La plume de la vérité sur la balance de la crise
Peut-on prétendre que la pandémie aura eu des cotés positifs lorsqu'elle sera terminée ?
Peut-on prétendre que la pandémie aura eu des cotés positifs lorsqu'elle sera terminée ?
Dans un élan de solidarité sans grand effet les mêmes député;e.s qui ont honni la proposition de Benoît Hamon et de presqu'une vingtaine de départements ont demandé au gouvernement de réagir face à la crise de la Covid qui a démontré à quel point le système de protection sociale était « plein de trous ».
La décision modificative qui est proposée par le Président constitue donc la dernière étape de 2020 mais surtout la dernière du mandat. Elle ne compte guère de bouleversements majeurs de la stratégie qui est la nôtre depuis 2014 visant à réaffirmer le rôle solide et quotidien de l'échelon départemental dans les compétences qui sont les siennes.
Plus que jamais dans tous les discours, actes de communication, annonces et décisions prises par le gouvernement pour tenter d'endiguer le retour de la contamination collective au COVD-19 il manque un mot essentiel : citoyenneté. Plus que des débats sur l'efficacité des matériels de protection, les arrêtés suspectés d'être privatifs de la liberté individuelle, sur la dangerosité du virus il serait nécessaire, voire essentiel que l'on remette les droits et les devoirs de chacun dans le cadre général d'une crise qui risque durer encore des mois voire des années.
L'été risque bel et bien de dégénérer tant monte une profonde défiance à l'égard de tout ce qui apparaît comme relevant de l'ordre républicain. La crise sociale va ajouter à un état d'esprit déjà très problématique.
Le vieux principe voulant qui « décide, paye! » n'a absolument pas résisté au nouveau monde d'avant la crise sanitaire. Depuis le début du quinquennat actuel le gouvernement ne cesse en effet d'effectuer des annonces destinées à satisfaire les revendications légitimes de professions ou à ajuster les modalités de la solidarité humaine avec chaque fois la même astuce : il "flambe" et en transfère les dépenses sur les collectivités territoriales !
J'ai pris vraiment conscience de la dangerosité des mois qui viennent. Dans le fond en restant confiné 80 jours, les dégâts n'étaient que théoriques et lointains. Là, malgré la mauvaise qualité du dialogue les constats ont été unanimes : une grave crise sociale se profile dans un pays qui va être contraint de survivre « quoi qu'il en coûte » d'expédients financiers.
Depuis des mois si ce n'est des années je n'ai eu de cesse de dénoncer la mutation du financement de la vie collective de proximité par de taxes directes ou indirects sur la consommation ou l'économie. De ma fenêtre de confiné têtu je vois venir les difficultés provoquées par cette réforme libérale. Voici la position de l'assemblée des départements de France sur ce sujet. Elle corobore mes prévisions faites sur Roule Libre à maintes reprises. C'est encore et toujours le confinement des recettes et le déconfinement des dépenses...
Si l'on accorde encore un brin de crédibilité aux augures des "hauts plateaux" des télés parisiennes la seconde vague arrive. Nul n'envisage qu'elle ne soit pas sanitaire mais rudement sociale ! Rapide, forte, profonde, ravageuse, angoissante elle va balayer la France et ce n'est pas la FDJ qui lui fera barrage.