You are currently viewing Les municipales se préparent dans un contexte nouveau

Les municipales se préparent dans un contexte nouveau

Les élections municipales se dérouleront, sauf circonstances exceptionnelles, dans un an. Ce scrutin local reste l’un des plus suivi par les électrices et les électeurs. Il faudra effacer celui de 2020 qui avait été marqué par la crise sanitaire et n’avait pas été marqué par une participation citoyenne très rassurante. Le contexte actuel imposé aux collectivités locales ne prédispose pas à un sursaut des habitants surtout dans les zones urbaines. En fait on sent déjà une forme de renoncement parmi les maires ayant conscience d’être les derniers récepteurs de « la patate chaude » de l’improbable redressement des finances locales. Il y aura un taux de renoncement à une poursuite du mandat supérieur à tout ce que l’on a connu antérieurement.

Selon les informations d’Europe 1, les démissions ont déjà connu une hausse de 30% par rapport à la période 2014-2020, illustrant un malaise croissant parmi les élus locaux. Ces démissions, souvent liées à l’augmentation des incivilités et à des attentes citoyennes toujours plus exigeantes, révèlent les difficultés auxquelles les maires sont confrontés au quotidien. Les défaillances en matière de solidarité, de sécurité, d’accompagnement des enfants ou de développement de la vie associative rendent cette mission toujours plus difficile. Les premiers magistrats actuels sont coincés entre la faucille des suppressions de subventions ou de dotations et le marteau des exigences de la population.

Il y aura forcément des relèves et d’ailleurs le RN se prépare à s’engouffrer dans les brèches de l’indifférence citoyenne. Le parti de la Marine nationaliste prépare activement l’installation non pas de listes (en dehors des grandes villes) mais de candidates ou de candidats masqués sur des rassemblements de candidats se réclamant de « l’apolitisme ». L’ambition affichée c’est d’installer le maximum de groupes dans les intercommunalités. La mutation du pouvoir communal vers un niveau supérieur non redevable directement à l’égard des électrices et des électeurs sera inévitable dans le prochain mandat. C’est une véritable entorse à la démocratie directe qui favorise la rupture entre l’électeur citoyen et ses élus.

L es sénateurs viennent de renforcer cet fracture en introduisant la proportionnelle du scrutin de liste pour les communes de moins de 1000 habitants. La difficulté de constituer des listes complètes, la systématisation de la notion d’opposition et de majorité ainsi que la négation de la valeur de la personne, la mise en avant de la tête de liste pour tirer ses partisans ne va pas arranger la situation démocratique. Depuis le début du mandat des maires élus lors des municipales de juin 2020, 2 400 maires ont démissionné et 57 000 sièges de conseillers municipaux sont vacants. Ce sera le cas dans de nombreuses communes de moins de 1 000 habitants où les nouveaux arrivants s’apercevront très vite que le pouvoir se trouve de plus en plus ailleurs.

N’ayant dans les faits qu’une autonomie de gestion très relative depuis la réforme de la fiscalité locale, les conseils municipaux se penchent sur des sujets n’appartenant plus à l’essentiel de la qualité de vie sur le territoire qu’ils administrent. Le renforcement des compétences intercommunales dans presque tous les domaines réduiront encore plus l’indépendance de la première cellule de la démocratie représentative. L’enjeu du pouvoir de proximité se situera dans les communauté de communes ou dans le syndicats spécialisés. L’évolution est inévitable mais elle ne se concrétisera qu’après 2026. La proportionnelle finira par s’imposer partout !

Un autre facteur interviendra dans quelques mois : celui de la parité appliquée à toutes les strates communales. Le principe d’une présence plus importante des femmes dans les conseils municipaux n’a pas été contestée au Sénat – aujourd’hui, elles ne sont que 37,5% dans les assemblées des communes de moins de 1.000 habitants mais certains auraient préféré qu’elle soit incitative et pas imposée. Les maires dans ces petites entités territoriales ont beaucoup de mal à constituer des listes fiables et surtout durables… Ainsi en 2020 on trouvait 106 communes dans lesquelles il n’y a eu au premier tour aucun candidat. Hommes ou femmes !

