Privées de fait de leur autonomie de gestion par les réformes successives sur leur capacité à gérer leur avenir les collectivités locales, s’enfoncent pour nombre d’entre elles dans la crise. Si elle est soudaine et massive pour quelques-unes elle sera lente et générale pour les autres. L’arrivée d’équipes nouvelles dans certaines villes précipite la mise à plat des finances. Bien évidemment et c’est une tradition : les prédécesseurs ont « cramé la caisse » et donc il était logique qu’ils soient virés mais la réalité est nénamoins générale. Ensuite ça permet une installation paisible sur le thème « ce n’est pas possible compte tenu de la situation que nous avons trouvée ».
Ces diatribes s’appuient fortement sur la méconnaissance du fonctionnement actuel des collectivités territoriales qui devient problématique. Le bilan de 2025 de leur gestion globale contraste fortement avec celle de l’État. Pour pouvoir juger il faut avoir une première référence en tête : le déficit entre les recettes de fonctionnement et les dépenses constatées est impossible. S’il existe les élus qui l’ont créé ils risquent fort de perdre la gestion de leur commune, leur intercommunalité ou leur département. Mais il faudrait des analyses objectives et pas seulement comptables des raisons qui les ont conduit là.
Dans la mesure où ils n’ont plus de pouvoir réel sur leurs rentrées fiscales, ce que l’on appelle « leur épargne brute » s’amenuise. En effet depuis une vingtaine d’années tous les gouvernements qui se sont succédés ont à la fois augmenté leurs exigences sur les collectivités (transfert de compétences, normes croissantes, exonération sans compensation des taxes locales…) et ont réduit les moyens indispensables pour y répondre. Les dépenses croissent inexorablement dans toutes les structures gérées par des élus.
Dans la mesure où ils ne peuvent plus moduler leurs ressources (dotations décidées par le Parlement dans le budget général et retours partiels de quelques taxes) et que les besoins réels existent ce que l’on appelle un « effet ciseau » est inévitable. Cette situation se créée peu à peu pour mettre la collectivité face à un dilemme : restreindre des dépenses essenielles alors qu’elles croissent sous l’influence des injonctions nationales.
L’État exige des comportements ou des décisions qu’il est totalement incapable de s’appliquer à lui-même. C’est assez surréaliste de constater que son représentant sanctionne ou jette l’opprobre sur des élus au nom de principes qu’il ne s’applique pas à lui-même. Mieux on peut parfois penser que c’est voulu pour écrémer le fameux mille-feuilles territorial. En France un autre repère devrait être connu des citoyens : les emprunts dans une commune ne sont pas possibles pour couvrir même temporairement des dépenses de fonctionnement ce que Bercy fait allégrement tous les jours ou presque. Toutes ses ressources étant épuisées il ne survit que par l’emprunt pour payer ses fonctionnaires, ses dépenses courantes et ses engagements annoncés antérieurement. Cette année la date de cette « vie à crédit » aura lieu probablement fin octobre !
La France reste sous contrainte budgétaire, avec un déficit public encore élevé, évalué par l’Insee à 5,1 % du PIB en 2025, et une dette publique à 115,6 % du PIB. Ces deux « bornes » seront dépassées en 2026. Dans ce contexte, les collectivités sont entre le marteau et l’enclume : elle doivent continuer sous la pression des populations à assumer la gestion des services publics locaux alors que l’on considère qu’elles doivent aussi participer au redressement des comptes publics. La pression s’accentuera au fil des mois et en 2027 au plus tôt et en 2028 au plus tard la situation deviendra intenable.
les élus locaux quelle que soit leur orientation politique ont multiplié les investissements : routes, écoles, équipements sportifs, réseaux, transition énergétique, adaptation climatique ou aménagement urbain. Elles ne peuvent le faire que si elles disposent d’une capacité d’autofinancement nette suffisante (le résultat de la différence recettes-dépenses diminué des remboursements en capital des emprunts). Et il est certain que les investissements seront vite réduits pénalisant le milieu économique et décevant les électrices et les électeurs d’autant plus exigeants qu’ils ne payent plus d’impôts locaux (exonération de la taxe d’habitation).
Dans son rapport sur les finances publiques locales, la Cour des Comptes estimait que les collectivités apportaient en 2025 une contribution de… 5,4 milliards d’euros au redressement des finances publiques, via plusieurs leviers : hausse de cotisations à la CNRACL, gel d’une fraction de TVA, baisse de crédits budgétaires, réduction de variables d’ajustement. L’institution appelle à une contribution « prévisible, équitable et soutenable », formule qui résume l’enjeu politique du moment : demander un effort aux collectivités sans casser leur capacité d’action. On ne le saura que trop tard car il n’y aura pas de budget 2027… et on votera à l’élection présidentielle sur des thèmes très éloignés de ceux qui influent sur notre quotidien.
