Fortune ou infortune du pot
Le spectacle est fascinant. Assis je regarde avec mes yeux de gamin, deux mains qui caressent, étranglent, laissent filer, poussent vers le haut une motte de terre gris bleue. Le…
Le spectacle est fascinant. Assis je regarde avec mes yeux de gamin, deux mains qui caressent, étranglent, laissent filer, poussent vers le haut une motte de terre gris bleue. Le…
La cruche n’a jamais été considérée dans les temps anciens comme un objet méprisable ou indigne de figurer sur le devant de la scène de l’habileté humaine. Bien au contraire. Elle est en effet un objet d’art ordinaire qui a été essentiel durant des siècles à la vie. Protégeant l’eau précieuse ou les breuvages les plus sophistiqués ces contenants avaient un rôle primordial.
Lorsque l’on dit à Sadirac que l’on a la terre du village collée aux semelles de ses chaussures, ce n’est pas une métaphore, mais une bien belle réalité. Cette glaise grasse, bleue, riche, dont pas un seul cultivateur ne supporterait la présence, poursuit une interminable gestation dans le sous-sol de cette commune de l’Entre Deux Mers girondin où je suis né.
Dans la terre les hommes ont depuis des siècles, déniché des filons « d'or bleu ou ocre ». A Sadirac l'argile grasse extraite du sol gris-bleu a permis à des générations de vivre à la fortune du pot !
Sans aller jusqu'à se prendre pour un Cap-hornier le (la) « navigateur (trice) » d'Entre-Deux-Mers se procure des émotions fortes quand il met le cap sur la presqu'île girondine située entre les mascarets dodus ou puissants qui chaque jour remontent Garonne et Dordogne
On n'appelait pas encore ça des jobs d'été et aucun forum n'était organisé pour que l'on puisse trouver à 14 ans révolus une opportunité de gratter quelques francs durant les…