Un nouveau concept a récemment émergé dans le langage géopolitique : la guerre hybride ! Il s’agit de nouvelles stratégie utilisant des armes créées par les technologies émergentes que sont l’usage massif d’internet sous toutes ses formes et les drones dont on découvre chaque jour l’efficacité pour contourner les « parapluies » militaires n’ayant pas encore parfaitement prévu leurs intrusions. Si l’on ajoute des manipulations économiques de grande ampleur les entrées en « guerre » se situent désormais sur de nombreux terrains non envisagés.
Les « attaques » contre le systèmes informatiques fragilisés par le non-recours des institutions aux pare-feu indispensables pour des raisons d’incompétence ou de manque de moyens financiers se multiplient. Les cyberattaques atteignent des niveaux préoccupants. Les rançongiciel, sont le type de ces manipulations à distance aux conséquences les plus lourdes pour les entreprises et collectivités et les plus médiatisés. Pas moins de 18% des entreprises ont subi au moins une attaque par rançongiciel en 2021. 143 attaques majeures par « ransomware » ont été signalées aux autorités compétentes en 2023, contre 109 en 2022, soit une augmentation de 31% sur 1 an.
En 2023, les organisations les plus touchées étaient les TPE/PME/ETI (34% des attaques), les collectivités locales (24%) et les établissements de santé (10%). Le type de rançoncigiel le plus répandu est le chiffrement de tout ou partie des données (90% des cas). Le vol de données et le chantage à la divulgation est beaucoup moins répandu (10% des cas de ransomware).
Les exemples en France sont révélateurs de la faiblesse de certains systèmes. Les données personnelles de centaines de milliers de clients de Leroy Merlin ont par exemple été victimes d’une cyberattaque, a annoncé l’enseigne le 3 décembre dernier. Après France Travail, l’URSSAF, les Fédérations Françaises de Football ou de Tir ces dernières semaines, ce énième vol de données inquiète et interroge. Bien évidemment on cherche derrière ces pratiques des responsabilités à l’étranger. Les complotistes se frottent le cerveau et échafaudent des pistes qui ne sont pas toutes forcément erronées. Les Chinois directement, les Russes indirectement via des officines spécialisées et quelques autres nations réputées ennemies figurent alors sur la liste des coupables potentiels.
Un autre aspect de cette fameuse « guerre hybride » se niche dans les réseaux sociaux. Il est en effet incontestable que via des algorithmes parfaitement paramétrés les concepteurs de ces supports influent sur les opinions publiques. En Moldavie, en Roumanie, en France aussi et probablement dans quelques autres nations européennes, les grands « networks » sont capables de changer la donne politique.
Le nombre des utilisatrices ou utilisateurs sous influence ne cesse de grandir. Et ce n’est pas le déferlement de « l’intelligence » artificielle aggravera cette dépendance dont les conséquences sont très lourdes. La Chine et surtout les inféodés à la culture MAGA des USA pèsent donc sur l’avenir de ce qu’il reste de démocraties européennes. L’affrontement est sournois, silencieux, calculé et qu’on le veuille ou non non maîtrisables. Les sermons, les courbettes, les amendes, les lois ne changent guère la donne.
Le vrai problème c’est que cette toile d’araignée invisible n’est pas tissée nécessairement par les mêmes nations. La Russie n’y participe pas. Elle laisse volontiers cette imprégnation des esprits aux réseaux américains. Elle les utilise même pour diffuser ses messages indirects accentuant la pression sur des pays ciblés. Depuis quelques jours les déclarations de la mouvance du « Schtrump ami du Kremlin » accrédite l’idée d’une connivence objective pour taper sur l’Europe avec une prédilection pour le couple franco-allemand.
Abandonnant l’interventionnisme libéral, les USA viennent de publier leur nouvelle stratégie en matière de sécurité. Ils prônent une nouvelle doctrine en matière d’intervention militaire à l’étranger : ils ne chercheront plus à imposer des valeurs démocratiques (sic) « étrangères à l’histoire et aux traditions » d’autres pays (sic). Il y a cependant une exception : l’Europe. La bande du Schtrump versatile invente ouvertement l’interventionnisme civilisationnel après avoir déployé durant des décennies l’interventionnisme « économico-culturel ».
Dans le document diffusé ont trouve une description de l’avenir de l’UE qui va dans le sens de toutes les obsessions des populistes qui l’admirent. L’Europe sera « méconnaissable dans vingt ans ou moins », si les tendances actuelles se poursuivent. « [Son] déclin économique est éclipsé par la perspective réelle et plus abrupte d’un effacement civilisationnel. » Les symptômes énumérés ? La chute de la natalité, la perte des identités nationales, la répression des oppositions politiques (sic), la censure de la liberté d’expression (sic), « l’asphyxie réglementaire », et bien entendu, en premier lieu, l’immigration sont dénoncées et combattues.
Pour faire bonne mesure Elon Musk égratigné par l’amende de 120 millions d’euros infligée, vendredi, par la Commission européenne au réseau social X a fait plus fort en déclarant sur « SON » réseau social : « L’Union européenne (UE) devrait être abolie et la souveraineté rendue aux pays, afin que les gouvernements puissent mieux représenter leurs citoyens ». Une autre forme de guerre hybride non dénoncée par nos élites.
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» les drones dont on découvre chaque jour l’efficacité pour contourner les « parapluies » militaires n’ayant pas encore parfaitement prévu leurs intrusions. »
Je suis peut être trop complotiste ou pas assez naïf pour me laisser impressionner par ces histoires de drones.
Comme on peut le remarquer, malgré l’exhibition de tout notre arsenal anti drone personne n’a réussi à intercepter un de ces engins. De quoi d’ailleurs donner de rétrospectives sueurs froides à propos de la sécurité aérienne des jeux olympiques qui était assurée par ces engins apparemment aussi fiables qu’une ligne Maginot.
Ces engins (nouveaux OVNI) circulent de jour comme de nuit, toutes lumières allumées, et aucune pièce de DCA, aucune arme anti drone, aucun de nos vaillants pilotes de chasse n’ a été capable d’en intercepter un, ce qui permettrait d’identifier leur origine, autrement dit porter des accusations justifiées au lieu d’émettre d’invérifiables et hypothétiques suppositions à sens unique. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est étrange.
De deux choses l’une, ou bien la situation est inquiétante et nous ne sommes pas capables d’assurer la sécurité de notre espace aérien, ou bien on entretient une efficace psychose, et comme déclarait le Général, on nous prend pour des « billes ».
« L’Europe sera « méconnaissable dans vingt ans ou moins » voilà qui me laisse parfaitement indifférent car dans vingt ans ou moins, je n’aurai plus à me soucier de ces préoccupations terre à terre.
bonsoir,
“Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer.” Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais / Le Barbier de Séville.
Une petite vidéo pour rire de nos malheurs très relatifs https://yewtu.be/watch?v=AZK_ZzsuJNk
Amitiés ensoleillées.
Ch »ui d’accord avec JJ ces histoires de drones viennent à point nommé pour générer des angoisses bien utiles au gouvernement par la peur.