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Avis de tempête possible après l’arrivée des Rafale

Des drones non identifiés car difficilement identifiables survolent à l’intérieur des pays de l’UE des installations civiles ou militaires depuis plusieurs mois. Aucune nouvelle de leur origine. Un sabotage vient de se dérouler en Pologne sur des voies ferrées. Une enquête va être ouverte sur les dommages causés sur un réseau assurant l’approvisionnement de l’Ukraine, un allié proche. Le Parquet national a qualifié les actes de « sabotage à caractère terroriste (…) commis pour le compte d’une organisation étrangère ». Là encore on attendra la résultat.

En Roumanie hier un village est évacué en raison d’une attaque russe en Ukraine à quelques centaines de mètres de la frontière. Cette « mesure de précaution » fait suite à l’incendie d’un navire chargé de GPL et touché par une attaque de drone russe dans le port ukrainien d’Izmaïl, sur le Danube. Il y aurait bien d’autres faits considérés comme de moindre importance mais qui traduisent la lente montée en puissance d’un affrontement généralisé qui ne dit pas son nom.

Les événements de ces derniers jours attestent en effet que ces actions très ciblées et surtout provocatrices échappent au contrôle des pays concernés. Elles sont pour le moment à la limite de ce qui correspondrait à des agressions inacceptables. Bien évidemment l’opinion dominante regarde ailleurs mais la notion de guerre a considérablement évolué depuis le conflit russo-ukrainien. Et on ne souhaite pas la voir.

Elle se développe pourtant de multiples manières : rôle des drones, attaques des infrastructures énergétiques ou de premiers besoins pour les populations, menace sur les installations nucléaires civiles, intrusion dans les systèmes informatiques du quotidien, manipulation des opinions publiques, sabotages discrets, soutiens occultes à des partis politiques, exacerbation des fractures sociales en cours. Le résultat conduit à un affaiblissement considérable des démocraties ou de ce qu’il en reste.

A l’échelle des nations les dirigeants empêtrés par la pagaille insensée générée par le « Schtrumpitre » et par l’équilibre instable des marchés financiers sont condamnés à la fuite en avant. Ils courent les uns après les autres derrière des réalités qui ne cessent de surgir en quelques heures. Si quelques-uns se tiennent prudemment en retrait ou au moins hors des lumières médiatiques alors que d’autres s’érigent en grand pourfendeur de la noirceur des agresseurs. La France a son héraut qui hier a annoncé un accord militaire dont l’importance n’a pas à ce jour d’équivalence au monde.

A Bercy on a dû écouter avec stupéfaction le flou des conditions de paiement accordées aux Ukrainiens pour la liste de leurs courses. Pas grave en 2027… le signataire ne sera plus en place pour assumer le contenu de ce qui a été conclu pour 2029. Le partenaire lui va de capitale en capitale pour tenter de décrocher le matériel qui lui fait gravement défaut, a joué au poker et il a raflé la mise.

Dans les prochains jours il attaquera une étape encore plus importante avec le FMI. Sous perfusion Kiev a besoin de milliards dans des délais assez courts pour maintenir son appareil d’État en place. Dans guerre c’est aussi la solidité de l’arrière du front qui compte. Or des dysfonctionnements nombreux se font jour en Ukraine (refus de combattre, corruption, détournements…) ce qui précarise la situation générale.

La représentante du Fonds monétaire international (FMI) en Ukraine a annoncé que des « discussions politiques » avaient été lancées avec les autorités ukrainiennes « au sujet de leur demande d’un nouveau mécanisme élargi de crédit ». Les autorités locales espèrent… 10 milliards ! On est loin, très loin de ce que coûtera l’accord passé avec le Président français.

Il faudra attendre les réactions pour connaître les conséquences réelles de cette annonce fracassante de livraison potentielles de 100 Rafale et de missiles inédits pour mesurer sa valeur. Ce sont eux qui jugeront de la vraie dimension des engagements pris. Les Européens ? Certains commencent à trouver gonflé la démarche ukrainienne consistant à passer des commandes pour ensuite demander à l’UE de les financer. Il serait étonnant que tout le monde soit d’accord pour régler une note présentée par la France.

La journée de hier doit être marquée d’une pierre blanche. Il faudra écouter encore quelques jours pour savoir si le risque augmente. Rien ne dit que les avions seront un jour livrés et surtout dans quels délais. C’est un engagement qui ne résistera pas à l’épreuve du temps et aux réalités économiques. N’empêche que le risque d’escalade existe. Il a franchi un pallier. Dans le fond il n’est pas inutile de rappeler le principe de Mendés-France : « quand on n’a pas les moyens de sa politique, on a la politique de ses moyens » en regardant la gestion globale de la France.

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Cette publication a un commentaire

  1. J.J.

    Vu la vitesse de construction de ces rafales (3 par mois en moyenne, 4 prévus à parti de 2028) la livraison n’et pas pour demain, sauf miracle non prévu dans le contrat.
    Et qui va fournir les composants électroniques nécessaires à l’équipement de ces machines(question prosaïque et terre à terre) ?
    Et qui va former tous les personnels très qualifiés (pilotes et « gonfleurs d’hélices ») chargés d’utiliser et d’entretenir ces beaux engins de mort ?
    Et surtout qui va payer (un simple détail insignifiant et terre à terre balayé d’un simple effet de manche de vareuse militaire) ?
    Il s’avère par exemple(info à vérifier, ça n’est probablement pas passé sur C News), que la Belgique qui aurait commandé quelques aéroplanes aux USA sera obligée d’envoyer ses pilotes à l’entraînement en Italie, l’espace aérien belge n’étant pas assez vaste pour accueillir ce genre d’activité. On ne saurait penser à tout.

    Ces soi disant accords constituent une tartarinade de plus dans un contexte déjà envahi par un concours de production de bobards divers et variés dans le but semble t-il d’effrayer la population .
    L’ennui c’est que certains prennent ça au sérieux et que cela risque de nous entraîner vers un irréversible et tragique avenir.
    Il serait temps de réagir concrètement à cette propagande débridée.
    Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du petit ouvrage d’Anne Morelli, historienne, professeure honoraire à l’Université Libre de Bruxelles :_  » Principes élémentaires de propagande de guerre, utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède_…(Éditions ADEN version 2022). Un précieux document en une période où la carabistouille inconséquente et le bobard inepte prolifèrent, dans le but semble t-il de nous entraîner dans un conflit aux conséquences insoupçonnées mais forcément dramatiques.

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