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La pression pour une justice à deux vitesses

S’il est un service public sur la sellette c’est bien celui de la justice. « Pas assez sévère », « trop lente », « incompréhensible » pour soi-disant une majorité de citoyens très exigeants envers les autres mais forcément aussi à leur égard lorsqu’ils sont en faute. Il devient impossible de construire une position objective sur le sujet dans la mesure où les attaques d’exploitation politicienne du moindre verdict sont outrancières. S’il suffisait de renforcer les sanctions les déviances de la société ce serait facile. En fait il n’y a jamais eu autant de personnes incarcérées en France et tous les jours les rubriques des « faits divers » regorgent d’actions condamnables. En 2023 il y a eu 1 911 185 décisions en matière civile et commerciale dont 185 931 référés et 298 489 affaires réglées par les juridictions administratives ! On trouve pour les crimes et le délits 1 075 662 cas dont seulement 124 113 concernent les mineurs.

Les statistiques pour cette année 2023 indiquent 2 221 pour crimes dont 434 concernent des mineurs. On ajoute 511 928 condamnations de majeurs pour les délits et 29 702 pour les mineurs. Des chiffres à donner le tournis car ils ne cessent d’augmenter. S’il en est un qui devrait inquiéter bien des citoyens conscients des enjeux liés au comportement des « jeunes » c’est celui du nombre affolant de saisines des juges des enfants en danger puisqu’il atteint 124 123 cas ! C’est la racine du mal actuel dans bien des situations délictuelles actuelles. Lorsque la condamnation tombe elle résulte souvent de ce constat d’absence d’encadrement.

Plus de 90 000 personnes ont été prises en compte dans les établissements pénitentiaires. Les taux d’occupation aura été de plus de 123 %. En 2024 il est certain que ces constants seront encore en hausse et que la France pourrait approcher la barre des 100 000 sanctionnés par une peine d’emprisonnement. Ce ne serait pas suffisant. Dans toutes les conversations et sur les plateaux des télés qui excitent l’opinion dominante la rigueur constitue le leitmotiv des discours. Punir : punir ! Mettre fin à l’État de Droit pour réprimer. Enfin cette doctrine n’est valable que dans tous les cas qui ne concernent pas celles et ceux que l’on soutient.

Les commentaires se déchaînent pour défendre un ex-Président qui clame son innocence et se drape dans son honneur bafouée. Il ne s’agit que du réquisitoire. Qu’en sera-t-il au moment du jugement qui rappelons-le ne sera pas définitif puisque susceptible d’appel et de recours en cassation. Dans l’affaire des assistants parlementaires, les enquêtes effectuées dans le fiefs du RN indiquent que l’on se prépare à manifester, à contester face à une injustice résultant pourtant de l’application des lois que certains parlementaires concernés ont votée. L’indignité ne peut pas frapper Saint Nicolas et plus encore Sainte Marine ! Les fans, les partisans, les inféodés réclament une justice à deux vitesses : celle pour le peuple et celle pour celles et ceux qui se situent au-dessus. La vrai basculement se trouve dans ces aberrations entretenues par l’ignorance citoyenne. Le fond, la cause de l’affaire intéressent peu ou pas du tout ! Seule la victimisation compte. 

La menace d’un désordre provoqué par une condamnation de justice constitue une atteinte réelle aux principes fondateurs d’une justice républicaine. Elle ne saurait être à géométrie variable. Considérer que des faits avérés donnent lieu à une interprétation « indulgente » des lois générera inévitablement des tensions en une période où des ministres réclament à grand renfort de formules fracassantes des aggravations de peines dans tous les domaines. Un verdict est toujours injuste pour celle ou celui qui en est victime. Il devient désormais injuste selon le statut social de celle ou celui auquel il s’applique.

Dans les deux procès qui occupent le devant de la scène médiatique la communication des camps concernés sont dans le déni absolu de la réalité des faits. Ils tentent de dresser une part de l’opinion contre les juges. La systématisation de ces pratiques constitue une menace réelle contre la séparation des pouvoirs. Tenter d’effacer par tous les moyens l’effectivité des faits condamnables pour détourner l’attention sur la conséquence qu’est le verdict appartient désormais à une stratégie médiatique inquiétante. Dès cet après-midi en ce jour clé il sera aisé de le percevoir.

Dans les médias de la « Bollorésphère » soutenant ouvertement la candidate au poste devant être exemplaire de président de la république les témoignages de Françaises et de Français se cumulent. Une condamnation serait « anti-démocratique », « Qu’ont-ils fait de mal ? », « on ne peut pas lui faire ça ». Un concert de lamentations. Il serait intéressant de demander à Jérôme Cahuzac ce qu’il en pense ?

