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Les mots de 2025 : dette !

En 2025 l’un des mots qui aurait dû marquer la vie citoyenne, c’est celui de « dettes » qu’il faut mettre au pluriel car si l’on évoque celle qui est liée au fonctionnement de l’État on oublie souvent celle du monde privé. En fait chacun adapte son discours et ses prises de positions aux circonstances utiles à son avenir. La comparaison entre l’endettement global de la France avec le niveau de son épargne ou de son patrimoine permet par exemple de minimiser les chiffres livrés à l’opinion dominante. C’est en effet deux considérations bien différentes sans lien direct puisqu’il faudrait spolier que l’État spolie les épargnants ou confisque leurs biens pour temporairement changer sa dépendance aux milieux financiers.

En 2025 la dette publique française atteindra le sommet de 3482,2 milliards selon l’INSEE au 31 décembre voire un peu plus quand les comptes seront arrêtés ce qui traduit une hausse constante au cours des douze derniers mois. L’écart avec 2024 se situera aux alentours de 177 milliards supplémentaires en capital. Une hausse de 5,35 %. Elle ne cesse d’enfler au fil des mois puisque n’ayant aucune capacité d’autofinancement la France continue sans cesse à emprunter sur les marchés pour rembourser les sommes qu’elles devaient et qui arrivent à échéance. Une forme de cavalerie financière que seul l’État et les organismes publics peuvent se permettre.

A son rythme actuel de progression le poids de ce système de financement des dépenses publiques aura presque doublé en 25 ans ! En effet avant le fameux « quoi qu’il en coûte » de la pandémie, elle n’était que de 97,9% du PIB tandis qu’elle était de 60% en 2000. Si on la laisse filer elle pourrait en effet dépasser les 115 % du PIB.

Bien évidemment personne n’est responsable de ce phénomène rendant la nation dépendante de prêteurs dont désormais une majorité se trouve éparpillée dans le monde. Le secret couvre l’origine des organismes acceptant de placer de l’argent dans le gouffre potentiel du déficit budgétaire français. Ils le font avec surtout un souci de rentabilité en majorant les taux d’intérêt et donc en aggravant forcément la situation de l’emprunteur. Une simple question : certains d’entre eux ne le font-ils pas sciemment ?

La France se situe au troisième rang européen derrière la Grèce dont on sait qu’elle a été le sort que lui a réservé le FMI et l’Italie qui a entamé une réduction réussie de sa dette. La moyenne de la zone euro se situe à 87,4 % du PIB et celle de l’UE à 81 %. Notre pays n’a plus aucune marge de manœuvre. Prétendre le contraire c’est tout bonnement masquer la réalité et continuer à appliquer le dicton chinois de l’idiot qui regarde le doigt qui montre la lune.

On n’a donc pas fini d’utiliser le mot « dette » même s’il est beaucoup plus facile de mobiliser l’opinion publique sur d’autres sujets bien plus subalternes. Un ancien président des États-Unis d’Amérique John Adams avait lucidement déclaré qu’ «Il y a deux façons de conquérir et d’asservir un pays. L’une est par l’épée. L’autre est par la dette. » Nous y sommes ! D’ailleurs le mal gagne la planète avec des sommes astronomiques toutes virtuelles qui fragilisent quasiment toutes les nations.

L’endettement mondial a progressé de 26.400 milliards de dollars au cours des trois premiers trimestres de 2025, pour atteindre le montant record de 346.000 milliards de dollars. Ce montant représente 310 % du PIB de la planète. La Chine et les États-Unis concentrent le plus gros des nouvelles dettes. Dans l’ensemble, les pays développés – dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni – ont ainsi emprunté pour 17.000 milliards de dollars entre début janvier et fin septembre.

Des signaux d’alarme résonnent actuellement sur l’endettement privé. Les pays du Nord de l’Union européenne, dont la Norvège et la Suède, sont prétendument les plus vertueux en matière d’endettement public. Ces derniers sont considérés comme des « fourmis » soucieuses de bien gérer leur budget contrairement aux pays du Sud, jugés trop dispendieux ; Le problème est ailleurs.

L’étude de la dette privée montre une tout autre réalité. L’économie au Nord est elle aussi stimulée par l’endettement, mais c’est l’endettement privé qui se substitue à l’endettement public. Or la dette privée est bien plus risquée que la dette publique.

Contrairement aux idées reçues, dette privée et dette publique confondues, la dette est bien moins importante en Italie et en Grèce qu’en Suède et en Norvège ! Le Japon se distingue par un haut niveau d’endettement total. Pourtant, puisque la majeure partie de sa dette publique est détenue par des institutions japonaises, les risques de défaut y sont moins importants qu’ailleurs. En France au total, les crédits aux particuliers atteignent 1 537 milliards d’euros à fin octobre 2025. Cette somme s’ajoute au montant de la dette publique et ne compte pas les entreprises. Allez tout ira mieux l’an prochain !

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Cette publication a un commentaire

  1. LAVIGNE Maria

    Heureusement, nous avons le Mozart de la finance…

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