La campagne semble débuter et paradoxalement dans les villes les candidates ou candidats ne manquent pas. Tous n’iront pas jusqu’au bout mais ils s’installent dans ce fauteuil de prétendant pour pouvoir entamer des négociations politiques sur les places dans les listes à la proportionnelle. C’est l’enjeu des déclarations qui fleurissent dans la presse et qui ne sont dictées souvent que par des ambitions personnelles et la sécurisation de leur avenir politique. Les enjeux sont donc ailleurs !

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 4 commentaires

  1. J.J.

    …des candidates ou de candidats masqués sur des rassemblements de candidats se réclamant de « l’apolitisme ».
    Ça, c’est la tarte à la crème des gens de droite et d’extrême droite : il n’y a que les gens de gauche qui font de la politique, eux ils « gèrent ».
    Je « soupçonne » nos énarques et autres technocrates de vouloir démontrer que la gestion des communes et autres collectivités locales ne peut être confiée à de simples citoyens qui n’ont pas reçu l’auréole de la compétence administrative, ne voulant pas reconnaître que le simple bon sens est souvent plus efficace que des arguties réglementaires et alambiquées.
    Toujours fidèles aux principes shadokiens : Pourquoi faire simple; quand on peut faire compliqué ?

  2. faconjf

    Bonjour,
    « Les municipales se préparent dans un contexte nouveau », et ben non ! Le contexte reste le même celui d’une France rurale écrabouillée par une oligarchie de bobos des villes étouffant les élus de la France périphérique sous les taxes et réglementations absurdes.
    Le réalisme politique devrait enfin prendre en compte le problème de fond de la France rurale et ne pas s’obstiner à nous conduire vers les fausses solutions que sont les intercommunalités.
    Reprenons les chiffres, environ 11 000 communes en Allemagne, 10 000 au Royaume-Uni, 8 000 en Espagne et en Italie… La France et ses 34 945 municipalités fait figure d’exception à l’échelle de l’Union européenne. La moitié d’entre elles comptent moins de 500 habitants. ( Attention, je vais citer ici un élu escrologiste petite précaution pour vous éviter un problème cardiaque en me lisant!) Un débat sur le nombre de communes dans notre pays a été relancé par le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle, sur X (ex-Twitter) : « La France représente à elle seule 40% des communes de toute l’Union européenne, avec beaucoup de missions transférées à des interco[mmunalités] pilotées sans choix citoyen direct. L’usure humaine et organisationnelle est palpable »…
    Pendant des centaines d’années les municipalités ont été le lieu d’un pouvoir déconcentré et pour être précis cela remonte au 8 juillet 1787 avec la réforme Brienne. Une réforme voulue par Turgo pour améliorer les finances de l’état (déjà!) en 1775. Tocqueville en 1856 dans L’Ancien Régime et la Révolution déclare : « Le tiers état étant chargé d’élire ses représentants, les assemblées municipales excluent souvent la noblesse ou le clergé du corps municipal. Quand ils s’y présentent, le seigneur ou le curé n’exercent pas d’autorité sur leurs sujets : ce sont ces derniers qui gagnent peu à peu de plus en plus de pouvoir. Devant l’influence montante des assemblées, les classes riches tentent de se rapprocher du peuple, sans grand succès. Le peuple s’isole, se défend, et gagne en autorité.
    Toutes ces perturbations amènent Tocqueville à parler, à propos de la réforme des assemblées, d’une « première révolution ». Le visage profondément altéré des structures administratives dans l’Ancien régime avait préparé de façon admirable le terrain pour la Révolution politique de 1789. C’est en ce sens, croit Tocqueville, que cette dernière est moins une rupture que l’aboutissement d’un processus depuis longtemps amorcé. » Voila pour préciser le contexte de la création de nos communes.
    Revenons à notre époque et les profonds changements que l’administration centrale parisienne aux mains de la nouvelle « noblesse », en fait les classes riches, qui tente d’imposer aux gueux des campagnes un nouveau pouvoir. Je veux parler des intercommunalités ces assemblées de plus en plus distantes et rongées par une administration aussi nocive qu’envahissante. Amenées savamment par les communicants grassement payés avec nos impôts, qui ont cherché à nous faire croire que la mutualisation générerait des économies dites d’échelle. En fait les nouvelles seigneuries créées ont cumulé les prélèvements fiscaux et les doublons et autres triplons d’administrations et de dépenses. On ne compte plus les hôtels châteaux occupés par ces administrations ni les indemnités démentielles perçues par ces nouveaux seigneurs. En ces lieux aux hauts plafonds richement décorés les transferts de pouvoir s’opèrent dans le silence des pantoufles. Et l’entre soi d’une corruption rampante pourrissant les appels d’offres à travers des prébendes officielles ou occultes règne. La mise à sec des compétences des pouvoirs locaux permet de se soustraire aux contre-pouvoirs présents dans les communes. Rappelons nous de la description ancienne du Maire rappelée par le méprisant « Le maire, c’est l’élu à portée de baffes « . Loin de cautionner cette idée, je suis hostile à toute forme de violence, je pense que la confrontation des idées en direct est la vertu fondamentale de la démocratie en action les deux pieds dans la réalité. L’éloignement de l’élu, pour moi j’insiste, ne devrait pas excéder 10 km de rayon pour rester accessible et connu des électeurs administrés. Reste que la diversité du territoire est elle même importante ainsi en comparant deux CC de la vaste région Auvergne Rhône Alpes les données sont divergentes, CC plaine de l’ain 81 249 h sur 711 km² densité 114h/km² , CC du Diois 11 956 h sur 1224 km² densité moins de 10 h/ km². Ce qui caractérise aussi ces deux CC c’est le taux de pauvreté révélateur brutal des CC à faible densité 9,4 % pour la CC plaine de l’ain fortement industrialisée et 22,7 % pour la CC du Diois. La CC du Diois a aussi comme particularité d’avoir la commune la moins peuplée de France Rochefourchat 2 habitants et 8 inscrits sur les listes électorales (population fictive).
    Les CC cumulent en plus de l’éloignement entre les édiles et les électeurs, les compétences toujours plus grandes et nombreuses, elles ont en outre un réel problème d’égalité devant le suffrage : 13 % du corps électoral résidant dans les communes de moins de 1 000 habitants est privé de l’élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires.
    Prendre du recul face aux problèmes des petites communes survivant difficilement dans le contexte actuel et la gabegie de dépenses des CC serait une option indispensable pour clarifier le futur scrutin municipal . Avons nous vraiment besoin d’entretenir tous ces petits marquis des CC dont la principale activité est purement représentative les décisions politiques étant prémâchées par les lobbyistes intéressés par les milliards d’€ collectés par les EPCI à fiscalité propre.
    Bon repos de fin de semaine

