Imaginons (enfin pour le moment) un instant que Poutine envoie une volée de missiles sur le palais gouvernemental de Kiev où se trouve le conseil des ministres ou une réunion entre hauts dirigeants ukrainiens. Trente « bombes » qui éliminent de la terre toutes les personnalités susceptibles de mener la guerre contre la Russie. Bien entendu cette opération n’aura pas les justifications de celle qui vient se dérouler en Iran dans la mesure où les dirigeants en cause n’ont pas massacré des éventuelles manifestations hostiles. N’empêche que l’on imagine combien ce manquement aux règles internationales soulèverait de protestations officielles ou de prises de position farouchement hostiles.
La mort de celui qui se faisait appeler « le guide suprême » et de ses sbires ne m’inspire aucune compassion. La manière, même si je cours le risque d’être voué aux gémonies, me laisse dubitatif car incontestablement le monde ne vivra plus sur les bases des rapports entre pays ayant découlé de la fin de la seconde guerre mondiale. Elle consacre en effet l’irrespect total par deux pays des conventions tentant de favoriser la paix entre les peuples et ouvre donc la porte à tous les abus partout sur la planète. Elle démontre que le plus puissant fait la loi !
Même George W. Bush avant d’envahir l’Irak avec sa coalition bernée par les mensonges des dirigeants US avait sollicité un mandat de l’ONU et l’avait obtenu de son Congrès sur la base de fausses allégations. Là rien… Compte tenu de la situation en Iran ce constat peut paraître subalterne mais il constitue une jurisprudence qui met en péril un très fragile équilibre mondial. On a entendu la voix faible et vite oubliée de l’Organisation des Nations qui furent Unies.
Le secrétaire général, António Guterres, a déclaré samedi lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU que tout devait être mis en œuvre pour empêcher une nouvelle escalade. « L’autre solution est un conflit potentiellement plus large, avec de graves conséquences pour les civils et la stabilité régionale », a-t-il mis en garde. Et il avait raison. M. Guterres a indiqué que les frappes aériennes américaines et israéliennes violaient le droit international, y compris la Charte des Nations Unies.
Il a également condamné les attaques de représailles de l’Iran pour avoir violé la souveraineté et l’intégrité territoriale du Bahreïn, de l’Irak, de la Jordanie, du Koweït, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Personne ne l’a soutenu. Personne a repris ses propos. La seule réponse du représentant US a été laconique : « ce que nous faisons est légal ». Il aurait pu ajouter : « parce que c’est nous qui faisons la loi ! ». En annonçant au moins un mois de conflit le Schtrumpf ouvre une crise aux multiples facettes. L’ONU ne sert plus à rien. Le prétendant au Prix Nobel de la Paix (que lui a accordé la FIFA) sera celui de la guerre !
Toutes les déclarations sur les plateaux refilent au « peuple iranien » le soin de renverser le régime qui les oppresse. Bien évidemment le va-t-en-guerre de la Maison Blanche prône aussi cette révolution violente qui a causé il y a seulement quelques semaines des dizaines de milliers de victimes. Ces annonces ne tiennent pas compte de la situation iranienne où depuis de longues années le régime a structuré ses organes de répression. On entre donc dans une guerre intérieure dont l’issue n’est pas garantie.
Stratégiquement l’Iran va donc élargir le conflit par tous les moyens en sachant fort bien que lé pétrole qui manquera et dont le prix flambera constitue une arme redoutable dans le temps. L gaz du Qatar risque aussi de manquer. Accessoirement celui des USA augmentera et la possession de celui du Venezuela deviendra encore plus stratégique ! Au fait les dossiers manquants de l’affaire du détraqué n’existent même plus. Les échecs économiques auront une explication et l’austérité aussi. On oubliera aussi par la même occasion que ce nouveau conflit a été enclenché par le dirigeant d’un pays recherché et susceptible d’être arrêté pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.
Schtrumpf joue au poker. Il n’a probablement jamais entendu parler de Georges Clémenceau qui affirmait qu’« un arrangement médiocre, ou une paix boiteuse, vaut mieux que la guerre ». Mais ce n’était pas son objectif.
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Une erreur mondiale, voir une faute : avoir permis l’installation aux USA du siège des Nations Unies et autres organisations internationales. On a hélas, dans l’euphorie de la fin des hostilités considéré les Yankee comme des libérateurs,alors qu’en fait, pour faire court, leur intention était de coloniser l’Europe, pas une colonisation ouvertement brutale, à la manière des occidentaux, mais en catimini. Et le résultat est le même, nous sommes à la merci de nos soi-disant amis. On constate avec inquiétude qu’ ils contrôlent tout : système banquaire, réseaux informatiques, économie, etc. (en détruisant ou en faisant détruire Nordstream, ils ont atteint leur but : nous refiler leurs produits pétroliers, chers et très polluants).
On constate également que la mentalité sommaire, la religiosite naïve et béate, la brutalité consubstantielle des colonisateurs a persisté dans leurs gènes.
