Depuis que mes souvenirs sont entrés dans les tiroirs de ma mémoire l’un d’eux déborde des cérémonies du 11 novembre. Au fond, parmi les clichés qu’il me reste, je trouve ceux de mon enfance dans ce village de Sadirac où la Grande Guerre était partout. Le Maire, le Curé, l’Instituteur avaient tous trois à des degrés divers été des blessés de cette effroyable boucherie humaine.
Le premier était monté plus d’une dizaine de fois à l’assaut à Verdun jusqu’au jour où il avait été sauvé par son casque qui avait freiné un éclat d’obus. Le prêtre avait été envoyé dans l’enfer des Dardanelles pour soigner la pneumonie qu’il avait atteint dans les tranchées. Blessé par une grenade ayant sérieusement touché son pied et sa jambe le maître d’école avait été rapatrié du Front vers l’hôpital de Biarritz où il avait eu le bonheur de rencontrer une infirmière qui était devenue sa femme.
Ils étaient nombreux ces hommes qui venaient bardés de médailles dont j’ignorais la signification se poster devant le monument aux morts. C’étaient ces noms gravés dans la pierre qui comptaient. Ceux qui étaient porteurs de la mention « morts pour la France ». Les autres ayant échappé à ce triste sort me plongeaient dans le doute. Je ne compris que très tard qu’ils expiaient en fait la « chance » qu’ils aveint eue. Tout le village respirait la guerre 14-18 entre les veuves en noir et les mutilés, entre les démonstratifs et les repliés dans le silence de leurs images des tranchées ; entre les glorieux et les traumatisés.
Aussi longtemps que je me souvienne, je me suis retrouvé devant le Monument aux Morts de Sadirac soit parce que notre instituteur nous invitait fermement à nous retrouver à ses cotés pour commémorer l’Armistice, soit parce que j’accompagnais mon père, employé plus que polyvalent de la commune, préposé à l’organisation de la cérémonie. Durant plus de trente ans il n’en a manqué aucune et, avec mon frère nous suivions car c’était un jour de fête. Aussi bizarrement que cela puisse paraître je ne mesurais pas la dimension mémorielle de l’évènement. Pourtant dans la famille mon arrière grand-père avait son nom sur la grande plaque au-dessus de celui du frère de mon arrière-grand-mère et du frère de mon grand-père. Trois morts dont on ne parlait guère dans la famille.
Ce jour de commémoration si le premier magistrat communal s’impliquait avec ferveur et un sincérité absolue dans ces retrouvailles de la mémoire, l’instituteur et le curé n’y participaient pas ou que de loin. Ce qui me frappe avec le recul ce sont ces absences des vrais acteurs sadiracais de la Guerre, à ce moment de recueillement comme si les « survivants » avaient de la souffrance à se présenter devant une plaque de marbre ou un socle de statue allégorique, où figuraient des noms de morts qu’ils connaissaient.
Je n’ai par exemple jamais vu mon grand-père Antoine dit Abel, se rendre à cette commémoration. A 18 ans et quelques mois, capturé dans une offensive allemande il avait terminé la Guerre dans une mine de sel de Silésie. Il en était devenu profondément pacifiste et il n’a pas raconté une seule fois, la réalité de sa participation à ce conflit dévoreur d’hommes jeunes et vigoureux. Celui qui aurait dû être son beau-père avait en effet, été tué dans la nuit de Noël 1914 et il avait passé toute sa vie ou presque avec sa belle-mère veuve de guerre comme si la Guerre ne l’avait jamais quitté.
N’empêche qu’il n’a jamais fait une seule remarque sur notre participation en tant que gamins avec mon frère à ces 11 novembre. Il nous laissait libres de nous construire notre vision de ce conflit inhumain qui ne transparaît pourtant pas autrement que dans les mots des discours. Il haïssait par contre tout ce qui avait un caractère officiel et a toujours refusé d’adhérer à une quelconque association d’anciens combattants. Il a donc introduit le doute dans mon esprit et j’avoue avoir eu des « manques » durant mon adolescence… mais sa souffrance de « revenu » du Front a fini par me toucher, me blesser, me complexer.
Deux « objets » m’ont ramené à la dure réalité d’un monde traversé par l’effroyable folie des Hommes de pouvoir. L’un est une lettre écrite d’une plume appliquée, émouvante de simplicité et d’affection, par ma grand-mère Germaine âgée de 10 ans, pour souhaiter une bonne année 1915 à sa mère Anita sans savoir que son père était porté disparu (il le restera durant près une décennie). L’autre reste la savonnette utilisée dans les mines de sel par mon grand-père, seul vestige de sa guerre, que je conserve comme un relique de Saint dans une boite.Le reste m’importe peu comme pour lui. Je m’accroche à ces deux symboles banals mais tellement précieux de ce qu’a été ce premier conflit mondial. Ils sont devenus dans le fond mes « monuments » aux morts.
