La loi sur le droit à finir dans la dignité tarde à se mettre en place. En fait François Ier de Navarre a anticipé les décrets d’application en annonçant qu’il se présenterait devant en salle d’opération parlementaire pour savoir si la docte assemblée qui s’y trouve lui administrerait le sédatif fatal ou le placerait simplement en réanimation provisoire. Il est le premier a tester le « suicide assisté ».
Cette stratégie qui semble surprendre les observateurs fraîchement rentrés de vacances sur les plages dorées, résulte d’une prise de conscience de sa part de la situation dramatique dans laquelle il se trouve. Son gouvernement disparate est en fin de vie.
Selon la récente analyse effectuée par les laboratoires de l’INSEE et de la Banque de France une faiblesse générale croissante et une infection carabinée dont le summum se situerait aux alentours du 10 septembre se profilent. Alors autant livrer un dernier combat avant une mise sous perfusion de FMI à hautes doses. Le « quitte ou redouble » quelques jours lui a paru comme étant la meilleure solution.
Le vrai problème du « traitement » évoqué par François Ier c’est qu’il est surtout constitué de Doliprane. On sait que ce médicament constitue seulement un analgésique mais pas forcément un antibiotique ou un anti-inflammatoire susceptible de s’attaquer aux causes de l’anémie des finances publiques. L’ordonnance ne règle rien et ne revient surtout pas sur les erreurs « médicales » antérieures. « Tous coupables » a-t-il clamé ! Il s’agit donc d’ajustements thérapeutiques mais aucunement d’un changement radical du traitement du mal ultra-libéral qui a provoqué la crise minant la confiance.
Avez-vous entendu parler de « responsabilité » et plus encore de »culpabilité » liées à la situation dans laquelle se trouve le pays ? Le bulletin de santé n’a pas absolument pas évoqué les causes d’une situation dramatique et pratiquement irrécupérable sans amputations des acquis sociaux ou sans purge drastique. François Ier n’a aucun espoir de s’en tirer. Enfin presque…
En bon paysan béarnais il sait que c’est « à la fin de la foire que l’on compte les bouses. » Pour la foire elle sera probablement la hauteur de la situation politique actuelle. Tout est en effet dans le détail de sa stratégie et encore une fois dans une autre dimension que celle des apparences. En effet s’il avait attendu les multiples seringues empoisonnées qui avaient été programmées pour le 23 septembre son sort était réglé. Là il espère s’en tirer par miracle en allant demander aux moines de Bétharam d’aller brûler un cierge à Lourdes.
En effet dans une motion de censure les députés votent « pour » un texte en général généraliste et aussi large que possible afin de capter le plus de voix en sa faveur. Il y a tellement de motifs de mécontentement pour que les oppositions se cristallisent sans espoir de survie pour le gouvernement en place que le résultat était assuré. En fait il était « lourdé » même si son propre camp restait solidaire. Son choix est différent : il ne sera pas poussé vers la sortie mais c’est lui qui s’en ira !
Il a opté pour le vote de confiance. Une manière plus habile et plus subtile de mettre d’abord son propre camp face à ses responsabilités. Dans les rangs de sa « majorité minoritaire » bon nombre des parlementaires ne l’aiment pas, ne l’apprécient pas, ne le soutiennent pas. Comme le vote est individuel, il les place dans une situation pour le moins embarrassante. Il sera facile de pointer les traîtres s’il y a dissolution et de présenter la note. Les copains du Ventrechou de l’intérieur ou ceux du pourfendeur de juges auront ainsi bien du mal à appuyer sur le bon bouton. Et ce d’autant qu’ils risquent de faire sauter de leur poste stratégique ceux qu’ils soutiennent.
Par ailleurs lors d’un vote de confiance ne s’expriment que ceux qui soutiennent celui qui la réclame leur appui. Toutes celles et tous ceux qui ne se prononcent pas peuvent se vanter de… ne pas l’avoir accordé. Ainsi les « abstentionnistes », les « absents » auront leur rôle à jouer. Pour leurs électeurs ils ne soutiendront pas le gouvernement et sauront le dire sauf qu' »indirectement » ils feront baisser le nombre de votes nécessaires pour arracher une majorité positive. C’est jouable si la rustine de la dissolution est mise sur la table.
Là où le socle nécessaire est en ce moment de 286 voix (des circonscriptions revoteront après le 8 septembre) une trentaine de membres du Palais Bourbons allant à la plage ou se faisant porter pâle la barre fatidique le ramènerait aux alentours de 260. Or écoutez bien les nuances. Certains ont déclaré officiellement qu’ils ne « voteraient pas pour » ce qui laisse la porte ouverte à des « nuances » négociables. François Ier de Navarre le sait et tentera d’arracher une petite « neutralité négative ».
Depuis hier soir il en fait savoure sa vengeance vis à vis de ceux qui l’ont méprisé ou parfois ridiculisé. Il chute et entraîne avec lui ses deux rivaux internes à son gouvernement, place les LR dans une situation compliquée, cloue le bec au surdoué en rénovation qui l’a précédé à Matignon. Les duettistes de l’opposition interne perdent leur maroquin et risquent bel et bien dans la pagaille qui suivra, de ne pas les récupérer. Il a utilisé le mot « bordel » à dessein car c’est un avenir sombre qu’il n’aura pas à assumer.
François 1er de Navarre deviendra aussi le « preux chevalier » qui a tenté d’endiguer les assauts de milieux financiers (chute de la Bouse, intérêts de la dette prohibitifs) consécutifs aux errements de la Macronie. Il se démarquera, rentrera à Pau préparer sa campagne des Municipales et regardera son « souteneur » élyséen s’enfoncer dans un marécage brun et nauséabond pour laisser un pays ruiné et à la dérive.
En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
« Son gouvernement disparate est en fin de vie. »
Voire !
« Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. »
Je me méfie quand même de ce vieux putois adepte des coups tordus, élevé à la sauce jésuite dont nous avons déjà pu constater la capacité de cautèle et de nuisance. J’espère que je me trompe.
De toute façon, grâce aux actions de tous ces beaux messieurs, nous sommes dans de « beaux draps » (pour éviter une vulgarité).