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Bonjour,
et oui les nouveaux élus locaux et les futurs élus nationaux se sont mis tous seuls dans la seringue. Et les autorités vont être nombreuses à actionner violemment le poussoir. Ainsi les « nobles institutions de l’UE(rss) » se dotent sous la pression des lobbys, d’un arsenal de réglementations que les Français qui ne demandent rien vont devoir accepter. Et voici comment les mesures de recommandations vont changer de nature.
« Si l’État membre respecte le Pacte de stabilité, c’est-à-dire si son déficit public est inférieur à 3 % du PIB, la recommandation ne constitue pas une obligation de résultat. En revanche, si l’État est en violation du Pacte de stabilité en raison d’un déficit supérieur à 3 %, comme c’est actuellement le cas de la France, ces recommandations changent juridiquement de nature. Dans ce scénario, les recommandations se transforment en obligations, c’est-à-dire des normes contraignantes avec menace d’amende et de gel des fonds européens, soit plusieurs milliards d’euros en moins pour le budget français. »
Donc l’UE(rss) constatant que notre pays boit le bouillon va s’empresser de peser de tout son poids pour nous couler. Et voici comment l’ Europe sociale que les politiques nous ont vendu depuis plus de 40 années va détruire TOUS les services publics et détricoter soigneusement les protections du modèle Français.
La France ayant un déficit supérieur à 3 % du PIB, la priorité pour la Commission est évidemment sa correction, ce qui peut se faire soit par une hausse des impôts, soit par une réduction des dépenses publiques, soit un panachage des deux.Mais la Commission va plus loin : respecter le plafond de dépenses ne suffit pas, elle recommande que la France réduise « sensiblement et durablement la dépense publique », mais aussi qu’elle réduise « les dépenses budgétaires et les dépenses fiscales à finalité sociale ». Pourquoi de telles baisses ? Pour compenser les hausses de dépenses que la Commission recommande en matière de défense. En effet, celle-ci est très claire et invite la France « à renforcer ses dépenses et sa préparation en matière de défense tout en veillant à l’efficacité des dépenses et tout en adaptant progressivement son budget à des dépenses de défense structurellement plus élevées ». Moins de justice sociale, plus d’armements.
Sur les recettes, la Commission demande à la France de baisser les impôts de production et de compenser cette baisse de recettes par une hausse de la TVA et de la fiscalité écologique. Sa recommandation est en effet très claire : « réorienter la charge fiscale, des facteurs de production vers les taxes à la consommation et les taxes environnementales ». La doctrine ultra libérale de la commission encourage donc à taxer les pauvres pour sauvegarder les profits, rien de bien nouveau pour le fossoyeur déguisé en médecin social.
S’agissant de la justice fiscale, ce n’est pas l’option privilégiée ou recommandée par la Commission qui ne propose étonnamment pas de taxer les super riches ou les multinationales. Elle évoque bien le manque à gagner que l’évasion fiscale et l’optimisation fiscale agressive représentent pour les recettes publiques des États membres (dans une communication accompagnant les recommandations par pays), mais ne fait aucune recommandation remédiant à ce problème pour la France.
Dans ce contexte général où notre pays est menacé d’une mise sous tutelle conjointe BCE et FMI, la cure d’austérité va se traduire dans les budgets des collectivités locales et bien évidemment c’est la partie sociale qui va morfler.
Tout cela n’est pas un hasard, nos politicards ont consciencieusement regardé ailleurs lorsque les lobbys ont incendié le contrat social. Myopes comme des taupes ils ont laissé l’UE faire sa petite cuisine dans les réduits obscurs du pouvoir souterrain.
Le monde que l’on nous promet est effrayant, comment s’étonner alors que les jeunes français ne pensent plus qu’a leur bonheur immédiat … Qu’il est loin le » tu construits pour l’avenir » que l’on nous enseignait! Maintenant pour être le futur élu le catalogue à la Prévert des promesses est le nouvel étendard des prétendants au trône. Si près des échéances électorales il est de bon ton de faire silence sur ce qui nous attend.
On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. Cardinal de Retz
bonne journée
Deux exemples qui confirment les écrits de façonjf-
-1-Depuis le 1er avril 2026, la participation forfaitaire, due pour tout acte médical d’un montant supérieur à 120€, passe de 24€ à 32€. Elle concerne les consultations de spécialistes, les examens d’imagerie ou encore certains actes chirurgicaux. Cette somme reste à votre charge et ne peut être intégralement couverte par les complémentaires santé dites « responsables ».
-2-Le gouvernement a prévenu les mutuelles et autres complémentaires santé qu’il souhaitait baisser dès cet été le remboursement de l’Assurance maladie sur les actes médicaux pour économiser de 1,5 à 2 milliards d’euros.
Et pourtant le budget de la sécu a été voté fin 2025,qu’en pense nos députés?
Comme l’avait affirmé Guedj « les mutuelles ne revaloriseront pas leur cotisation en 2026 » connait-il seulement le mécanisme comptable des mutuelles responsables ?