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L’arbitrage de plus en plus accusé de tous les maux

La « ballonosphère » des grands clubs européens a un point commun qui revient sans cesse : aucune des délaites n’est étrangère à des erreurs de l’arbitre. Depuis des décennies tout a pourtant été conçu pour justement les sécuriser dans leurs décisions et réduire l’inévitable erreur d’appréciation. Que peut-on imaginer de plus sur le plan technique pour éviter cette contestation permanente qui alimente les médias les lendemains des matchs ? Quand on revient en arrière et que l’on a soi-même longtemps sévi sur les terrains ou autour comme joueur ou observateur du niveau le plus modeste à celui des rencontres internationales, on est bien obligé de constater que les esprits ont moins vite évolué que les conditions de l’arbitrage.

Comment le football a-t-il survécu alors que n’existait ni la « gold line technology », la « Video Assistant Referee » ou la « technologie semi-automatisée du hors-jeu » ? Dans les conrontations comme celle du Bayern et du Paris saint-Germain ce sont des dizaines de caméras qui scrutent le moindre geste, le déroulement de toutes les actions et qui alimentent à posteriori les décisions de l’homme qui n’est plus en noir. Au fil des saisons le haut niveau déploie des sommes considérables pour tenter de rendre un coup de sifflet légitime et rien ne parvient à juguler la contestation d’un résultat par… les perdants.

La complexification des règles du jeu notamment sur les fautes commises dans les surfaces de vérité n‘ont semble-t-il rien amélioré. Au contraire le fautif systématiquement conteste son erreur. Et le pire ce sont ces attroupements menaçants autour de celui qui a pris (ou pas pris) la décision en une fraction de seconde ou après un long temps de réflexion. Il doit dans de plus en plus de cas valider son application du règlement avec le fameux VAR qui l’incite à se rendre devant un écran pour constater l’évidence d’une faute. Pression du stade. Menaces verbales des joueurs. Intervention des bancs des entraîneurs. Le contexte se durcit davantage. L’émir du Koweil descendant sur la pelouse lors de la Coupe du monde en Espagne era des émules.  

Les enjeux (financiers surtout) atteignent de tels niveaux que la délaite qui appartient intrinsèquement au sport collectif, n’est admise par personne. A Munich comme dans bien d’autres stades l’issue de la rencontre a été maquée par absolument aucune marque de respect d’une équipe pour l’autre. Les déclarations des Munichois ont évoqué deux actions du match qui selon eux auraient pu faire basculer la demi-finale.

Sur un ballon au milieu du terrain Laimer s’avance pour récupérer un ballon que convoite aussi le Parisien Nuno Mendes. Le Bavarois expédie le ballon sur la main du latéral adverse qui « élargit la surface de son corps en écartant le bras ». La faute est évidente et un second carton jaune est obligatoire. L’arbitre portugais a alors sifflé…une main de Lamer. Aucun ralenti. Aucune analyse vidéo car l’action ne se déroule pas dans la surface dite de réparation n’a été réclamée. C’est son appréciation qui provoque des tombereaux de haine, de déclarations tracassantes avec une supposition :  « nous aurions gagné si les Parisiens avaient été réduits à dix ! ». Est-ce certain ? Peu importe : il y a eu vol de l’espoir de gagner!  

Il ajoute une seconde situation qui selon les Allemands démontre qu’ils ont été lésés. Après un centre fort devant le but, Matvey Safonov repousse de manière peu académique sur Vitinha qui veut dégager au loin. Son ballon tombe sur le bras de Joao Neves, clairement décollé. La main est manifeste mais l’arbitre ne bronche pas. Nouvelles accusations et des polémiques médiatiques qui aliment un climat de « aine » tous azimuts.

Dans ces deux cas en regardant les images et en compulsant de règlement il est largement possible d’admettre que les protestations allemandes soient admissibles. Il y a matière à alimenter la notion de complot protecteur du PSG puisque dans les deux cas (Nuno Mendés, Vitinha, Joao Neves sont de même nationalité que l’arbitre) ces incidents de jeu sont jugés déterminants dans le résultat. Les erreurs appartiennent au sport. Elles ne sont pas forcément volontaires. D’ailleurs les joueurs qui manquent des opportunités de but ou qui en offrent une aux adversaires ne s’impliquent jamais dans le bilan d’une défaite.

Ma vraie déception c’est que le rugby au même niveau prend une direction identique. Lors de la demi-finale entre l’UBB et Bath les Anglais ont tiré les derniers en accusant la télé française d’avoir dissimulé des images qui auraient permis au VAR de demander l’exclusion pour faute grave de Lucu. Là encore procès d’intention à posteriori et querelles sans rapport avec l’esprit sportif. Ce n’est qu’un début. Dans le fond ils auraient pu être meilleurs que leurs adversaires pour éviter toute situation réputé injuste mais ce n’est pas envisageable : il y a l’arbitrage pour éviter de s’interroger. Vivement l’intelligence artificielle. 

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Cette publication a un commentaire

  1. J.J.

    Je n’y connais vraiment pas grand chose en sport, mais je constate que dans ce milieu, comme dans bien d’autres, les imbéciles et les violents se multiplient à une vitesse vertigineuse.

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