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La guerre des tranchées favorise la montée du populisme

Le spectre politique français se crispe et les espaces réservés aux différentes options actuelles se rétrécit. Désormais sous l’influence médiatique croissante s’installe dans l’opinion dominante une différenciation de plus en plus forte des « extrêmes ». Le basculement général vers le RN et ses alliés ne se discute plus. La France est décomplexée et accepte des valeurs n’ayant plus rien d’humanistes ou même souvent de républicaines.

A l’image de ce qui s’est produit durant ces dernières semaine des « digues » ont cédé devant l’accumulation des idées « boueuses » ressassées par de plus en plus d’obsédés de la préservation de leur situation socio-politique. Il n’y aura plus de réplique organisée à la montée en puissance du parti national-populiste.

L’une de premières raisons c’est que le combat pédagogique, raisonné et raisonnable contre les positions prises par le RN n’existe plus vraiment. Les échanges d’arguments se font d’extrémistes à extrémistes ignorant ainsi la critique objective à l’égard du quotidien du RN. Le tragique épisode lyonnais illustre parfaitement ce comportement. Idéal pour un parti qui n’a aucune réflexion de fond sur l’avenir, qui vote au palais Bourbon de manière erratique et souvent contraire à l’intérêt de celles et ceux qu’il prétend défendre, qui sur des sujets de société adopte des postures réactionnaires et surtout qui se révèle incapable de bâtir un programme cohérent.

L’ex- majorité parlementaire devenue un gruyère ou un château de cartes incohérent en optant pour le lancement de grenades sur l’extrême gauche et oubliant qu’elle n’aura pas à la combattre en 2027 contribue à cette mansuétude coupable. Je partage les propos de de Villepin sur ce phénomène. Ils sont lucides et reflètent ce que devrait être la position d’une classe politique réellement porteuse de valeurs.

L’ex-Premier ministre estime que « ce tir croisé sur LFI », auquel s’adonnent de nombreuses personnalités politiques allant du Premier Ministre à Jordan Bardella en passant par Bruno Retailleau « a un effet mécanique » : « il détourne l’attention du danger principal et contribue à normaliser l’extrême droite en la dispensant d’être interrogée comme elle devrait l’être ».

En gaulliste il estime que « renvoyer dos à dos toutes les radicalités comme si elles étaient de même nature, de même force, de même danger » constitue « une faute politique ». Rien à ajouter ! Il a illustré son propos avec ce constat historique :  « Les communistes des années 30 n’étaient pas des enfants de chœur, mais les renvoyer dos à dos avec les nervis fascistes, avec près d’un siècle de recul, nous semblerait fautif ».

Même si comparaison n’a jamais été raison il ajoute à sa déclaration le constat suivant : « Même en termes de victimes, macabre décompte, l’extrême gauche a fait une victime ces cinq dernières années, les militants d’extrême droite en ont fait onze, essentiellement des victimes ciblées sur des bases religieuses et raciales, des motifs profondément politiques », Il ne s’agit pas forcément d’appliquer sur ces faits le filtre historique des années 1930 mais simplement de chercher quelles sont les stratégies, les pratiques, les exploitations, les tendances qui pourraient être ces fameuses causes qui nous conduiraient aux mêmes effets qu’à cette époque.

Le basculement de l’opinion dominante se traduit dans des sondages qu’il faut bien entendu prendre avec les pincettes du doute. Ainsi à l’approche des élections municipales, LFI insoumise effraierait davantage que le Rassemblement national. Ce sont en effet 59 % des Français se disent prêts à voter pour un candidat ou une liste qu’ils ne soutiennent pas, afin d’empêcher la victoire d’un candidat LFI.

En revanche, ils ne sont que 44 % à envisager de faire la même chose pour barrer la route du RN, selon le dernier pointage du baromètre Odoxa réalisé par Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale*. Ce sera pire aux prochaines échéances électorales. Tout le monde sait fort bien que plus aucun des votes en France sont des votes d’adhésion mais majoritairement des votes de rejet.

Ce comportement n’ayant rien de citoyen s’explique par la perte des repères. Il n’y a plus grand monde pouvant parler comme par exemple le faisait avec moi mon grand-père Abel le maçon communisant des bagarres sévères dans les réunions électorales sous les préau d’école contre les Croix de Feu. Les témoins de la période de l’OAS mettant en péril la République se raréfient.

En Algérie, il y avait eu pourtant 15 355 attentats (2 546 attaques individuelles, 510 attentats collectifs, comme par exemple des mitraillages ou jets de grenades, 12 299 plasticages), faisant 1 622 morts (239 Européens, 1 383 « musulmans ») et 5 048 blessés (1 062 Européens, 3 986 « musulmans »), soit, en prenant comme base de calcul quatorze mois (mars 1961-avril 1962), plus de 1 000 attentats, faisant plus de 100 morts et 360 blessés chaque mois.

En métropole, les chiffres généralement retenus, à la suite de l’étude d’Arnaud Déroulède, sont de 71 morts et 394 blessés. Il suffit maintenant de se rappeler qui a soutenu l’OAS et la soutient encore selon les régions.

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