Hier je tentais de replacer les élections municipales dans un contexte plus large et plus « politique » que celui qui consiste à se battre à travers des distributions dans les boites aux lettres ou les réunions entre convaincus. Celles de 2026 seront celles des réseaux sociaux. Lorsqu’il y a confrontation entre plusieurs listes, les publications sur les sites reconnus comme étant majeurs pour s’introduire dans le quotidien des électrices et des électeurs est devenu fondamental.
D’abord parce que cette opportunité reste peu coûteuse et aisément maîtrisable. J’ai participé à six campagnes électorales du type de celle que nous vivons et tout passait avec par l’écrit explicatif et construit. Désormais l’image a supplanté le texte et il est évident que pas grand monde lit attentivement ce qui est publié.
Ces élections municipales semblent malheureusement être esnuite celles de l’indifférence. On le verra avec le niveau de l’abstention mais c’est déjà perceptible à travers le phénomène : « cause toujours tu ne m’intéresse pas ! ». Les certitudes sont tellement ancrée dans tous les esprits qu’il est parfois impossible de débattre. Croire qu’il existe une passion pour l’action locale relève de l’optimisme béat. Les positions postées sur les réseaux ne mobilisent que peu de gens. On retrouve souvent en les analysant les candidats et leurs proches et des militantes et militants qui font nombre alors qu’ils ne votent surtout pas dans la commune.
Les « croyances », la dévotion, la flagornerie constituent les racines d’attitudes totalement déconnectées de celles qu’exige la citoyenneté. Le concours du « plus gentil », du plus « correct », du plus « banal » bat son plein. Malheur à celle ou celui qui osera se démarquer. La tendance est au consensus mou. C’est le propre des réseaux sociaux de pondérer ce qui autrefois relevé de l’engagement. Ces municipales déboucheront sur une désillusion collective. Inutile d’espérer un sursaut démocratique : il ne viendra pas !
Le pire c’est qu’il est certain que les algorithmes jouent un rôle essentiel. On le verra dans les grandes villes où les « canaux » ouverts aux uns ou aux autres sont bien différents. Quand on y ajoute les pressions venues de groupes organisés et habiles dans le désinformation ou pire dans la fausse information ou l’approximation. Selon La France Insoumise des interventions extérieures complètent le panorama. En fait il devient quasiment impossible de raisonner et de débattre. Une part de la société se réfugie dans ses certitudes et n’en sortira que si elles la conduisent à la catastrophe. Et encore.
Très peu de gens cherchent l’info. Ils sont tellement habitués à ce qu’on leur apporte via la télé qu’ils ne se déplacent plus. Ils ne vibrent plus pour une élection. Désabusés ils laissent les autres décider à leur place. Ne parlons pas de rationalité dans le choix mais tout simplement d’impulsivité. Le fameux « Tous pourris » a causé tellement de ravages qu’il a ruisselé jusqu’à la dernière cellule républicaine qu’est la commune. Une phrase sur un commentaire, une affirmation dénuée de toutes preuves, une médiocrité volontaire constituent des éléments politiques majeurs.
Les gros mots à la mode sont aussi de sortie. « Végétalisation », « sécurité », « culture », « impôts », « mobilité » ont l’avantage d’être repris par absolument toutes les listes ce qui les prive de tout leur sens. On trouve en revanche rarement « citoyenneté », « laïcité », « proximité » ou « transversalité » car ces notions appartiennent au passé. Et tout ce qui est passé n’a plus aucune valeur. Le principal parti en course devient ainsi celui du « y a qu’à ! ». C’est habituel direz-vous mais là on a franchi un palier.
Le climat mondial rend parfois ce scrutin dérisoire. Durant les deux grandes guerres il n’y pas eu pour des raisons bien différentes d’élections municipales. Cette semaine monte la pression sur le pouvoir d’achat. L’inquiétude liée aux positions prises par le Président de ce qu’il reste de République monte. La moindre étincelle risque de mettre le feu à un contexte national très volatile. Ces réalités joueront-elles dans les résultat des élections ? Certainement. L’exaspération de constater l’incapacité politique à dominer les événements donnera des ailes aux extrémistes populistes.
De tous temps les municipales ont été un temps fort de la démocratie représentative. Il est certain qu’après celles de 2020 sui n’avaient pas forcément été très réussies pour des raisons différentes il est à craindre un échec préoccupant à… un peu plus d’un an de présidentielles. Allez en conclusion « La majorité a toujours raison, mais la raison a bien rarement la majorité aux élections » selon Jean Mistler !
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