Comme instituteur puis comme élu j’ai compris, par la suite, la nécessité de formaliser un hommage pour qu’il dure dans le temps. Mon grand-père Abel n’est plus là mais j’ai en moi son message silencieux mais tellement prégnant pour moi chaque fis que je suis devant un Monument. Il aurait souri ou plus sûrement il se serait mis en colère s’il avait entendu parler de « guerre » à propos de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Le mot est galvaudé.
Les fumigènes, les vociférations, les réunions ostentatoires, les slogans m’insupportent. Les discours délivrés par désormais l’intelligence artificielle, les propos officiels me dépriment. Mais pour moi le pire reste l’indifférence, celle qui résulte de l’endormissement des consciences. Les Monuments pas d’autre l’utilité que se réveiller quelques consciences…chaque fois que j’en vois un je lis la liste de ceux qui ont payé de leur vie le tribut à la folie de ceux pour qui ils se sont battus !
En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Ce qui me choque le plus, actuellement, ce sont les complaisants reportages-marronniers où l’on interviouve des couples avec enfants, partis se prélasser au bord de l’océan, et sans aucune bienséance, arguant de l’aubaine de ce ouiquende prolongé(illégalement pour les enfants !). Pourquoi ces gens ont-ils droit à ce jour de congé ? Aucune idée, et on s’en fout. Indécent !
De surcroit on ne rentrera pas lundi, les enfants n’iront pas à l’école, c’est sans importance, et dans quelque temps on entendra les mêmes critiquer les enseignants toujours en vacances, ou en arrêt de maladie abusifs, forcément.
Je me souviens des 11 novembre en campagne, où à la tête de mon petit contingent j’avais la charge et la fierté d’honorer nos ancêtres. Peu d’élèves manquaient à l’appel et certains se faisaient un devoir d’apporter quelques fleurs, rares en la saison. Les enfants chantaient la Mareillaise, ou l’un d’eux récitait un poème de circonstance. Parfois la cérémonie était suivie, pour remercier les enfants du partage d’un gâteau, ou d’un « vin d’honneur » pour les grandes personnes, mêlant harmonieusement les générations. En ville, une délégation des enfants de chaque école était présente à une cérémonie moins intime. Ce genre de manifestations ont-elles toujours cours ?
Qui dans sa famille n’a pas un, voire plusieurs parents qui furent victimes de cette horreur, morts, blessés, prisonniers, disparus, estropiés à vie ?
J’ai retrouvé les fiches (France Archives Archives du service militaire) les fiches matricule de mes grands oncles, du grand père de mon épouse. Mon grand père , dans la « territoriale » n’avait pas de fiche, ce qui ne l’a pas empêché de mourir en service de la grippe espagnole au début de novembre 1918.
Le monument aux morts qui pour moi est le plus digne de rendre hommage à tous ces martyrs, le plus poignant aussi, c’est celui de Gentioux et de quelques autres dans le même esprit(il en existe d’ailleurs un inventaire sur Wikipédia).
Bonjour @ J.J. !
« à la tête de mon petit contingent » … » Peu d’élèves manquaient à l’appel et certains se faisaient un devoir d’apporter quelques fleurs »
Voilà une image qui embrume mon regard de quasi octogénaire en remontant des souvenirs d’enfance !
Le « régiment » était composé de 4 « compagnies » portant des fleurs maternellement assemblées par des mémés habillées de noir. Les drapeaux et le conseil municipal le rejoignaient. Avec une Marseillaise à capella, le monument se retrouvait alors recouvert d’une couronne multicolore … reconnaissante aux 17 noms psalmodiés!
Maintenant, une gerbe bardée d’un ruban tricolore, parfois déposée en catimini, semble abandonnée sur la stèle froide ! Pauvre mémoire ! Ne nous étonnons pas des élucubrations « cassantes » de ces soi-disant français actuels. Le puzzle se démolit.
« Ce genre de manifestations ont-elles toujours cours ? »
À ma grande surprise, lors du dernier 8 Mai, une institutrice, pardon, professeur des écoles, a renoué avec la tradition ! Une classe sur 7 du RPI: croisons les doigts et espérons que la photocopieuse à réveiller les consciences. On verra demain !
Amicalement.
erratum: … que la photocopieuse a réveillé les consciences : j’ai essayé le blanco mais échec ! ! !
En tant qu’enseignante j’ai toujours eu à cœur d’expliquer le 11 novembre, de les accompagner aux commémorations. Je me souviens dans mes débuts, j’ai fait venir un « ancien poilu » dans la classe qui racontait son 11 novembre mais aussi « sa guerre ». Il n’y a plus d’écoliers au monument aux morts, le 11 novembre est devenu un jour de vacances! Devant le monument aux morts de Saint Pierre d’Aurillac il y a une reproduction de la colombe de la Paix, un beau symbole hélas ce n’est qu’un symbole!
