Il est très difficile de lutter contre le tsunami des critiques formulées contre les mesures gouvernementales. Le déferlement des entrepreneurs putativement spoliés, les vagues d’experts démolissant les tentatives d’introduction d’autres approches du comblement du déficit de l’État, des sondages promettant de culpabiliser toutes celles et tous ceux qui tentent de demeurer fidèle au triptyque républicain.
C’est un véritable rouleau compresseur médiatique qui roule sur les oppositions, terrorisant les députés du socle n’ayant plus rien de commun et plongeant dans la tourmente LR et les socialistes. Impossible de résister à un étau qui se resserre : le budget d’austérité ciblée reviendra tôt ou tard sur le devant de la scène.
Le débat sur la Sécurité sociale aussi fondamental que celui de l’État dans le contexte actuel est occulté par des considérations ressassées sur les mesures modificatives adoptées pour instaurer une impossible justice fiscale. En fait encore une fois la médiatisation portera sur l’âge de départ à la retraite avec d’interminables querelles alors que les propositions contenues dans le texte sur la « santé » sont révélatrices de la vraie politique gouvernementale. Toutes cumulées toucheront évidemment les catégories les plus fragiles ou les plus exposées de la société mais comme elles sont dans l’impossibilité de protester elles seront écrasées sans pitié.
La branche maladie a été conçue pour permettre une « égalité » d’accès aux soins. Inexorablement ce principe s’étiole et disparaît sous la pression des « dépassements d’honoraires » et la privatisation croissante des actes médicaux. Le service public lutte de toutes ses forces pour répondre aux défis du vieillissement de la population mais il est à la merci du moindre phénomène exceptionnel.
Tous les jours des services ferment faute de personnel ou de moyens financiers. Des territoires se vident des professionnels essentiels que sont les médecins généralistes et certains spécialistes n’existent plus. Le bricolage ou plutôt le rafistolage ayant été mis en œuvre depuis quelques années ne changeront rien à moyen et même à long terme.
L’ennemi est devenu le malade. S’il parvient à se soigner il devient suspect d’abus en tous genres. Alors quel que soit ses revenus il doit être mis à contribution non pas pour améliorer le système mais pour maintenir les ressources de ceux qui en vivent. L’exécutif a décidée d’instaurer un doublement des montants des franchises médicales (les sommes qui restent à la charge des patients sur les boîtes de médicaments) et des participations forfaitaires (le reste à charge des consultations médicales).
Ces dispositifs seraient également étendus aux rendez-vous chez le chirurgien-dentiste, et aux produits médicaux comme les lunettes, les béquilles et les pansements — des domaines qui en étaient jusqu’ici exemptés. Mieux les plafonds annuels de ce que l’on appelle les franchises devraient être doublés (50 à 100 euros). La petite musique de « ce n’est pas grand chose » jouée par les gens qui ne comptent pas doit être rapprochée du nombre de 5,4 millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 9,8 millions si l’on utilise le seuil de 60 % ! Ils se soigneront de moins en moins ou tenteront leur chance en cas de situation critique aux urgences…
C’est une augmentation d’une taxe indirecte sur le malade. Il faut « responsabiliser le malade » lancent dans des déclarations moralisatrices les défenseurs de ces mesures pénalisant les malades. Le seul vrai problème c’est de savoir qui prescrit les médicaments, les examens médicaux, les arrêts de travail, les bons de transport. Est-ce le patient ? Au nom de quel principe républicain serait-il pénalisé par des décisions sur lesquelles il n’a aucune influence et que le praticien estime indispensables à sa guérison ? En revanche quid des bénéfices des laboratoires pharmaceutiques et de leurs actionnaires ? Durant la crise Covid ils ont été arrosés comme les autres par le « quoi qu’il en coûte « mais c’est oublié.
En résume le contenu du budget de la branche maladie de la Sécurité sociale conduira à accroissement assumé des inégalités sociales de santé qui retardent les prises en charge médicales des patients ayant de faibles revenus et coûtent finalement plus cher que l’économie visée de 2,3 milliards d’euros. Une analyse sereine et objective inefficace amène à d’autres propositions comme l’encadrement des prescriptions et l’adoption d’une politique de prévention volontariste.
négocier par exemple les coûts exorbitants des traitements contre le cancer imposés par les laboratoires pharmaceutiques Le plus facile a toujours été de taper sur les plus faibles en sachant qu’ils ont du mal à se rebeller. Le retraité malade avec une retraite en dessous du seuil de pauvreté est une proie facile.
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« Inexorablement ce principe s’étiole et disparaît sous la pression des « dépassements d’honoraires » et la privatisation croissante des actes médicaux. »
Illustration de cette déclaration : l’an passé j’ai dû me faire opérer de la cataracte(une fantaisie de « vieux »).
Dépassement pour chaque œil : 200€ +100€ anesthésie = 200+200+100+100= 600 € sans compter les visites chez les ophtalmos et le changement de lunettes. Il paraît qu’il y a un forfait 100% prise en charge, mais les marchands de lunettes ne connaissent pas, c’est pas encore arrivé chez eux.
Cette année c’est mon épouse qui y passe : 250€+250€+110€+110€+65€ ? (sans explication ni document explicatif) = 785 €
Soit une augmentation illégale de 185 € sans vraiment un grand rapport avec l’indexation des pensions.
D’après nos brillants économistes chevronnés relayés par les médias, l’inflation serait jugulée.
Bien d’ accord avec JJ, tout le monde veut se gaver , médecins , opticiens , pharmaciens , kinés, etc…
Le couillon en bout de chaine paie pour tout ça .
La France ,ce pays si généreux pour le monde entier, à crédit bien sur, et en taxant toujours plus .
Un exemple supplémentaire ,
https://participationcitoyenne.ccomptes.fr/processes/consultation-2025/f/79/proposals/2913
Cordialement.