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« Toujours promettre plus de beurre que de pain ! »

Pour la première fois depuis deux siècles une réunion avec une députée d’extrême-droite a pu se dérouler dans la salle que j’ai baptisée en 2007 « citoyenne » de la Mairie de Créon. Un signe des temps qui changent comme le démontre un sondage général sur les tendances des élections municipales. Pour le journal Le Monde la France plonge vers la droite extrême et l’extrême droite. La résultat d’une dérive dans tout l’électorat depuis déjà une dizaine d’années.

Grâce au scrutin de liste appliqué dans toutes les communes le RN a trouvé un support utile à son développement. Malgré le fait que le Maire puisse encore échapper à l’étiquetage politique ces élections seront celles de l’installation dans le milieu rural de multiples pions locaux dans les instances électives.

L’étiquette partisane a en effet peu d’importance dans la vision des premiers magistrats des petites communes, puisque selon l’enquête « seuls 8 % mentionnent le fait que leur édile soit de la même sensibilité politique qu’eux comme un critère de confiance ». C’est une réalité qui favorisera dans bien des villes ou même des villages les « sortants ». le repère essentiel pour bon nombre d’électrices et d’électeurs sera celui de l’accessibilité. Il est indispensable selon un principe déjà très connu qu’il « reste à portée de baffes », ce dernier mot étant pris au sens figuré bien que parfois il soit une réalité.

Le fait qu’il soit perçu comme honnête (64 %) et tenant ses promesses (52 %) est aussi déterminant. « Plus la ville est petite, plus le maire consensuel obtient les suffrages, mais même dans les villes de plus de 100 000 habitants, « six sondés sur dix jugent bon ou excellent le bilan de l’équipe municipale sortante et 48 % souhaitent voir reconduite la majorité sortante ». Ces constats du sondage diffusé par Le Monde vont donc à l’encontre des choix strictement politiques. Il faut donc s’attendre à un maintien majoritaire des sortants sauf si l’équation personnelle joue défavorablement pour eux. La proximité constitue un paramètre important.

Les listes des « en place » devraient être rassurées. En fin presque puisqu’il y a un autre sondage qui affirme exactement le contraire. D’après une enquête Odoxa-Mascaret 55 % des Français préfèrent l’élection d’un nouveau maire plutôt que la reconduction de l’édile en place (44 %). Un basculement net par rapport à la tendance observée il y a quelques mois. En juin 2025, la situation était tout autre d’après l’institut. 52 % des sondés se déclaraient favorables à la réélection de leur maire, soit huit points de plus qu’aujourd’hui. Le même scénario s’était produit en janvier 2020, deux mois avant le premier tour des précédentes municipales, où l’envie de continuité dominait.

Cette tendance sera démentie par les faits puisque plus de deux tiers des communes françaises n’auront qu’une liste et la majorité d’entre elles sont conduites par le premier magistrat sortant. Donc même s’il y avait un envie de changement elle ne pourra pas se concrétiser.

Le RN table essentiellement sur cette dernière vision électorale. En confectionnant des listes rassemblant essentiellement des « mécontents » de tout et en bâtissant des programmes attrape-tout il ne souhaite pas « gérer » les communes (il en va différemment dans quelques villes) où il présente des candidatures mais simplement « fixer » son électorat en lui offrant une opportunité de s’identifier localement. C’est d’ailleurs également la stratégie de LFI. Ces bases seront mobilisables dans quelques temps pou le scrutin présidentiel et les législatives qui se dérouleront dans un peu plus d’ un an.

Les dernières municipales s’étaient déroulées dans le contexte très exceptionnel de la crise sanitaire avec parfois des records d’abstention. Celles-ci se situent dans une période marquée par un climat très différent mais tout aussi anxiogène. Voter pour un sortant devient donc rassurant ou se réfugier dans le giron de celle ou celui qui prône le renforcement de la « sécurité » offre un brin de sérénité potentielle. Les habitants quel que soit leur lieu de vie veulent d’abord être rassurés même de manière démagogique. Ils ne font aucun lien entre des promesses en la matière et leurs conséquences financières.

Le vrai problème des ressources permettant de mettre en œuvre des programmes surréalistes n’intéresse pas grand monde. Il est d’autant plus facile de « promettre » que l’on sait que l’on a que peu de chances de parvenir aux affaires communales. Et l’étiquette ne change absolument pas ce principe de base. Il est un proverbe qui devrait être inscrit dans tous les bureau de vote : « Toujours promettre plus de beurre que de pain ! »

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