You are currently viewing Vingt ans après je reste un Mousquetaire atypique

Vingt ans après je reste un Mousquetaire atypique

Il y a exactement 20 ans jour pour jour comme me le signale réduction à l’appui, l’hébergeur que j’ai créé mon blog… C’était le 28 août 2005 et il s’appelait alors « L’AUTRE QUOTIDIEN » et arborait fièrement sur son bandeau une phrase saisie dans une chronique hebdomadaire de Jean-Claude Guillebaud qui m’avait incité à me lancer dans l’aventure de l’écriture sur ce nouveau support conseillé par mon fils : « L’opinion dominante c’est comme une vapeur qu’on respire c’est une intoxication indolore. »

Je partageais alors et partage encore totalement cette mise en garde et c’est avec une profonde inquiétude que je constate, chaque jour davantage, qu’elle relève de la plus élémentaire des vérités. Plus que jamais certains médias audiovisuels façonnent en effet volontairement une « opinion dominante passive » dévastatrice pour la démocratie. Ils trichent avec tous les principes de l’information avec une totale impunité. Plus que jamais je considère que l’information différenciée est le vrai combat citoyen à mener, la seule vraie résistance à animer.

Voici le début de la première des 7 000 chroniques quotidiennes inédites écrites sans défaillance depuis exactement une décennie. « Me voici prêt à  » débloguer « … Il parait que ça fait du bien de se lâcher de temps à autre, sans avoir à rendre des comptes à personne. Je suis parfois « blogué », complètement « blogué », c’est à dire obsédé par le souci de communiquer avec les autres, de leur offrir l’opportunité de dialoguer sur la foultitude de sujets que la vie trépidante et le diktat médiatique ne permettent plus d’évoquer. Dans une société de surinformation, il est impossible d’exister autrement que dans le moule imposé. On ne peut être soi-même qu’en de trop rares occasions, quand on détient un mandat électif.
J’espère que cette ouverture sur l’infini de la toile me permettra donc de me réconcilier avec une certaine idée de la vie, de trouver,  quelque part,  des citoyens ouverts sur un échange constructif. Internet étant devenu le royaume de l’anonymat formalisé, la plupart des messages colportés ne relèvent que de l’égoïsme le plus absolu. Non seulement chacun espère une réponse à la bouteille lancée à la mer que constitue son mail, mais il exige qu’elle soit ultra rapide.
Donner du temps au temps relève de la nostalgie…Plus que jamais, le temps s’échange contre de l’argent, et toute réaction tardive est soupçonnée d’indifférence. En débloguant, on a confiance dans les autres…puisque l’on oublie les réserves obligatoires de la bienséance pour aller vers la sincérité risquée. (…) »

Je m’aperçois que je n’ai pas trahi ce texte initial. D’abord parce que je ne regrette rien de ce que j’ai pu écrire chaque soir ou chaque nuit parfois « à l’arrache » et souvent sans un regard très aiguisé sur la forme. Ensuite j’ai assumé totalement l’écriture de chaque chronique et je n’ai jamais confié l’une d’entre elle à une tierce personne ce qui me permet d’être certain d’avoir mis mes actes en accord avec mes principes. Enfin je n’ai jamais eu l’impudence de me prendre pour un « journaliste » car je n’en ai ni leur compétence, ni leur éthique, ni leur sûreté de détenir la vérité.

Je n’ai jamais prétendu honnêtement à l’objectivité et je revendique chaque jour les choix que j’effectue. Par contre j’assure vérifier toutes les données ou les informations publiées. D’ailleurs en 20 ans aucune d’entre elles n’a été contestée ou démentie (sauf une concernant la vie interne pas plus belle que celle de la politique de notre grand quotidien régional).

J’ai connu des périodes difficiles quand j’ai tenté de dévoiler (jamais anonymement) des infos relatives à la vie publique départementale ou nationale. J’ai prudemment renoncé car le jeu n’en valait pas la chandelle puisque d’autres font leur métier ou basent leur stratégie sur ces « révélations » ou ces « confidences » plus ou moins arrangées. C’est mieux ainsi pour ma tranquillité et ma conscience.

Vingt ans de blog quotidien c’est aussi de multiples rencontres, des centaines de rencontres « virtuelles », des dizaines d’échanges plus ou moins longs. Paradoxalement alors que je suis un farouche partisan du dialogue direct, du partage amical ou du débat frontal j’ai été impressionné par la fidélité « lointaine » puis très « chaleureuse» d’une poignée de lectrices et de lecteurs.

Il y a parmi eux bien des fidèles… mais jamais ce blog n’a franchi les limites de la notoriété que l’on prête qu’à celles et ceux qui utilisent des techniques de promotion artificielles dopant leur nombre de lectrices et de lecteurs. Je paye pour éditer mon blog (720 euros par an) ce qui me donne une totale liberté.

Vingt ans de diversité des contenus… Vingt ans de plaisir à écrire… Vingt ans de bonheurs à partager… Vingt ans de déceptions politiques… Vingt ans de critiques acceptées… Vingt ans de vie publique aussi transparente que possibleVingt ans que je n’ai pas vu passer…Vingt ans passés à débloguer à plein tube !

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 5 commentaires

  1. J.J.

    J’ai découvert par hasard, en batifolant sur le « net », L’Autre Quotidien », que j’ai pris plaisir à consulter chaque matin. Puis la Roue Libre est arrivée, et j’ai continué car le ton libre et ouvert me plaisait.
    J’ai découvert ensuite que nous avions des « relations historiques » communes. Et ça dure depuis presque vingt ans !
    Bon anniversaire, Jean Marie.

  2. faconjf

    Bonjour,
    c’est mon frère aîné, disparu lors de la Covid mais d’une autre terrible maladie, qui m’avait signalé ce blog il y a une dizaine d’année. Lecteur attentif j’abuse de l’hospitalité bienveillante de JMD pour échanger avec vos lecteurs mes réflexions conspirationnistes. J’apprécie au plus haut point l’absence d’insultes dans les commentaires et encore plus le ton mesuré de Jean Marie même si parfois sa colère émerge, elle reste canalisée. Souvent du temps où mon frère était encore parmi nous, vos billets nourrissaient nos échanges par mail et c’était pour nous le moyen de renouer les liens familiaux distendus par la vie.
    Lire votre billet quotidien c’est aussi, pour moi, une manière de convoquer sa mémoire et bien souvent en écrivant mes commentaires je me demande et qu’est ce qu’il en penserait le frangin ?
    Longue vie à vous et à votre blog.
    Et bonne journée

  3. faconjf

    Pour ceux que ça intéresse à la question où est passé l’argent? voici la réponse concernant le premier poste budgétaire de la pompe à phynances chère au père Ubu de Bête à rames.
    https://indymotion.fr/w/51fddd84-e3cc-4879-8c77-e1d45e0ae091
    Le sénateur Gay balance les dessous de la commission d’enquête de l’année.

    1. J.J.

      JF @ Et oui, c’est le genre d’information que l’on évite de diffuser dans la presse et la télé « officielles ». On se demande pourquoi.
      Quelle bande de complotiste nous faisons !
      Salut et Fraternité.

  4. Alain.e

    Je pense à choisir qu’il vaut mieux un mousquetaire atypique qu’ un moustique qui pique surtout pendant vingt ans .
    ça fait au minimum quinze ans que je suis ce blog et y commente accessoirement , lisant aussi les commentaires des fidèles .
    Persévérance et régularité des qualités appréciable dans ce monde incertain .
    Cordialement.

Laisser un commentaire