You are currently viewing Le face à face féroce du jeu de l’ego…

Le face à face féroce du jeu de l’ego…

Dans une vie publique il y a toujours des moments que l’on protège car ils appartiennent à ceux qui ne seront pas crues par les gens auxquels on les raconte. Il faut avoir une certaine notoriété pour que le récit soit crédible. Lorsqu’un jour dans une discussion libre avec une ex-ministre de l’environnement j’évoquais les réalités de cette fonction il me révéla son sentiment : «  être ministre n’a un intérêt que si vraiment tu as un budget autonome et une vraie liberté d’action m’expliqua-t-il. Tu sais les technocrates qui entourent le ¨Président de la République à l’Élysée ou ton ‘correspondant’ à Matignon ont beaucoup plus de pouvoir que toi.  Il n’y a que quelques postes régaliens réservés à celles et ceux qui peuvent imposer un rapport de force politique. Les autres souvent font de la figuration ». Une vision confirmée par un autre vieux routier girondin qui avait toujours refusé ce que beaucoup considère toujours comme une promotion.

Un Ministère c’est essentiellement un arrêté définissant le secteur d’activités qui vous est alloué dans le cadre de la répartition des rôles. De cet acte paraissant au Journal Officiel de la République a pour intérêt principal de vous donner votre visibilité médiatique. Se faire un nom si on ne l’a pas devient alors non seulement l’obsession personnelle du Ministre mais aussi de celle de son équipe. Dans la situation actuelle, compte tenu de la précarité du rôle il faut absolument réagir à tout et tout le temps. Pas de possibilité de pondre une réforme ou une nouvelle loi s’empilant sur les autres puisque le gouvernement n’a pas de certitude sur sa durabilité. Pas un fifrelin à dispenser dans des visites sur le terrain et plus encore peu d’invitations car tout le monde sait que la précarité de la situation ne donne aucune certitude sur les engagements pris.

Un ministère ce sont surtout des moyens de passer avant ses concurrents éventuels sur votre territoire d’origine ou sur celui que vous convoitez. Il permet de faciliter sa présence. Le Préfet est contraint de vous écouter et même parfois de vous accompagner. Pas de frais de campagne puisque vous êtes dans votre fonction. Voiture à disposition, repas « officiels », possibilité de vous faire inviter dans des colloques, assemblées générales ou rassemblements organisés sur mesure avec un petit avantage c’est que vous y parlez toujours en dernier. Bref durant quelques mois c’est la belle vie… médiatique !

Actuellement il y a seulement deux ministres qui mangent 80 % du temps gouvernemental avec des objectifs divers. Deux d’entre aux sont des dépités qui ont manqué l’Hôtel de leurs rêves, celui du «Maquignon » béarnais. Ils visent donc plus haut et rivalisent d’imagination pour circuler le plus à droite possible dans la perspective de la course à l’échalote élyséenne. Ils se foutent pas mal du célèbre principe chevénementiste : «  un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule » qui avait marqué le départ du lion de Belfort en 83, en 91 refusant l’intervention militaire française en Irak, puis en 2000 quand ministre de l’Intérieur il quittera le gouvernement Jospin rejetant la politique menée par le Premier ministre en Corse.

Celui de l’intérieur laisse la guerre Russo-Ukrainienne au Président pour créer la sienne en remettant à la mode celle avec l’Algérie. Il s’est attribué un bâton de Maréchal ! Il s’offre quotidiennement le rôle du redresseur de tort, supplantant largement dans l’opinion publique le Roi de la gousse d’ail, moyen bien connu d’écarter les mauvais sorts qui l’accablent. Tous les sondages le placent sur au plus haut et il tient tous ceux qui le haïssent par la barbichette. Il vise la Présidence de son parti et mène une campagne d’exploitation de ce qui révolte le plus les encartés des républicains. Il ne partira qu’après !

Son rival le garde des Sceaux marque son rival à la culotte cherchant chaque fois que l’occasion le lui permet de placer une mesure choc ou une phrase préparée pour attirer les mouches médiatiques. Il se murmure que les attaches n’ont pas été rompues avec la Place Beauvau et que les canaux, malgré quelques « déménagements » fonctionnent encore pas mal. Il est légèrement distancé mais il est assez confortable de se laisser tirer par un autre pour le régler au sprint le moment venu. Il flingue sans complexe et franchit les « Born » sans aucun état d’âme. Il connaît sa force et donc il attend patiemment que le gouvernement se déglingue !

L’inconnu de Bétharam a tenté un cadrage pour éviter les débordements. En pure perte. Le « bal des égos » a débuté et ce n’est pas celui des débutants. « « Je ne suis pas un énarque. Je ne suis pas un Parisien. Je refuse les éléments de langage, la com. Les Français veulent de l’authenticité » explique l’occupant de l’Hôtel du Maquignon encore pour quelques jours puisque le 31 mars… le rideau va tomber sur une autre affaire. Encore une semaine avant la fin du jeu de l’égo !