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Cet article a 5 commentaires

  1. J.J.

    À mon humble avis, il est absolument impensable que l’on conteste une décision de justice lorsque les faits sont avérés, quelle que soit la qualité du quidam sur « la sellette », et encore moins quand il s’agit d’un élu du Peuple.
    Cinq ans d’inéligibilité ?
    Dans cinq ans ils( ils : pronom neutre, pour les amateurs d’ « inclusion ») seront devenus honnêtes celle ou celui qui a contrevenu à la loi ?
    Un fonctionnaire, un employé qui a été convaincu de malhonnêteté, d’une faute grave dans l’exercice de ses fonctions est mis à pied, révoqué « à vie ».
    Pourquoi cette coupable indulgence pour des individus qui devraient être un exemple pour les citoyens ?
    Il est vrai que ce genre de situation ne date pas d’hier, déjà dans la Rome antique des « censeurs » déploraient le relâchement de la morale chez les politiques : Caton ou Cicéron et son fameux « Quousque tandem Catilina…. » (quand ça l’arrangeait).
    Jusqu’alors, grande nouveauté, nous venions de découvrir un président condamné après son mandat pour de graves délits de droit commun ; « les choses étant ce qu’elles sont », nous risquons fort de nous retrouver avec une présidence occupée par un personnage non seulement justiciable mais déjà condamné.
    On n’arrête pas le progrès.

  2. Pc

    Et la Marine affiche, paraît-il, 37% au compteur. La catastrophe se rapproche, la justice aura-t-elle le courage de nous en préserver ?

  3. J.J.

    Lundi 31 mars 2025
    Dura Lex, sed Lex.
    Vive la République !

    1. facon jf

      @JJ Vive la république dites vous! L’adage est bien connu : en politique, on ne meurt jamais. L’épouvantail va faire un bref séjour au placard puis TATATA ! Elle sera de retour soit par une opportune amnistie du méprisant, soit par une entourloupe à la Ferrand qui a déjà bien préparé le terrain dans ses dernières délibérations du 28 mars dernier que vous trouverez ICI https://st1.static.conseil-constitutionnel.fr/sites/default/files/as/root/bank_mm/decisions/20251129qpc/20251129qpc.pdf
      On y trouve cette bizarrerie  » 7. Aux termes de l’article 6 de la Déclaration des droits de
      l’homme et du citoyen de 1789, la loi « doit être la même pour tous, soit
      qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux
      sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon
      leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs
      talents ». Le législateur est compétent, en vertu de l’article 34 de la
      Constitution, pour fixer les règles concernant le régime électoral des
      assemblées locales ainsi que les conditions d’exercice des mandats
      électoraux et des fonctions électives des membres des assemblées
      délibérantes des collectivités territoriales. Il ne saurait priver un citoyen du
      droit d’éligibilité dont il jouit en vertu de l’article 6 de la Déclaration de 1789
      que dans la mesure nécessaire au respect du principe d’égalité devant le
      suffrage et à la préservation de la liberté de l’électeur. »
      La délibération se poursuit sur le point fondamental de l’égalité devant la loi que le CC a écarté en établissant la différence de traitement entre un élu municipal et un député. Un bel exercice de trapèze volant qui va certainement être ressorti lors des présidentielles au motif de la préservation de la liberté de l’électeur. On voit très bien qu’un élu municipal doit être puni alors que les voies de recours ne sont pas épuisées, mais que aux dires de la réponse à cette QPC les niveaux supérieurs peuvent connaître des exceptions!
      Je ne crois plus en l’indépendance de la justice, surtout quand on sait que, pour des faits similaires notre actuel PREMIER MINISTRE a été relaxé (à propos où en est la procédure d’appel ?).
      Je dirais vive la république… Bananière! L’expression « république bananière » a été inventée en 1904 par l’écrivain américain O. Henry* .
      Une république bananière est un pays doté d’une économie de capitalisme d’État , où le pays est géré comme une entreprise commerciale privée au profit exclusif de la classe dirigeante. Cette exploitation est rendue possible par la collusion entre l’État et des monopoles économiques privilégiés , où le profit tiré de l’exploitation privée des terres publiques est une propriété privée, tandis que les dettes ainsi contractées sont à la charge du Trésor public. Une telle économie déséquilibrée reste limitée par le développement économique inégal des villes et des campagnes.
      Cordialement
      * Au XXe siècle, l’écrivain américain O. Henry (William Sydney Porter, 1862–1910) a inventé le terme de « république bananière » pour décrire la république fictive d’Anchourie dans son livre Choux et Rois (1904), un recueil de nouvelles thématiquement liées, inspirées de ses expériences au Honduras, dont l’économie dépendait fortement de l’exportation de bananes. Il y a vécu six mois, jusqu’en janvier 1897, se cachant dans un hôtel, recherché aux États-Unis pour détournement de fonds bancaires.

  4. Pc

    A voir sans faute le dernier spectacle comique, « Le bal des pleureuses sur Cnews »

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