’il semble avoir renoncé à se procurer son ice cream parfumée aux terres rares par la force armée il maintient son envie de se régaler tôt ou tard de son « désert » glacé par la négociation à ses conditions. Il aurait même conclu un plan à ce sujet.
Méconnaissant le passé ou l’utilisant de manière grossière pour justifier ses pulsions conquérantes Il réclame son dû après la participation de l’armée US à l’éradication du nazisme et du fascisme oubliant que sans l’URSS les Alliés auraient eu bien du mal à vaincre les forces du mal. Donald pratique sans vergogne le simplisme historique avec la propriété du Groenland grâce au « passage d’un bateau » ou sur les antécédents de la présence US. Il a totalement oublié la naissance du pays qu’il dirige avec le Mayflower ou la venue de La Fayette.
Peu importe puisque le passé est pour lui au service de ses déclarations et il ne lui est utile que pour justifier une dette que L’Europe aurait à l’égard des USA. Il faudrait parler de « dette » aux Vietnamiens, aux Afghans, aux Irakiens, aux Chiliens d’Allende aux Argentins de la dictature, aux Grecs de l’époque des Colonels et à à tant de peuples ayant eu à subir les affres de la CIA et ses sbires. Il « prêche » par omission.
Donald s’emporte vite, crie, gesticule, mais sa colère est souvent disproportionnée par rapport à la situation. Il a assaisonné la France sans aucune retenue se moquant (ou ridiculisant selon la manière dont on le vit) son Président réfugié derrière ses lunettes noires aux montures dorées. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil… Qu’est ce qu’il s’est passé? Mais je l’ai vu jouer le dur à cuire ». A-t-il vraiment tort ? Que répondre quand il ajoute ses propos sur la faiblesse financière de la France ? N’empêche que la morsure de nombreux teckels peuvent parfois contraindre au repli les ours les plus mal léchés.
Mieux il laisse l’Europe en continent ouvert aux appétits russes en annonçant que ce qu’il se passe en Ukraine ne le regarde pas. L’UE devient un paillasson sur lequel il essuie ses godillots avant de tourner le dos et abandonner les engagements pris au sein de ce machin inutile qu’est l’OTAN. Il fallait s’y attendre. Le nouveau Yalta n’a pas été encore signé mais il est occulte et déjà mis en œuvre.
La bande dessinée « Donald à Davos » aura donc tenu toutes ses promesses . « J’aime l’Europe et je souhaite qu’elle se porte bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a-t-il dit, estimant que le Vieux Continent est devenu par endroits « méconnaissable » en raison de l’immigration de masse et de la transition énergétique décidée en réponse au « canular » du changement climatique. A ce propos alors que Don Quichotte affrontait les moulins à vent, Donald s’en est pris aux éoliennes. Tout un programme pour un brasseur du vent mauvais venu d’à travers l’Océan avant les présidentielles françaises dans lesquelles il jouera un rôle déterminant. C’est certain.
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…son entrée sur scène retardée par une panne de son avion…
C’eut été tragique pour l’équipage que son aéronef s’abimât dans les flots mais un grand soulagement pour le Monde.
_ Un petit trou dans l’océan, mais un grand pas pour la tranquillité mondiale_ Provisoire, car hélas le lascar a des adeptes.
Les explications de Pierre Pancrace dans Roue Libre d’hier éclaire parfaitement la situation que l’on connaît depuis longtemps si l’on se donne la peine de chercher et de réfléchir un peu.
En fait il me semble que ces démonstrations guignolesques s’efforcent de cacher un cynisme qui lui permet de faire semblant de prendre « les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ».
Je pense qu’il joue avec une Europe qui n’a pas voulu changer de paradigme depuis les années 80. Trop de disparités dans la composition de l’Union avec des états eux-mêmes divisés en interne et ne parvenant pas à trouver de consensus.
Nous avons raté notre rendez-vous avec l’indépendance à l’égard des grands puissants (USA, Chine, Japon, …), alors que nous avions les capacités de notre développement énergétique, industriel, numérique, voire militaire.
Mais notre lourde histoire monarchique pesante et omniprésente, malgré les révolutions, nous a rendu aveugle et préféré accepter des accords bancales et déséquilibrés.
Mais le pire reste à venir tant que l’Europe est dirigée par une commission autocratique, avec à sa tête une présidente non élue et qui détient trop de pouvoirs. Comment en sommes-nous arrivés là ?