C’est une tradition française : les soirées électorales sont d’un ridicule absolu. Des heures à entendre des déclarations ou des débats encore plus insincères que d’habitude. Tout sonne faux. Tout relève des éléments de langage. Tour sent les présidentielles et se fout pas mal de la réalité du terrain. C’est pitoyable de voir les leaders intervenir le plus rapidement possible pour avoir l’audience maximum avant que le public indifférent file vers d’autres programmes. Comment ne pas zapper vers un UBB-Toulouse alors que l’on débite partout des propos lénifiants ou outranciers. Une pluie de chiffres, une liste de victoires et une mémoire défaillante à l’égard des échecs. La crédibilité politique en prend encore une secousse. En fait ces municipales n’aurons dégagé que peu de certitudes.
La première concerne les écologistes. Les précédentes élections avaient vu monter la dimension des idées liées à la protection du climat et de la nature. Le boomerang vert est revenu en pleine poire avec des échecs retentissants de sortants qui ne sont pas parvenus à persuader leur électorat du bien-fondé de leurs politiques. Certes Lyon a sauvé la mise mais les dégâts (Besançon, Strasbourg, Bordeaux…) sont considérables puisque les « chutes » communales entraîneront probablement des déboires aux intercommunalités Métropolitaines.
Les prises de position de quelques « vedettes » ont plombé des gestions qui étaient beaucoup plus concrètes et surtout positives pour l’intérêt général. Ce déclin indéniable se confirmera dans les prochains scrutins nationaux. L’écologie deviendra très difficile à faire accepter dans les zones rurales. C’est même le rejet alors qu’elle est pourtant indispensable. Le « parti écolo » aura du mal à se relever de ces élections. La dynamique est défavorable. Tout le monde quel que soit son appartenance politique sera contraint de prendre en compte des phénomènes climatiques croissant.
L’autre constat c’est que la stratégie nationale de LFI définie par Jean-Luc Mélenchon avance. Elle n’a pas été en effet concrétisée de manière indiscutable mais elle a effectué un saut en avant. Dans les fameux « quartiers » des zones urbaines périphériques ayant une forte présence de ce que désormais la « France nouvelle ». Elle permet à LFI d’afficher des succès logiques. LFI a remplacé le PCF qui a longtemps tenu ces cités en offrant une visibilité à ce monde « oublié ». Elle a échoué dans d’autres lieux ! Ce n’est pas du tout applicable sur le territoire national. Il faudrait cumuler les voix obtenues sur l’étiquette LFI en France pour savoir quel pourcentage représente des victoires « pures » !
Qui osera dire (surtout pas le premier secrétaire) que les alliances du second tour entre le PS et LFI ont tenu leurs promesses. Les « gamelles » sont nombreuses et effacent des belles performances des candidats socialistes. Nantes et Tours sont devenues les exceptions qui confirment la règle. L’électorat n’a pas compris. Toulouse, Limoges, Brest, Avignon, Clermont-Ferrand… et Tulle ont été raflées par la Droite. En Gironde Bègles a également flanché. Il faudra vraiment que la direction actuelle du PS s’interroge sur ses tergiversations ayant conduit à ce qui est un fiasco. Dans les prochains mois bien des positions seront revues. Les maires de Paris et de Marseille auront probablement leur mot à dire.
Enfin il faut bien examiner les déclarations du RN. Il a parfaitement réussi une part de ses objectifs. Celle qui consistait à ancrer le parti sur les territoires ruraux de manière officielle dans des villages clés des zones rurales (en mode discret ou ouvert). La cristallisation de leur électorat a été réussie. Le parti de la Marine Nationale réalise à cet égard une véritable performance dans des villes moyennes du Nord, de l’Est, du centre, du Sud-Est. Il y est installé pour sept ans. Et pour les Présidentielles ces municipales constituent une avancée indiscutable. On le verra avec les signatures accordées à un candidat RN.
