Ah ! Les conventions citoyennes ! Encore une qui va causer bien du souci au gouvernement provisoire pas encore parti en ballon vers ses vacances d’hiver. Chaque fois que cette instance de concertation a été mise en place le résultat est le même : que des emmerdements pour ceux qui sont habitués à gouverner en rond !
Celle pour le climat avait accumulé les vérités et les mesures urgentes alors elles ont été largement oubliées puis ignorées après que l’on est assuré qu’elles seraient mises en œuvre. Tu parles. Pour la fin de vie on en est au même point. Rien n’a avancé. Le gouvernement procrastine afin de ne pas choquer les institutions religieuses hostiles aux conclusions. Les citoyens sont bien quand ils approuvent ce que le pouvoir (quel qu’il soit) veut et qu’ils ne vont pas trop loin dans la contestation de l’ordre établi. Ils ne bercent d’illusions sur le pouvoir que l’on feint de leur donner face aux lobbies et organismes de pression de tous ordres.
La toute dernière consacré aux « rythmes de l’enfant » est de la même veine. Elle a remis sont rapport et c’est l’affolement au ministère de l’éducation. Pourvu que ce texte finisse au plus vite dans un tiroir de bureau. Voici que ces hurluberlus se sont mis en tête de faire le boulot et de vraiment secouer le cocotier géant du système éducatif. Mieux ces fadas qui n’ont parlé que de l’intérêt des gamins ou des adolescents n’ont… rien trouvé de mieux que de pondre la réforme Peillon qui a été enterrée dans 90 % des communes de France. Des malades vous dis-je !
Ainsi la mesure phare c’est hors écoles maternelles, le retour à la semaine de cinq jours complets de classe avec un début des cours à 9 heures dans le secondaire. Impensable quand partout les enseignants ont farouchement combattu pour un retour au quatre jours de travail intensif. Jamais une telle proposition verra le jour puisque les rythmes actuels ne tiennent compte que du confort des… adultes !
« Passer à une semaine d’enseignements sur cinq jours, du lundi au vendredi ; Alléger les journées en décalant l’heure de début des cours à 9 h pour les adolescents ; améliorer la qualité de la pause méridienne et l’allonger à une durée d’1h 30 » : ce sont des mesures souvent réclamées par les spécialistes mais qui hérissent le milieu des enseignants, des associations, des acteurs économiques et des élus locaux qui ont sabordé la réforme Peillon.
Or dans les propositions de ces doux dingues on trouve aussi l’établissement d’un « socle commun d’apprentissages élargi qui articule savoirs théoriques le matin et pratiques l’après-midi (pédagogie de projet, ateliers (obligatoires) portant sur la vie quotidienne, bricolage, cuisine, couture, gestion du budget, éducation à la citoyenneté, activités culturelles et sportives) ». Mais de quoi se mêlent ils ? Qui fera les emplois du temps ? Avec quelles personnes ? Reviendra-t-on à l’intervention associative dans les écoles, les collèges ou les lycées ? Que deviendront les professeurs de sport, pardon d’éducation physique qui ont d’ailleurs immédiatement crié au scandale car ils sont cités après le bricolage ? Qui financera les intervenants extérieurs éventuels ? La convention citoyenne n’a pas prévu que dans l’éducation dite nationale tout est d’abord un problème sans solution et capote donc très vite.
Elle a même envisagé d’« ouvrir les espaces et équipements des établissements scolaires, à l’exception des salles de classe, à travers un accord cadre de mutualisation des locaux ». Elle a inventé l’eau chaude car ces processus existent déjà. Dans les rythmes Peillon, les ateliers de l’après-midi se déroulaient sous l’égide de la municipalité dans les écoles . Des centres de loisirs y sont actuellement installés. La cohabitation est en effet possible au titre de l’article L. 212-15 du Code de l’Éducation, le maire peut autoriser l’organisation d’activités annexes dans l’enceinte de locaux scolaires en dehors du temps d’enseignement. Ca vivote.
La Convention souhaite aussi un regroupement des vacances de février et de Pâques sur deux zones, contre trois actuellement, avec une semaine partagée permettant « à tout le territoire d’avoir des vacances en commun en particulier les enfants de familles séparées habitant des zones différentes ». Ceci afin de se rapprocher d’une « alternance de sept semaines de cours, deux semaines de vacances (…) préconisée par les chronobiologistes ». Ce n’est pas gagné !
Le ministère du Tourisme spécialisé dans le rythme de vie de l’enfant s’est enfin illico déclaré « franchement défavorable » à cette proposition. « Alors que le tourisme est un secteur qui va bien ce n’est pas le moment de fragiliser tout ça » a ajouté les fonctionnaires chargés de causer pour lui. Les syndicats monteront au créneau dans la semaine contre « une ggravation de leur temps de travail ». Les parents qui peuvent prendre des vacances dans cette période, verront dans cette adaptation du calendrier une réduction de leur liberté. L’église protestera contre l’absence de temps pour le catéchisme. Les transporteurs contre l’impossibilité après 9 heures de réutiliser les cars de ramassage.
Bref la convention citoyenne ne résistera pas à la fin de l’année actuelle. Le ministre actuel de d’éducation aura plié bagage et son successeur jouera la montre laissant la décision traîner jusqu’à l’élection présidentielle et donc aux calendes grecques. Dommage car ces 133 citoyens de tous les âges, de toutes les origines et de toutes les opinions ont souligné que les « rythmes scolaires (actuels) sont inadaptés aux rythmes biologiques des enfants » et que les enfants subissant « un modèle de société valorisant la productivité et la performance », avec des temps libres « de plus en plus rares » et une omniprésence des écrans aux « conséquences majeures sur leur santé, leurs apprentissages, leur développement »? Ils sont fous ces citoyens.
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Ces conventions citoyennes qui sont animées et organisées par des gens qui « y croient » se sont jusqu’à présent conclues puis enterrées comme de vulgaires comités Théodule.
Mais ça fait bien dans le tableau : on consulte les citoyens, la France profonde …et toute cette bonne volonté passe à la trappe.
Les projets, ambitieux et novateurs doivent passer au crible des technocrates : « Mais vous n’y pensez pas mon bon monsieur, c’est contraire aux instructions. »
« Vous ne comprenez pas le bon sens de l’administration ». (authentique…je l’ai entendu « de auditu »)
Il y a longtemps que l’on n’est plus dupe, et à vrai dire, je n’y ai vraiment jamais cru.
Faire travailler les enseignants le mercredi!!!
Vous n’y pensez pas!Faire la queue aux remontés mécaniques en février!Quel calvaire…pour ceux qui ont la chance de pouvoir skier dans les chères station des Alpes, car les Pyrénées c’est bientôt fini!
Ensuite perdre une semaine de location,comment vont-ils finir leur fin de mois ces pauvres propriétaires??
Combien d’enfants ne partent pas en vacances?? Ces mêmes enfants censés faire rayonner notre beau pays demain, quels savoirs pourront-ils mettre en application?
Ces technocrates qu’évoque JJ n’ont aucun problème semble-t-il avec leurs enfants, mais surtout ce qui les intéresse au plus haut point, c’est leur avenir à eux,! LE POUVOIR!