L‘arrivée d’une période caniculaire révèle encore davantage que les moments ordinaires du quotidien, la faillite de la citoyenneté. Qu’un gouvernement soit contraint sur les deniers publics de diffuser des messages publicitaires rappelant qu’il faut éviter de sortir quand la température est trop élevée, que l’on doit boire pour éviter la déshydratation, qu’il ne faille pas effectuer des efforts inconsidérés non-obligatoires et qu’il soit indispensable de se mettre au frais démontre amplement la conscience de la gestion de sa vue qu’a une partie de la population. Que les autorités responsables cherchent à adapter le fonctionnement collectif à cet événement climatique correspond au vrai rôle qu’elles doivent tenir. En revanche les « conseils » d’intérêt individuel n’ont un impact limité dans une société n’ayant plus aucun repère sur les effets du danger.
Le comportement vis à vis de l’alimentation en eau potable pour les foyers ajoute une note de pessimisme sur l’avenir de cette ressource indispensable à la vie. Dans le Créonnais où je suis installé entre Dordogne et Garonne, il y a des décennies que le problème de l’alimentation se pose. J’ai en tant qu’élu local organisé maintes rencontres citoyennes sur ce thème avec des succès divers. Chaque fois j’ai constaté que la très grande majorité des participants n’avaient aucune notion de la situation grave dans laquelle se trouvait le territoire. Le principal souci des habitants touche uniquement le montant de leur facture.
Ils ne s’intéressent pas à la manière dont ils sont alimentés et plus encore ils rejettent sur les élus locaux la responsabilité d’une situation dont ils sont en grande partie responsable. Ils ignorent absolument tout du circuit « puisage-transport-distribution » et sur les diverses structures qui l’ont en charge. Il suffit de lire sur les réseaux sociaux les réactions aux appels à l’économie, au risque de pénurie lié à des consommations excessives pour vérifier que la débilité est au moins égale à l’ignorance. Ils payent disent-ils et donc ils ne souhaitent rien entendre sur une limitation de leur « droit » à utiliser comme bon leur semble une eau de plus en plus rare.
Par exemple alors que le débit était réduit depuis à peine quelques heures en fin de soirée il y quelques jours j’ai lu avec effarement un commentaire courroucé indiquant qu’il lui fallait des… bouteilles immédiatement ! J’ai eu le malheur de signaler que la mise à niveau voire le remplissage des piscines avec de l’eau potable posait un problème et j’ai pris une remarque politico-décerébrée car j’attaquais ceux qui possédaient cet équipement. Les livraisons de piscines ont augmenté de près de 30 % en France en un an. Devant cet engouement, les professionnels du secteur peinent à trouver de la main-d’œuvre pour effectuer toutes les livraisons. Bien évidemment ça n’a aucun impact sur les volumes consommés.
Pour espérer avoir sa piscine dans son jardin cet été, mieux vaut miser sur la piscine hors-sol. Les professionnels du secteur de la construction de piscines sont aux anges. Les livraisons de bassin ont augmenté de 27,5 %, selon la Fédération des professionnels. Près de 197 000 nouveaux bassins ont été installés en un an en France : 70 300 piscines enterrées et 126 500 piscines hors-sol. En quelques jours de canicule les magasins ont été dévalisés. Dans e Créonnais comme ailleurs le remplissage n’aura pas influé sur le niveau des châteaux d’eau.
On parle des fuites et on insulte et se déchaine quand les réparations ne sont pas assez rapides alors que ce ne sont que des phénomènes de portée symboliques par rapport à celles souterraines que l’on ne voit absolument pas. Le réseau est vêtuste… et les moyens manqquent pour le rénover. Les travaux gênent les riverains, pénaalisent le commerce, entravent la circulation et surtout se reportent inévitablement sur des factures jugées déjà trop élevées !
La racine du problème tient en Créonnais à la qualité de la ressource. Puisée dans la nappe de l’éocène l’eau qui circule aujourd’hui dans ces roches, n’a « que » 20 000 ans. C’est l’époque préhistorique durant laquelle est tombée l’eau de pluie qui se trouve désormais 300 mètres sous nos pieds à la verticale de Bordeaux. Cet âge très important pourrait laisser penser que cette eau est fossile mais il n’en est rien car elle se renouvelle en permanence bien que très lentement. Elle se trouve dans une « éponge de roches » à plus de 300 mètres sous terre qui contiennent des minéraux dont elle s’imprègne comme le fluor. Comme le puisage est de plus en plus important le lessivage des réserves augmente la tenue en fluor rendant la situation intenable puisque la production est non-conforme pour être distribuée. sau en bouteilles hors de prix !