Trump ou les autres arcandiers, même s’ils sont plus discrets, plus sournois aussi ne valent pas mieux
» We are notre out of thé inn. » ( citation attribuée sans doute abusivement à Shakespeare….).
Bonjour,
le conflit s’étend au Liban maintes fois martyrisé par son voisin. Depuis ce matin des centaines d’avions israéliens mènent des frappes « en ce moment » simultanément sur le Liban et l’Iran, a déclaré devant la presse le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, rapporte l’AFP.
Encore un peu de patience et les forces du bien auront libéré des milliers de cadavres de la tyrannie des mollahs.
En EU(rss) la confrérie des volontaires, constituée pour l’Ukraine, piaffe d’impatience en attendant la gloire des combats contre le grand Satan. Alors que le risque sécuritaire a atteint son niveau le plus élevé dans le détroit d’Ormuz, le transit des pétroliers est quasiment à l’arrêt, tandis que plus de 700 pétroliers se sont accumulés des deux côtés du détroit.
Le détroit d’Ormuz, à l’entrée du Golfe Persique, relie la production de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d’Oman et l’océan Indien.
Ce passage stratégique, par lequel transitent 20% de la consommation mondiale journalière de pétrole (environ 20 millions de barils), achemine des quantités importantes de pétrole et de produits pétroliers en provenance notamment d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d’Irak, du Koweït et d’Iran. Une grande partie de ces expéditions est destinée aux pays asiatiques tels que la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud.
La mer Rouge, qui mène au canal de Suez – conduisant vers la Méditerranée et donc l’Europe -, pourrait également être menacée. Le cours du pétrole a frisé les 80$ le baril ce matin. Il était à 70 la semaine passée, rappelons nous que sous la pression des pétroliers c’est dernier baril rentré premier sorti … Donc choc pétrolier en vue.
Aux U$A le clan Maga est placé au pied du mur des réalités. Durant la campagne de 2024, Tromp s’est fréquemment opposé à son adversaire démocrate (Kamala Harris), la qualifiant de « candidate des guerres sans fin » tandis qu’il se présentait comme « le candidat de la paix ». Il s’est vanté d’avoir été, durant son premier mandat, « le premier président des temps modernes à n’avoir déclenché aucune nouvelle guerre », un argument qu’il a mis en avant lors de la Convention nationale républicaine (RNC) en juillet 2024, où il a affirmé que sa politique étrangère « apporterait la stabilité au monde ». Lors de divers rassemblements (notamment avant les caucus de l’Iowa en janvier 2024), il a promis de « tourner définitivement la page sur ces jours insensés et stupides de guerres interminables » et a critiqué les administrations précédentes pour les conflits prolongés qui ont épuisé les ressources américaines. Une phrase qu’il a répétée à maintes reprises : « Je ne vais pas déclencher de guerre. Je vais arrêter les guerres. » Cette affirmation est apparue dans de nombreux contextes, y compris dans ses discours de victoire et ses attaques contre ses adversaires. Dans son discours de victoire de novembre 2024, il a réaffirmé : « Je ne vais pas déclencher de guerre. Je vais mettre fin aux guerres », insistant sur la nécessité de réorienter les ressources vers les problèmes intérieurs plutôt que vers les conflits étrangers.
Tromp a trahi ceux qui ont naïvement cru à ses mensonges. Il a maintenant lancé une guerre que les États-Unis ne peuvent gagner, et tandis que les corps des Américains morts dans cette guerre inutile et illégale arrivent à Dover, dans le Delaware, sa popularité va s’effondrer. La diplomatie de la canonnière* montre ses limites, jamais dans l’histoire un changement de régime ne peut s’opérer à distance, une intervention au sol est incontournable. Tromp a joué avec les allumettes et devant le brasier il va chercher à retirer son c.l des ronces comme tous ses prédécesseurs U$. Comme à l’accoutumée une grande zone de turbulences va prendre place en Iran. La promesse de tromp d’une issue au maximum dans 4 semaines est purement symbolique. Elle ne tient aucun compte de la difficulté de réapprovisionnement de son armada en missiles et autres armes de haute technologie, seulement accessibles dans la base de Diégo Garcia située entre 3700 et 4000 km du théâtre des opérations en cours. Un porte avion U$ franchi 1000km/j, un réapprovisionnement prendrait donc presque 10j avec le déchargement/rechargement des munitions délicates à manipuler.
Le feu ça brûle et l’eau ça mouille, la logistique et les milliards de$ vont être des données cruciales.
Après le témoignage contraint de Clinton dans l’affaire Epstein ( vous dites comme vous voulez) Tromp allait comparaître rapidement … l’opération militaire rentre bien aussi pour bousculer l’agenda judiciaire, sans doute un hasard.
Bonne journée
*La diplomatie de la canonnière ou l’expression « politique de la canonnière » rappelle encore à quel point la canonnière était symbole de la projection de puissance jusqu’au début du XXe siècle. La « politique de la canonnière » consistait à tirer depuis la mer au canon sur les côtes des États qui ne payaient pas leurs dettes financières.