Bonjour Jean-Marie.
Dans ta description, je retrouve des traits communs avec mon grand-père qui, lui aussi, a refusé toutes les décorations et fui toutes les commémorations.
Je l’ai très peu entendu parler de la guerre, alors qu’il avait devancé l’appel en 1913, avait été engagé dans tous les endroits les plus durs, avec le régiment des Basques, à Verdun, au Chemin des Dames, et ayant fini gazé très peu de temps avant l’armistice. Ça lui a valu de longs séjours en sanatorium, en cure à La Bourboule, et je l’ai vu cracher ses poumons jusqu’à la fin de sa vie (à 90 ans quand même).
Ce qui m’a surtout marqué c’est de l’avoir vu, sur ses quelques photos de régiment, égrainer le triste destin de ses cooains : lui a été à tué à tel endroit, lui, a eu la tête emporté, lui etc. Plusieurs fois, le sort avait qu’il était parmi la poignée de survivants quand tous les autres avaient été tués ou blessés.
Une fois je l’ai entendu raconter qu’il avait remonté tout le pays à pied jusqu’au front, qu’il n’avait jamais courru aussi vite que lors de la retraite de Charleroi en portant à moitié un copain.
Dans la période sensible de 1917, il avait eu la mauvaise idée de prendre la défense d’un copain face un officier subalterne. Heureusement, ça ne lui a valu que de redevenir simple soldat au lieu de 1ère classe et sûrement un certain nombre de jours de cabane.
Comme toi, Jean-Marie, je ne quitte jamais le monument aux morts d’un village, sans avoir lu tous les noms, du premier au dernier. Au delà de la triste litanie, on y apprend des tas de choses sur les fratries, les populations locales…
J’ajouterais que je crois pouvoir dire, bien qu’il ne l’ait jamais avoué franchement, que cette guerre a aussi valu à mon grand-père de faire des cauchemars jusqu’à la fin de sa vie…
Philippe Labansat @ C’est hélas une séquelle qu’ont connus beaucoup d’anciens « poilus ». Un jour, visitant la maison qu’un cousin venait de louer, celui-ci m’a montré dans la cave, enterré dans le sol, un abri que l’ancien occupant des lieux avait aménagé pour venir se réfugier les jours d’orage afin de ne pas entendre le tonnerre qui lui rappelait tragiquement les bombardements d’artillerie.
Salut et Fraternité.
Actuellement vous pouvez vous rendre aux archives départementales pour consulter les archives de la « Grande Collecte » de la guerre 14-18 ou sur le site https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/bd6d2f48446add03a6d765edd51927be9f69eace/.
J’avais déposé en novembre 2018 les documents concernant mon grand-père,livret militaire,photos et courrier afin de les numériser.C’est très émouvant de lire tous ces témoignages et comme vous je ne peux pas passer près d’un monument aux morts sans dénombrer ceux, quelque fois plusieurs frères,qui ont laissé leur vie pour la France,.
Bonjour @ JJM !
« je ne peux pas passer près d’un monument aux morts sans dénombrer ceux, quelque fois plusieurs frères, qui ont laissé leur vie pour la France,. » .
Belle … et citoyenne attention qui démontre la reconnaissance et la solidité des racines bien accrochées à l’idée de Nation.
Félicitations à vous et à celles et ceux qui se reconnaitront.
Fraternité
Bonjour
sur le monument de Château-Arnoux, on retrouve l’inscription pacifiste « Pax, Vox Populi », titre du poème du maire Victorin Maurel gravé sur le monument. Ce monument représente un homme qui brise son glaive sur son genou, derrière lui une femme pleure. Au sommet, un globe terrestre est entouré d’un rameau.
« PAX… VOX POPULI
Passant incline-toi devant ce monument !…
Vois cette femme en deuil montrant les hécatombes
Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes
Où dorment tant de preux, victimes du moment !…
Ils firent ces héros le solennel serment
De fermer à jamais les noires catacombes
Arrière, disent-ils, les obus et les bombes
Et sois bénie, ô paix, sœur du désarmement !…
Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !…
Elle clame à son fils : « la gloire est bien amère
La gloire, ô mon enfant, est là, chez nos grands morts
Mais, sache désormais, que la guerre est un crime
Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,
Ceux qui firent sombrer les peuples dans l’abîme. »
— Victorin Maurel, maire de Château-Arnoux (1868-1935), instituteur
A Mazaugues 83 le monument porte l’inscription « L’Union des Travailleurs fera la paix dans le monde / L’Humanité est maudite si, pour faire preuve de courage, elle est condamnée à tuer éternellement ». La première citation est de Karl Marx, qu’Anatole France citait souvent, et la deuxième est de Jean Jaurès.