  3. faconjf

    Hors sujet, quoi que ? Exprimez-vous avec dignité et défendez votre liberté de déplacement urbain. Les réseaux des Gueux ZFE. c’est ici https://www.lesgueux.fr/
    Les ZFE et les mobilités douces sont portées par des bobos écolos hors-sol qui peuvent se déplacer en transports en commun et qui vivent dans les bons quartiers avec les bons revenus ou peuvent se payer des 4×4 électriques autorisés!
    Pour celui qui vient de loin et qui doit faire 30 kilomètres sur une nationale sous la pluie dans le noir à 75 ans et sans piste cyclable je vous assure que c’est un peu compliqué !
    Alors oui, les ZFE sont une honte, un scandale et une ségrégation sociale qu’il faut rejeter, par solidarité avec les plus pauvres qui se prennent ces mesures injustes en pleine poire … Comme si leurs vies de gueux n’étaient pas assez compliquées!!!
    Ne pas polluer mais s’entre-tuer en Ukraine. Stop à l’hypocrisie et à ces paradoxes devenus insupportables.

    1. faconjf

      https://www.espacedatapresse.com/fil_datapresse/consultation_cp.jsp?idcp=2901987
      LA PÉTITION POUR L’ABROGATION DES ZFE PUBLIÉE PAR L’ASSOCIATION « 40 MILLIONS D’AUTOMOBILISTES » ET ALEXANDRE JARDIN (LES #GUEUX) EST EN LIGNE !
      Pour que la pétition soit examinée et débattue à l’Assemblée nationale par une commission dédiée, elle doit obtenir un minimum de 100 000 signatures.

      Le règlement de la Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale stipule que la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut également décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins 500 000 signatures.

Laisser un commentaire