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Le racisme « ordinaire » constitue le pire des dangers

Le racisme ? Mais de quoi parlez-vous ? Il n’existerait que pour alimenter des polémiques nationales rentables électoralement dans un sens ou dans l’autre. Il est cependant très difficile de trouver dans l’Histoire de l’humanité, des périodes même très reculées sans qu’un part de la société s’en prenne directement ou indirectement à une autre. Les victimes changent mais le constat demeure. L’échec de la mise en œuvre de l’une des valeurs républicaines essentielles, la fraternité, s’aggrave chaque jour un peu plus.

Dès l’école maternelle les prémices de la montée du plus dangereux des comportements s’installe dans les esprits. Alors que durant de longues années les enfants affichaient une indifférence totale sur les origines ethniques, sous l’influence des parents et du contexte sociétal ils adoptent des attitudes agressives et même haineuses. C’est un constat dont on essaie de ne pas parler car il a un caractère alarmant. Le racisme devient ordinaire et ce ce qui le rend dangereux.

Il entre dans les établissements scolaires mais ne bénéficie pas de la médiatisation des autres sujets actuels. Comme toute autre forme de discrimination, le racisme freine la participation sociale, économique et culturelle des personnes qui le subissent. Cette expérience entraîne des impacts négatifs sur la santé, le niveau de vie et le bien-être des personnes qui en sont victimes. Le Ministère reste très discret sur le sujet. Or en milieu scolaire il a des effets dévastateurs sur le développement social des jeunes et suscite un questionnement douloureux sur l’identité et le sens d’appartenance.

Qui ose écrire que désormais une part plus large du personnel de toutes catégories qui se laisse aller à des attitudes contraires aux valeurs qu’ils devraient porter de manière exemplaire. Ce n’est pas nouveau. Lors de l’enterrement d’un enfant dé républicain espagnol auquel j’assistai il a été rappelé que brillant élève il fut privé du prix cantonal du certificat d’études. Une situation similaire avait touché un élève italien dont le compte la cruelle désillusion dans mon roman « Les 9 vies d’Ezio » (‘1). Un événement qui avait marqué toute la vie de celui qui était devenu médecin. Le racisme ordinaire ce sont des réflexions, des mots, des attitudes, des inattentions lâchés de manière brève mais significative.

Une histoire a récemment refait surface en Irlande. La fédération de gymnastique est au cœur d’une polémique après la sortie virale sur les réseaux sociaux d’une vidéo où l’on voit une jeune athlète noire être la seule de son équipe à ne pas recevoir de médaille. La séquence remonte en fait à mars 2022, mais a été vue des millions de fois ces derniers jours. Une polémique sur fond de racisme qui arrive bien après, mais qui a contraint la fédération irlandaise à s’exprimer. Elle reflète simplement des milliers d’autres situations que l’on ne connaît pas car ils appartiennent au quotidien.

Regardez bien autour de vous. Sortez des idées reçues. A cet égard le sport demeure sur le terrain un dernier creuset rassemblant des jeunes sans le prisme de leurs origines. « Vous savez m’expliquait il y a quelques temps le président du club de football de Langon. Nous avons accueilli exactement 14 mineurs non accompagnés pour aider à leur intégration. Tous ont trouvé du boulot ou poursuivent leurs études pour la plus grande satisfaction des entreprises ou des chefs d’établissement. Nous en avons six qui jouent plus ou moins souvent dans notre équipe première. Ils sont ponctuels, respectueux et déterminés » Le même constat pourrait être fait à Libourne ou dans de nombreux autres clubs

Le racisme est à géométrie variable. Chaque fois que l’on évoque une personne particulière, une situation positive ou une attitude constructive la réponse fuse : « oui mais lui, eux, ce n’est pas pareil ! » La stigmatisation s’effectue sur des généralités et toujours dans le même sens. Tout le monde à son fait divers, son histoire médiatique, la résonance de propos ressassés médiatiquement, l’utilisation de comportements déviants pour justifier son comportement de raciste ordinaire.