A Commentry 03: le monument aux morts a été réalisé par le sculpteur Félix-Alexandre Desruelles. Il représente un paysan découvrant dans son champ, la tombe d’un soldat. L’homme se recueille, appuyé sur une faux. Il est inscrit sur le monument « La ville de Commentry à ses enfants victimes de la guerre ». Ce monument peut être considéré comme un monument aux morts pacifiste.
Tout comme à Saint-Martin-d’Estréaux 42 : Le monument aux morts comporte trois panneaux avec une colonne. Une liste présente les morts de la guerre avec leur photo. Au milieu de ces noms, une pleureuse a été sculptée en bas-relief. Sur l’autre face du monument, trois panneaux résolument pacifistes. Un panneau affirme : « Si vis pacem, para pacem », soit « si tu veux la paix, prépare la paix ». Un second panneau se termine par « Maudite soit la guerre et ses auteurs ». Le troisième panneau dresse un bilan de la guerre, en détaillant les morts (12 millions) et les souffrances des peuples. Enfin avec l’inscription : « les Innocents au poteau d’exécution », il y est dénoncé le drame des soldats fusillés pour l’exemple. Afin de respecter le deuil des familles et celui de la patrie, le monument ne fut inauguré qu’en 1947. Ce texte fut l’objet, dans les années 1930, de dégradations dont furent accusés les membres de l’Action française.
Voila un petit tour au milieu de ces témoignages de pierre dont la plus grande partie sont consacrés à la gloire des morts et quelques autres les cris pacifistes contestés par les réacs galonnés ou pas. Sans oublier le très sobre monument de Riom. Là le monument aux morts est dédié à la mémoire des poilus fusillés pour l’exemple. À l’aube du 4 décembre 1914, six soldats furent passés par les armes pour avoir simplement exécuté, sur ordre de leurs chefs, un repli tactique, qui avait permis d’économiser des vies humaines, sans faciliter l’avance des troupes allemandes. C’est aux six martyrs de Vingré et à ceux de Flirey, Fleury, Fontenoy, Montauville et Souain qu’est dédié le monument de Riom. Situé à proximité du carré militaire au sein du cimetière des Charmettes, il est inauguré le 11 novembre 1922. Il est inscrit sur le monument : « Aux victimes innocentes des conseils de guerre 1914 – 1918 et à celles de la Milice et de la Gestapo 1939 – 1944 ». Le monument est simple, de type obélisque, avec des inscriptions gravées en lettre d’or, mais sans aucun élément décoratif.
Bonne journée
Longtemps j’ai essayé enfant que papi Abel me raconte ; J’avais les devoirs sur la guerre mondiale et j’avais envie qu’il raconte ; Il trouvait toujours une astuce pour divertir la pensée vers une autre voie. Il était comme mes grands pères qui avaient du mal à raconter leur guerre celle d’après. En revanche mes arrières grands mères racontaient en évoquant cette période de la douleur de la perte ou de celle de l’attente infernale mais aussi leur résistance leur combat qui amèneraient leur liberté un jour.
Un jour que je n’oublierai jamais car c’est la dernière fois que j’ai pris sa main dans mienne papi a juste lâché : « tu sais mourir c’est pas le plus difficile le plus dur c’est de vivre » . Sur le moment je n’ai pas compris j’avais 11 ans. Cette phrase énigmatique je sais maintenant que dans ses yeux il y avait les souvenirs de ces blessures dont celle de la culpabilité d’être revenu. Aujourd’hui je mesure le poids de ses mots.
Ce savon de prisonnier il était dans un bout de chiffon beige au fond du tiroir du buffet dans le chai. Il me l’avait prêté pour un exposé en CM2 pour un travail collectif avec la classe. Nous avions été interviewer les anciens sur la grande guerre. Moi j’étais fière de montrer à mes camarades ce bout de savon qui était si dur et sans mousse … j’étais fière d’avoir amené les créations des soldats qui avec les douilles d’obus faisaient des vases et des dessous de plat que mon arrière grand mère avait gardé précieusement de cette époque ou Pepere etait crapouillot.
Demain je serais aux monuments au morts en Ariege car trop loin de Sadirac ou Creon. Je crois que comme à chaque fois j’aurais des larmes dans les yeux…. Chaque fois que la memoire perdure il reste l’espoir que l’Humanite finisse par se souvenir de la folie des guerres. C’est sans doute dérisoire mais je m’y accroche comme lorsque j’avais 10 ans et que je glissais ma main dans celle de papi pour aller voir les mésanges de Sadirac.