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La chasse aux fonctionnaires organisée et décuplée aux USA

Les USA se retrouvent dans une situation budgétaire particulière qui mérité que l’on s’y intéresse. En effet les deux entités politiques étant dans l’incapacité de se mettre d’accord sur le financement du gouvernement fédéral et ses fonctionnaires, ces derniers ne sont plus payés. Juste après minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis sont paralysés après l’échec d’un ultime vote au Sénat. Cette situation ne s’était pas produite depuis décembre 2018 et il faudra probablement plusieurs semaines avant qu’un accord soit trouvé. Cette carence des crédits permettant de payer les salariés de l’État peut être analysée de deux manières.

L’aune découle de la courte majorité dont dispose les Républicains ; Il faut en effet selon le règlement du Sénat 60 voix sur 100, nécessitant donc sept voix d’élus démocrates pour que . fait qu’un texte budgétaire soit considéré comme adopté. Insultés, méprisés les Démocrates refusent de plier et de s’incliner devant les ukases du Schtrump vengeur. Une entrevue à la Maison Blanche n’a rien arrangé. Les Démocrates résistent. Il y a eu un précédent.

Depuis 1976, année du tout premier shutdown, les États-Unis en ont en effet connu 22, dont le plus long sous la première présidence Trump : 35 jours entre décembre 2018 et janvier 2019 À l’époque, le président républicain exigeait 5,7 milliards de dollars pour construire son mur à la frontière mexicaine. Les démocrates avaient refusé net. Les fonctionnaires étaient restés chez eux djurant plus d’un mois sans être payés. Quand on sait combien les États-uniens sont endettés et vivent à crédit un tel laps de temps les avaient mis à genoux.

Une autre perspective se dessine. Les MAGA se décharnent en reportant la responsabilité du non-versement des salaires sur les Démocrates qui refusent de plier devant des propositions extravagantes et destructrices des républicains. En fait un dote subsiste donc sur la volonté réelle des Trumpistes de négocier. Leur mentor a d’ailleurs effectué une déclaration qui introduit le doute :  «beaucoup de bonnes choses peuvent ressortir des “shutdowns”, on peut se débarrasser de beaucoup de choses dont nous ne voulons pas, et ce seraient des choses démocrates». Des licenciements massifs se profilent.

Comme il méprise totalement l’État de droit le Président envisage de licencier à gogo sous prétexte qu’il ne peut pas payer les responsables de services qui ne correspondent pas à sa vision de libéral-populiste. Ce sont en effet les gardiens des parcs nationaux. On connaît ses positions sur la protection de la biodiversité.. Les personnels des principaux musées de Washington qu’il souhaite fermer ou restreindre car leur contenu ne convient pas aux réactionnaires culturels qui le suivent. Le versement de nombreuses aides sociales est suspendu ou fortement retardé, ce qui n’est pas fait pour lui déplaire. Le fisc américain, cesse de traiter les déclarations et c’est donc le paradis pour les profiteurs en tous genres. Le « shutdown » risque donc de durer.

Un autre calcul pervers a été élaboré. Ces foutus fonctionnaires qui empêchent MAGA de tout détruite ou noyauter ne tiendront pas longtemps avec une absence de salaire. Des démissions seront inévitables pour se tourner vers d’autres métiers afin de faire face aux besoins des familles. Les banques impitoyables aux USA appuieront très vite sur le bouton « expulsion » et « saisie ». D’autres catégories sont mal en point. Elles continuent à travailler sans salaire mais ont l’assurance de le recevoir à la fin du « shutdown ». Ils ont ainsi l’opportunité de prendre des crédits. L’armée, les contrôleurs aériens, les agents de la TSA (sécurité aéroportuaire), les gardiens de prison, les travailleurs médicaux ou encore les gardes-frontières se retrouvent dans cette situation peu enviable.

La France ne saurait se retrouver dans un tel contexte. En effet tant que le budget 2026 n’est pas voté ce sont les crédits de celui de 2025 qui s’appliquerait. Le déficit continuerait de se creuser et les mesures envisagées repoussées à plus tard. Les « ordonnances » pallierait ces déboires éventuels. Il n’y aura pas de « shutdown » à la française. La tutelle du FMI serait alors inévitable. Aux USA le baromètre de l’impact réside dans les réactions de la Bourse. Une inflation qui grimpe. Une consommation intérieure qui patine. Des exportations qui coincent. Les prochains mois ne s’annoncent pas très « roses » pour l’oncle Sam. Chez nous ce ne sera pas mieux.

Des deux cotés de l’Atlantique il n’y a aucune volonté de compromis. Tout va se jouer à l’usure. Les Démocrates défendent le système de santé mis en place sous Obama que leurs adversaires suppriment. Chez nous aussi tous les services publics (santé, éducation, justice…) sont aux abois. La solidarité nationale s’effrite avant de s’effondrer. Nous avons seulement quelques mois de retard sur les Américains.

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Cette publication a un commentaire

  1. faconjf

    Bonjour,
    Tout ça va mal finir, Borloo le dit à sa manière dans un constat à la Prévert citant pêle-mêle le déficit de la France qui atteindra bientôt 200 milliards /an, l’état du logement des hôpitaux, des universités et « L’État de la jeunesse dramatique, 400 000 jeunes à l’ASE, 150 000 à la PJJ, 1.5 millions aux pieds des immeubles, du gibier pour tous les dingues du monde » !
    L’ancien ministre soutien inconditionnel de la Mac-Ronnie attribue tous ces malheurs à l’émiettement des pouvoirs dans notre pays déclarant «On est dans un système fou, complètement émietté, l’État lui-même ne sait plus où sont les 2 400 milliards d’immobilier public».
    Borloo est-il défaitiste et bien non car il ajoute «C’est rassurant, car nos marges de manœuvre sont considérables», décrypte Jean-Louis Borloo, pour qui cette désorganisation coûte 160 milliards d’euros. Donc bien plus que les 40 milliards recherchés dans le cadre du budget présenté par François Bayrou cet été. Mais tant que le pays sera «inefficace», constate le fondateur de l’UDI, rien ne fonctionnera. «Il faut qu’on réorganise le pays», martèle-t-il.
    Tout cela rappelle furieusement que Borloo n’est pas un lapin de 3 semaines et que l’émiettement n’est pas une opération qui date d’hier.
    De mon point de vue, ce qui n’engage que moi, tout cela a été mis en place pour dissimuler la corruption qui ronge notre pas de l’intérieur. Borloo considère qu’il existe deux modes de gouvernance : l’un «où c’est centralisé», l’autre «où c’est fédéral». Et pourtant, en France, «on est dans un système hybridé».
    En fait dans un système comme dans l’autre, centralisé ou fédéral, la corruption est cumulée donc facilement identifiable par son volume, ce qui n’est pas le cas du système  » hybridé » où la corruption est diluée dans le brouillard de la complexité.
    Je vous fiche mon billet que RIEN ne changera! Trop de petits marquis font leur beurre de ce système pour détruire la mine d’or.
    la vidéo ici:
    https://twitter.com/i/status/1973075969167569008
    Bonne journée

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