La vague ne cesse de s’attaquer aux digues républicaines. Elle avance dans les cours d’école, dans les stades, ddans les espaces publics, dans la santé, dans tous les services publics de manière constante. La violence accompagne cette montée en puissance d’un phénomène qui échappera un jour à ces exploiteurs. Non pas dans à moyen terme mais à très court terme.

(1) Les 9 vies d’Ezio toutes les plateformes de vente en ligne

Cet article a 7 commentaires

  1. François

    Bonjour J-M !
    Certes, il y a ce racisme « de premier rang » que tu décris si bien, mais n’oublions pas d’y intégrer des formes plus sournoises comme le rejet du handicap ou le harcèlement ou la mise à l’écart de la réussite …souvent intra-familiale (! ), etc …
    Amicalement.

  2. Jouvet Fabienne

    Le racisme, ou la connerie ordinaire….. mais aussi l’intolérance, le rejet de la différence, de toutes les différences, et l’individualisme.
    C’est un tout, une plaie, qui s’infecte de faux arguments, de rumeurs, et de cas marginaux dont il est fait une généralité….
    Tout ceux et celles qui étalent l’idée qu’ils seraient, de fait, bien supérieurs à « l’autre » car « bien nés », blanc forcément et français de souche (une valeur ajoutée certaine), hétéro, parce que « quand même »… « on est pas des PD » auraient beaucoup à apprendre, sur les valeurs de la république, liberté, égalité, fraternité.

    1. J.J.

      « Tout ceux et celles qui étalent l’idée qu’ils seraient, de fait, bien supérieurs à « l’autre » car « bien nés », blanc forcément et français de souche »

      La faute à qui ? Lorsque j’étais à l’école primaire(dans les temps préhistoriques) je pouvais lire et devais apprendre, dans mon livre de géographie(Demangeon, ou Vidal Lablache ? c’était dans l’air du temps), à propos du monde :

      Il existe quatre races d’hommes(pas de femmes !) : la blanche, la noire , la jaune et la rouge. La race blanche est la race supérieure.

  3. Pc

    J’apprends avec effarement dans SO de ce jour, que la peste brune ouvre une permanence à Castillon dans le but clairement affiché de conquérir la circonscription.
    Souhaitons que les électeurs aient la lucidité de faire confiance aux élus en place.

  4. J.J.

    Ce n’est hélas pas nouveau, mais ça prend des proportions institutionnelles.
    J’ai assisté à un acte de racisme « exemplaire « , si l’on peut s’exprimer ainsi, qui m’a obligé à intervenir, pour séparer deux élèves « issus de l’immigration » qui se battaient furieusement en se traitant respectivement de « sale arabe » et de « sale espagnol ».

    C’était du temps où l’on était obligé de protéger des élèves qui arboraient l’insigne « touche pas à mon pote ».

  5. Christian Baqué

    Je partage ton constat et ton indignation. Mais tout cela ne vient pas de nulle part. Bien sûr il y a les relents réactionnaires d’une vieille France colonialiste. Mais hélas il y a les relais dans la classe politique, depuis longtemps, sans doute pire depuis Sarkozy/Pasqua. On façonne l’opinion publique avec une idéologie dominante discriminante. Et indéniablement le gouvernement Macron/Darmanin est en pointe dans l’utilisation politicienne de la xénophobie, essentiellement contre les musulmans. La loi « séparatisme » en est un exemple. Une fausse laïcité est utilisée (comme lors de la provocation d’Attal sur l’abaya) par des gens qui piétinent la loi de Séparation de 1905 (cf. Macron à la messe avec la pape à Marseille). Hélas cette idéologie xénophobe a fait des dégâts y compris « à gauche », les partisans de la liberté de conscience étant taxés « d’islamogauchistes » ou autres amabilités « d’idiots utiles de l’islamisme ». Les neo-fachos, les pseudos-républicains à la Ciotti ont juste, chaque fois, à pousser le curseur un peu plus loin. L’extrême droite se sent pousser des ailes.

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