En revanche l’échec est patent dans les secteurs fortement urbanisées. Incontestablement le RN n’a pas réussi sa percée comme c’était déjà le cas au premier tour. La vengeance de Ciotti à Nice est probablement la meilleur nouvelle pour le RN car elle concrétise l’idée que la porosité droite extrême et extrême-droite débouche sur des victoires historiques. Ce précédent qui intervient après une législative partielle du même style ouvre une voie nouvelle qui se concrétisera en 2027. Mais comme tout le monde « il est content et tout le monde il est gentil » toute la journée vous entendrez ce refrain : « on a gagné ! On a gagné ! »
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« Le « parti écolo » aura du mal à se relever de ces élections », échec surtout dû à une trop grande publicité incongrue avec des arguments outrés, organisée, par des ayatollahs soit disant verts, en réalité des fanatiques genre vegan et autres adeptes de faribolesques doctrines.
En fait le parti écolo est victime de ceux qui prétendant être ses partisans trop zélés
« Il faudra vraiment que la direction actuelle du PS s’interroge sur ses tergiversations ayant conduit à ce qui est un fiasco. » On constate encore une fois que le pseudo parti socialiste a été particulièrement efficace dans son activation de la « machine à perdre ». Des experts en la matière.
Au moins deux points positifs à relever : le phénix du Béarn va pouvoir consacrer son temps complet à ses patenôtres et madame Dati va enfin pouvoir user de son temps libre pour préparer son dossier en vue de sa comparution devant la justice.
Quant à l’inquiétante victoire (?) de monsieur Ciotti, par prudence, je m’abstiendrai à ce sujet de tout commentaire. Mais Nice n’est pas la France.
Bonjour,
comme les 6 rondelles (hirondelles) je suis de retour avec le printemps après un long et instructif voyage perturbé par la guerre au moyen orient. Totalement saisi par le contraste hexagonal autocentré sur sa petite cuisine électorale dont le sinistre brouet noir des Spartiates nous a été servi hier au soir.
Une grande tristesse m’a submergé dans le pisse-partout ( TER) me reconduisant dans ma lointaine banlieue au milieu d’une jeunesse insouciante, incivile et sans éducation sociale ni familiale. Avec mes valises et mon épouse épuisée, nous nous sommes retrouvés debout sur la plateforme observant une jeunesse insouciante occupant abusivement les places assises envahissant l’espace sonore avec leur musique au niveau sonore délirant, négligeant de ramasser les gobelets de boissons ingurgités puis échappés de leurs mains. Quel contraste avec la jeunesse rencontrée dans les rues Indiennes et Népalaises … Sans doute l’écart entre une société où seul l’effort individuel permet d’échapper aux murs des castes et notre société où tout est dû à une jeunesse ultra-protégée dans un cocon excluant tout effort et toute contrainte sociale ou environnementale.
Grande tristesse pour moi qui m’inquiète du manque de préparation mentale de NOTRE jeunesse pour laquelle l’effacement du cocon protecteur sera dramatique.
Une France auto-centrée sur des élections locales négligeant la pression de la crise financière conséquence inévitable de la troisième guerre mondiale qui nous menace.
Les commentateurs professionnels des merdias me saoulent avec leur verbiage en complet décalage avec les réalités d’un pays dispersé façon puzzle à la « tu connais pas Raoul ».
L’angoisse m’étreint devant cette génération Z qui se défausse de toute responsabilité en accusant les boomeurs d’avoir détruit la planète sans rien connaître de la jeunesse de la dite génération. Je constate que ces pauvres enfants vont devoir faire preuve de résilience et réapprendre ce que les générations passées transmettaient scrupuleusement à leur descendance. La société de consommation a explosé les valeurs qui faisaient nation au bénéfice des valeur$$$ financières dans le TPMG (Tout Pour Ma Gueule).
Les municipales n’échappent pas au TPMG et le concert des merdias peut bien tresser des couronnes au défunt Jospin… Auto-centrés, auto-centrés, négligeant le fait que la génération Z ne sait même pas qui il était.
Ironie du sort qui le fait disparaître alors que droite extrême et extrême droite menacent de prendre bientôt le pouvoir.
Ainsi va la vie dont la mort fait indissociablement partie…
Bonne journée
Ma p’tit recette du brouet noir des Spartiates tirée du Guide Grec Antique, Hachette, d’après Athénée.
Ingrédients:
Hacher un morceau maigre de porc ou de sanglier.
Faire bouillir dans du vin.
