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Temps de cochon pour le sanglier

Les dégâts causés par des hardes de sangliers de plus en plus nombreux dans les zones rurales ou désormais le secteur périurbain voire urbain dense augmentent sans arrêt. Clôtures défoncées, jardins ou récoltes dévastées ou accidents routiers appartiennent au quotidien de la vie collective. Bien évidemment comme le veut une tradition sociale bien établie, tant que l’on n’est pas victime de ces méfaits souvent nocturnes on n’a pas conscience de la situation réelle. Mieux de plus en plus de personnes insultent ou pestent contre les chasseurs qui organisent des battues légales souvent sur ordre des autorités préfectorales. Drôle de comportements même si inévitablement il existe une gêne provoquée par ces opérations de régulation délicates en raison de l’étalement ou la densification urbaines.

Un nouveau record de prélèvements de sangliers a été battu en France lors de la saison de chasse 2024/2025, selon le bilan établi par le réseau ongulés sauvages. Ce bilan qui vient d’être publié par l’OFB (Office Français de la Biodiversité) et la Fédération Nationale des Chasseurs révèle que 881 372 sangliers ont été prélevés en France pour la saison 2024/2025, ce qui représente une augmentation de 2,1% comparé à la saison précédente. Le rapport dévoile également que le nombre de prélèvements de sangliers, espèce responsable des dégâts agricoles, a doublé en France en 20 ans. Malgré ce constat la facture de l’indemnisation des dégâts agricoles payée par les seuls chasseurs atteint en moyenne 90 millions d’euros ces 4 dernières années !

Dans la semaine les chiffres sont affolants avec une présence d’animaux en quantité dans des zones indirectement extrêmement dangereuses pour les humains. La semaine dernière par arrêté du Préfet il a fallu débusquer une demi-douzaine de bêtes dont la plus grosse dépassait cent kilos à moins de dix mètres d’une voie rapide à quatre voies non protégées contre les intrusions animales sur laquelle les véhicules roulaient à 110 km/heure. Une tâche difficile en raison du contexte (circulation maintenue, maisons habitées, entrepôts ou usines…) qui a valu des critiques acerbes de conducteurs étonnés de voir des chasseurs postés pour les protéger sur la bande d’arrêt d’urgence.

Selon un écologue on estime que la population de sangliers pourrait compter aujourd’hui plus d’1 million d’individus. Autrefois, le sanglier était surtout présent dans l’espace forestier, mais aujourd’hui, on le retrouve dans tous les milieux : en bord de mer, en plaine, en montagne jusqu’à 3 500 mètres d’altitude, et bien sûr en milieu urbain, notamment en période de sécheresse, où il profite des parcs et jardins arrosés.

Le sanglier est un animal omnivore qui possède une très grande capacité d’adaptation. Il approche des domiciles et n’a absolument plus peur de la présence humaine. La presse narre souvent des intrusions impressionnantes de hardes aux abords immédiats des zones urbanisées.

Un nouveau danger se profile. En effet une enquête policière a débuté en Catalogne. Un virus hautement pathogène pour les sangliers et les porcs se serait échappé d’un laboratoire en Catalogne.5 Je suis certain que ça vous rappelle quelque chose!). C’est un scénario très inquiétant que les autorités de la communauté autonome espagnole envisagent depuis la découverte, le 28 novembre, de sangliers morts infectés par la peste porcine africaine (PPA).

Cette maladie est extrêmement mortelle pour les suidés domestiques et sauvages mais inoffensive pour les autres animaux et les humains. La maladie, représente une importante menace pour les élevages porcins de Catalogne et n’avait pas été vue dans le pays depuis 1994. La menace plane sur la France car ces « cochons sauvages » ne connaissent pas les frontières.

La zone rurale pyrénéenne se trouve déjà menacée pour ses bovins par la dermatose nodulaire avec les conséquences que l’on connaît. Il n’est pas très révélé que la propagation de cette maladie vient de transport nocturne d’animaux déplacés de zones infectées des Pyrénées orientales vers le département voisin de l’Ariège non soumis aux restrictions de vente. Bien évidemment cette responsabilité d’éleveurs ou de maquignons peu scrupuleux est gommée par d’autres aspects revendicatifs. Les fautes humaines sont souvent à l’origine des déboires des autres.

Il faut rappeler que les sangliers parcourent entre 20 et 40 kilomètres par jour s’ils sont dérangés et savent traverser aisément un fleuve comme la Garonne aux abords de Bordeaux s’ils le souhaitent. La suspicion sur les chasseurs eux-mêmes qui pratiqueraient l’agrainage ou des tirs sélectifs qui épargnent les laies reproductrices, élevages clandestins… Mais aussi des élevages légaux et des importations d’animaux depuis des pays étrangers pour les installer dans des chasses privées Des enclos pas toujours très… clos.

Les chasseurs invoquent bien entendu d’autres raisons pour expliquer cette profusion incontrôlée de sangliers (diminution du nombre de chasseurs, changement climatique, tempête de 1999, couvert végétal en expansion…). Mais c’est la France !

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    Sanglier, un sujet délicat. il y a quelque temps une battue administrative a été décidée par la préfecture à proximité d’une rocade très empruntée qui traverse un bois préservé en zone urbaine, près d’un quartier à haute densité de population. Parfois les automobilistes se font peur en se trouvant nez à museau avec un de ces animaux. Bien que la vitesse soit limitée à 70kmh, une rencontre avec une de ces bestioles peut provoquer de lourds dégâts. Pont de repère de la battue : le golf tout proche, menacé lui aussi et qui a été cité pour situer le lieu de l’action aux lecteurs de notre canard.
    Je ne vous parle pas des commentaires débiles des grands lecteurs, qui se contentent de déchiffrer le titre de l’article, à propos de la protection des golfeurs « bobos » et autres délires, en omettant de constater que cette action était une opération de salut public.

  2. François

    Bonjour Jean-Marie !
    Les sangliers ! Voilà un sujet qui peut enthousiasmer ou opposer un public … de connaisseurs ! ! Tout dépend de l’âge des oreilles.
    Les enfants vont s’extasier devant des marcassins rayés, quasi cadeaux de Noël comme un poisson rouge ou un lapin d’intérieur.
    Les ados et jeunes adultes y verront l’obstacle qui vient perturber leur sortie nocturne en cassant leur destrier métallique.
    Les chasseurs combleront leur tableau déficitaire en lièvres, faisans ou bécasses par ce gibier sorti de l’ère gauloise. Ils y trouveront la trame des récits qui alimentent la convivialité de ce sport.
    Non, J-M, je n’ai pas oublié une certaine catégorie du peuple de nos campagnes … qui pose le plus de problèmes face aux sangliers : ce sont tous les autres rouspéteurs par vocation avec leurs porteurs de drapeaux, les néo-ruraux.
    Outre leurs refus du chant du coq, de la cloche de l’église aux sonneries quotidiennes (bientôt, ils détesteront le minaret!) ou des engins agricoles parfois nocturnes, ces émigrés aigris de la ville sont agacés par les chasseurs (même prudents !) quand leur parcours codifié vient frôler leur demeure champêtre. Toutefois, quand le gazon est transformé en pelouse du stade de France un lendemain de France- All Black ou que les boutures de géranium sont pléthoriques sans oublier la catastrophe des poireaux bio, alors, là, les chasseurs sont invités à s’activer … en urgence ! C’est ça la France !
    Obélix, où es tu ? Je t’en supplie, reviens les calmer en te régalant !
    Amicalement

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