La ressource devient insuffisante sur certains territoire dont le Créonnais. L’augmentation de l’urbanisation accentue le problème. Calculée sur la base de 120 m³ par an pour un foyer de 4 personnes la consommation ne prend pas en compte les usages annexes non vitaux. Les usages collectifs (lycée, collège, EHPAD, écoles) ont également nettement augmenté. Doit-on les fermer ? Les récupérateurs des eaux de ruissellement ne sont pas assez développés et subventionnés. Seul un sursaut citoyen lié à une prise de conscience de la gravité de la situation de la ressource permettra de limiter les dégâts à court et à moyen terme. Un espoir qui se noiera très vite dans les flots de démagogie ! Ca coule de source.
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C’est ben vrai ça, comme aurait dit la mère Denis!
Allez, à l’ombre et bonne journée quand même…
Bonjour Jean-Marie !
Allo …euh… Ah l’EAU ! sinon le ministre de l’E.N. va s’offusquer ! ! !
Tout d’abord, mes félicitations pour ton bandeau : la goutte d’eau s’échappant du « vintage » robinet pour choir dans le Duralex de notre enfance : il y a des images qui parlent plus que des consignes … macroniennes ! !
Certes, je n’emploierai pas d’eau bénite pour te féliciter même si ton magnifique billet m’y inciterait ! Pourtant … !
Abordons le plat de résistance : la flotte, cet élément qui constitue les 3/4 de notre corps dont elle … s’évapore !
Tu nous parles des piscines gourmandes en eau potable : si je t’accorde un bon-point, tu as oublié le coût supérieur de l’entretien hivernal qui engendre la vidange surtout quand le pouvoir d’achat devient priorité, l’emploi de produits « douteux » pour la santé (surtout quand j’entends l’inquiétude sur la propreté de la piscine Seine …!) étant sujet de réflexions.
Autre point que tu as omis, c’est le confort : la chasse d’eau et ses 5/8 l par manœuvre, les 2 à 6 douches quotidiennes, les lave-linge et vaisselle, la bagnole hyperbrillante et … le gazon à l’eau javellisée (le mien a mis sa tenue d’été jaune-paille!). Toi qui aimes les statistiques, quel est le volume consciencieusement gaspillé ? Affolant n’est-ce pas ? Et les fuites du réseau ?
Tu parles avec justesse d’une eau puisée à plus de 300 m qui se renouvelle lentement. N’oublions pas que, vu notre proximité avec la réserve saline (la moitié des frontières sont maritimes!), quand l’éponge souterraine sera sèche, par comblement, l’eau de mer coulera de ton robinet !
Restons ouvert aux solutions raisonnables. Hier, j’ai assisté à une d’entre-elles !
La canicule étant annoncée, le vieux lavoir de mon village, depuis longtemps confié aux ronces, orties et autres vestiges a été tiré de son sommeil par de jeunes bras et équipé d’une table de camping pliante. À l’ombre, les pieds dans l’eau, deux jeunes couples ont passé un après-midi … climatisé ! Sans impact CO², ni bitume fondant ! L’Espoir renaît ! La copie est autorisée ! ! !
Reste à l’ombre, Jean-Marie, avec le rosé bien sûr ou de l’eau fraîche. Regarde au frigo : Madame a pensé à toi ; remercie La ! ! !
Amicalement.
Ils payent disent-ils et donc ils ne souhaitent rien entendre sur une limitation de leur « droit » à utiliser comme bon leur semble une eau de plus en plus rare.
Comportement aussi débile et même raisonnement (ou résonnement ?) à propos du tri des ordures.
« On paye inonquatrier! »
Aujourd’hui, il vaut mieux le lavoir que l’ hêtre bien qu’ avec deux enseignantes parmi nous , nous avions aussi « être et avoir ». De l’ ombre , et les pieds dans l’eau, la recette d’une clim écolo pour plus de vingt personnes.
Quand au milieu coule une rivière, en disposant judicieusement tables et chaises dans son lit, nous nous primes samedi pour les rois du monde .
De nombreuses glacières, salades et melons, et Manet revisité avec son déjeuner sur l’ herbe .
Des demoiselles et des libellules nous accompagnèrent gracieusement en cette journée fort bien occupée, dont peu de tableaux, mais de nombreuses photos témoignent des plaisirs simples de la vie.
Cordialement.