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    « Tu sais les technocrates qui entourent le ¨Président de la République à l’Élysée ou ton ‘correspondant’ à Matignon ont beaucoup plus de pouvoir que toi. »
    C’était déjà comme ça sous la « quatrième » : un cousin « d’amis de la famille », directeur du Génie Rural et de l’Institut Agronomique, personnage très simple dans la vie courante, nous raconta un jour (hors les menus de l’Elysée où parfois il était convié), que lorsqu’il présentait un texte à signer au ministre de l’agriculture, parfois celui ci demandait des explications, mais il répondait : « Signez là , signez là » Monsieur les Ministre. » Et si celui ci demandait des explications il lui laissait entendre diplomatiquement que de toute façon il n’y comprendrait rien.

  2. A. Blondinet

    Ton texte du jour, cher J.M. est d’une grande pertinence. En écoutant C News ce marin (Eh oui hélas!) j’ai écouté le retailleur de flûte, et Dard malin n’a qu’à bien se tenir sinon au risque de se faire envoûter.

  3. faconjf

    Bonjour,
    la chute des grands hommes rends les médiocre et les petits importants.Quand le soleil décline à l’horizon, le moindre caillou fait une grande ombre et se croit quelque chose.Victor Hugo
    Un peu d’humour pour résumer la situation https://youtu.be/sJe9B2ogavk
    examinons le cas particulier ?? d’ un grand commis de l’État (providence pour lui même) pur jus d’énarque concentré, fils d’ambassadeur et d’une obscure secrétaire d’état (née Lefort des Ylouses ) le sieur Dufourq est directeur général de la Banque publique d’investissement (BPI). À ce titre, il perçoit pour l’année 2023 une rémunération de 450 000 euros. Ce gentil personnage qui souffle à l’oreille des mamamouchis intronisés chefs des chefs a été directeur adjoint du cabinet de René Teulade, alors ministre des Affaires sociales et de l’Intégration au sein du gouvernement de gauche de Pierre Bérégovoy. Multipliant les casquettes de mamamouchi des sous-fifres Nicolas Dufourcq est membre du directoire de BabelStore SA, de PriceMinister et aussi membre du conseil de surveillance d’Euler Hermes SA. Ex-PDG de wanadoo, il file chez Cap Gémini avant de devenir chef mamamouchi. Le 15 juin 2013, Nicolas Dufourcq est nommé président du conseil d’administration de l’établissement public BPI-Groupe par Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie et des Finances. Il devient donc statutairement président d’Oséo – Oséo est une entreprise privée avec délégation de service public, qui finance les PME françaises pour l’emploi et la croissance-.
    On peut constater que cet homme qui se revendique de droite droite doit sa carrière … aux faucialistes qui s’en étonnera ?
    Mais que murmure ce personnage qui n’a jamais travaillé autrement qu’assis sur un fauteuil de PDG incapable de faire lui-même son café ? Le directeur général de Bpifrance Nicolas Dufourcq a considéré qu’on ne peut avoir à la fois un État-providence généreux et réarmer le pays, estimant qu’il faudrait mettre dans la défense l’argent des retraités les plus jeunes. Évoquant la retraite, Nicolas Dufourcq a distingué sur France Culture deux périodes, la « vieillesse » et le « moment de loisir » que connaissent selon lui les retraités âgés de « 62 à 75 ans ». Évoquant la retraite, il a distingué sur France Culture deux périodes, la « vieillesse » et le « moment de loisir » que connaissent selon lui les retraités âgés de « 62 à 75 ans ». « Le grand loisir de la soi-disant vraie vie après la soi-disant vie difficile du travail », a lancé le patron de la banque publique d’investissement dont le rôle est notamment de soutenir l’industrie française, se disant « très en désaccord avec cette vision des choses ». Il souhaite également inciter la jeunesse à rejoindre le secteur industriel, tout en prônant des réformes globales comme le développement de la retraite par capitalisation en France.
    Et voila comment les grands commis de l’État font avancer leurs pions en soufflant dans l’oreille des mamamouchis marionnettes de brillantes stratégies au service de leurs propres intérêts!!
    Aucun égard ni pour le personnel à son service ( Selon certaines sources, il entretiendrait un mauvais climat dans les réunions du conseil d’administration, s’exprimerait de façon rugueuse et abrasive et aurait une façon désagréable et irrespectueuse de poser ses questions vis-à-vis du management.). Ni pour les milliers de travailleurs manuels qui ont financé par leur travail les moyens que la République a mis à sa disposition ( écoles, universités, matériel, enseignement ) pour assurer sa réussite « sociale ».
    Dans l’état de délabrement de mon pauvre pays, je ne me fais plus aucune illusion sur son avenir quand on constate la ruine morale des grands commis de la France… Crème de la crème de la pensée libérale .
    bonne journée

Laisser un commentaire