Additionner de sang vinaigré.
Saler, ajouter origan, sarriette, sauge, thym.
Réduire jusqu’à la consistance d’une soupe épaisse.
Arroser d’huile d’olive.
Ne savons-nous pas la nourriture des Lacédémoniens dans leurs philities ? C’est là que Denys le Tyran qui venait d’y prendre son dîner affirma ne pas avoir aimé leur fameux brouet noir, qui constituait le plat principal. Celui qui l’avait préparé lui répondit alors : « Ce n’est pas étonnant, il manquait des ingrédients. – Lesquels ? demanda Denys. – La fatigue de la chasse, la sueur, la course depuis l’Eurotas, la faim, la soif. C’est avec tous cela que les repas des Lacédémoniens sont assaisonnés. »
Facon jf @ C’est avec plaisir que je découvre la recette du brouet noir des spartiates, et étonnamment, cette recette, j’en connais une version plus moderne (bien qu’en voie d’extinction) et plus élaborée, mais dont les éléments de base sont les mêmes : souvenirs du temps où il m’est arrivé du temps de mes activités rurales, de sacrifier et cuisiner un porc (ou la moitié, comme cela se pratique parfois en Aunis, Saintonge et Angoumois).
Il s’agit d’un ragoût (ou brouet…) à base de morceaux de porc hachés menu, enrichi de viscères divers (foie, poumon, de sang de porc, etc. cuits avec du vin et force épices et condiments, et qui répond au nom de gigouri, ou tantouillée, selon les secteurs. Denrée introuvables dans une charcuterie « classique », j’ai la chance que le boucher-charcutier chez qui je fais mes emplettes au marché hebdomadaire, continue la confection de ce met rustique, aux origines plus « historiques » que je n’eus cru.
Salut et Fraternité.
@JJ à propos des LES PHILITIES OU REPAS EN COMMUN imposées par LA RÉPUBLIQUE DES LACÉDÉMONIENS rapporté par XÉNOPHON Athénien ami de Sparte. Il commence ainsi son récit : » Je songeais un jour que Sparte, qui compte parmi les États les moins populeux, a été de toute évidence le plus puissant et le plus illustre de la Grèce, et, frappé de ce fait, j’en cherchais la raison. Mais, quand j’eus considéré les institutions des Spartiates, je cessai de m’étonner. »
L’admiration de Xénophon pour Lycurgue « celui qui tient les loups à l’écart », rédacteur de la constitution de la république des Lacédémoniens rejoint l’admiration de Plutarque pour cette personne hors du commun des mortels.
On retrouvera ici la description de Sparte par Xénophon https://nimispauci.belfiore.eu/Xenophon/XenophonLaRepubliqueDesLacedemoniens.htm.
Le chapitre consacré à l’éducation à Sparte vaut d’être lu. Plutarque, dans ses Vies parallèles, consacre une Vie à Lycurgue, mis en parallèle avec le roi romain Numa Pompilius. Il situe son existence au IXe siècle av. J.-C. ou au tout début du VIIIe siècle, mais il avertit au tout début de son œuvre que :
« On ne peut absolument rien dire sur le législateur Lycurgue qui ne soit sujet à controverse : son origine, ses voyages, sa mort, l’élaboration enfin de ses lois et de sa constitution ont donné lieu à des récits historiques très divers »
De fait, les historiens modernes, voire antiques, utilisent son nom pour définir l’ensemble de la législation mis en œuvre à Sparte et qui lui est attribué, sans s’engager sur l’historicité du personnage ou le fait qu’un seul homme ait été à l’origine de ces mesures.
Dommage nous n’avons plus de nos jours d’esprits aussi brillants et innovateurs que le législateur Lycurgue.
Salut et fraternité
Facon jf@ Merci pour ce complément d’information.
« Dommage nous n’avons plus de nos jours d’esprits aussi brillants et innovateurs que le législateur Lycurgue. »
Et si ce personnage existe faudrait-il encore qu’on le laisse s’exprimer …
On trouve souvent des allusions aux loups dans la Grèce antique, Lycurgue en est un exemple, avec le Lycée ( Lúkeion ) fondé par Aristote (merci Wikipédia qui permet de rétablir ses souvenirs).