You are currently viewing L’été durant lequel les Girondins ont disparu

L’été durant lequel les Girondins ont disparu

Ils n’ont pas été victimes de la canicule de 2026 mais il est certain que les Girondins dans un coma financier très ancien seront considérés comme les victimes les plus célèbres de cet été. A 145 ans direz-vous c’est assez prévisible. Depuis une décennie il aura fallu bien des tours de passe-passe, bien des remèdes plus ou moins frelatés et surtout une indulgence dont peu d’autres clubs ont bénéficié pour ne pas entrer dans le monde des souvenirs heureux. Leur mort administrative prononcée par le Tribunal n’a absolument rien de scandaleux et il aurait été vraiment extraordinaire qu’il sauvât encore une fois ce qui n’est qu’une épave à la dérive. De subterfuges en subterfuges, de mirages en mirages, de trucages en trucages et grâce à la stratégie du « si je coule, vous coulez avec moi » le Président sortant avait réussi à entretenir l’illusion d’un guérison possible à court terme. Il faudrait une vraie enquête sur ses entourloupes pour que l’on découvre que depuis trois ans au moins il a conduit le club à sa ruine.

La faillite des Girondins est comme toutes les faillites liée à des pratiques financières pour le moins discutables. Qui épluchera par exemple les factures acquittées par le club alors que 400 créanciers eux n’ont pas eu cette chance. Qui a été réglé et sur quels comptes ? Quels sont les destinataires des fonds décaissés ? A qui appartiennent directement ou indirectement les sociétés bénéficiaires ? La liste serait fort édifiante. Elle démontrerait que l’argent réputé injecté pour « l’amour du club » était en partie récupéré en prestations de services divers. En fait le système repose sur un principe simple : «  je fais semblant de donner de la main droite et je reprends de la main gauche ».

De telles pratiques ont été dénoncées lorsque le club lillois a traversé une crise financière qui a bien failli le tuer. Selon des documents consultés par le journal l’Equipe le LOSC a versé au total, entre septembre 2017 et août 2018, la somme de 1,2 million d’euros HT au CS Fola Esch. Club luxembourgeois intéressant pour les opérations occultes et dirigé par le propriétaire actuel des Girondins.

Le motif de ce paiement ? Une prestation visant à « observer, à analyser et à dénicher des talents, des profils ou des informations stratégiques » au Luxembourg pays dont on connaît le niveau des joueurs. Faveur suprême du contrat les Lilois avaient un droit de priorité sur leur recrutement. Sur le plan sportif, aucun élément du Grand Duché n’a rejoint Lille, ni en équipe première, ni chez les jeunes. Des essais ont bien eu lieu, mais aucun joueur n’avait le niveau requis. Plus étonnant encore, selon des sources internes au LOSC, les rapports mensuels censés détailler l’activité n’auraient jamais existé.

Tiens c’est simple puisque des aides publiques ont été accordées aux Girondins via des loyers sous-estimés, des remises de dettes ou des prestations non réglées je propose que la Cour régionale des Comptes se penche comme elle le fait avec passion et sévérité sur les comptes des collectivités, sur ceux des Girondins ou que l’inspection du Ministère de Tutelle de la Ligue matinale rende un rapport sur la gestion passée. On peut rêver ! Des experts-comptables ont régardé ces comptes et ont validé les soustractions et els additions mais n’ont pas cherché à connaître le système sur lequel elles reposaient. Ce n’est pas leur rôle diront-ils ? En revanche le commissaire aux comptes doit établir un rapport très détaillé des liens entre les dirigeants et les sociétés extérieures prestataires auxquelles ils appartiennent. Je serai curieux de le voir !

Selon la juge du Tribunal administratif les pratiques de l’ex-président révèlent une absence totale de fiabilité. Ce der,nier avait compris la faiblesse des fameux contrôles de la DNCG : ils s’effectuent en « temps T » et ne sont pas ensuite suivis. Le dossier présenté doit faire apparaître des sommes versées ou que l’on s’engage à verser pour passer le filtre des instances. Selon la magistrate en juin 2025, 9 millions d’euros avaient été ainsi placés sous séquestre (pour passer la DNCG) par le « sauveur », juridiquement toujours propriétaire du club, afin de garantir la poursuite de la saison 2025-2026. La Commission l’avait acté et avait renouvelé son feu vert.

Or quelques semaines plus tard « le bienfaiteur » avait récupéré la moitié de la séquestre soit près de 5 millions d’euros. Si l’on ajoute quelques factures ou remboursement de frais… on arrive à mieux comprendre la supercherie. Qui demandera les raisons de ce retrait ? Qui évaluera après avoir soigneusement épluché les comptes quel a été l’apport réel de l’actionnaire principal ? Je suis certain qu’on oubliera car les « autorités » avant d’accorder des « indulgences » au nom de la préservation de la splendide histoire du club n’ont guère examiné les bilans dans le détail. L’abus de confiance n’est pas loin… La « compréhension » ou la cécité comptable aussi.

Les larmes de crocodiles, les lamentations nostalgiques, les mises en accusation éplorées, les spéculations complotistes et la récupération politicienne déferleront en cette fin d’été. Les dégâts financiers seront considérables et essentiellement pour les collectivités territoriales. Les racines du mal sont structurelles et seuls des expédients et des arrangements avaient permis en cette période de reprise de la saison de sauvegarder les apparences. Rassurez-vous rien n’est perdu : en cette période d’opulence on va bien trouver une nouvelle idée pour ressusciter le mourant. Celui qui l’a tué ne reviendra pas passer ses vacances à Bordeaux. C’est la seule certitude. Où sont ses laudateurs ? Où sont ses supporters ? Où sont les vrais fossoyeurs ?

Bandeau réalisé avec l’IA

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire