Passé ou présent d’été (18) : les « plats pays »
Chaque été depuis de longues années pour remplir mes fonctions électives durant la période estivale qui était la plus agréable car avec moins de pression sociale, j’essayais de me promener…
Chaque été depuis de longues années pour remplir mes fonctions électives durant la période estivale qui était la plus agréable car avec moins de pression sociale, j’essayais de me promener…
’en déplaise aux admirateurs du poète chantant Charles Trénet, il n’y a pas que la mer qui affiche des reflets d’argent sous le soleil résigné à se coucher. Le large ruban de la Garonne qui frôle timidement en cette soirée d’été le petit port de Cambes scintille comme si elle souhaitait effacer les jours où elle charrie le limon ocre de ses affluents d’Occitanie.
La place devant le centre de secours grouille de monde. Des centaines de personnes se retrouvent autour des dizaines de tables dressées sous le ciel clément de la soirée du 13 juillet. On sent les vacances. On respire la rupture. Contrairement aux récentes éditions antérieures la pression a disparu. La crise sanitaire n'est vraiment plus dans les esprits. Elle appartient aux souvenirs dont on évoquera l'impact plus tard lors du retour de mauvais moments.
Depuis des mois, il existait une volonté manifeste au sein de la bande des Parieurs Minables Unifiés de noyer le chagrin que lui procure systématiquement l'arrivée du quinté dans un repas tête de veau sauce gribiche. Les rencontres privées chez Albert ont placé la barre très haut pour ce plat emblématique dont Chirac se régalait.
L'intention initiale de la création des soirées de la manifestation baptisée "la Piste sous les Étoiles" visait à concilier cette approche d'une cuisine « en direct » avec un autre phénomène de moins en moins répandu dans nos sociétés corsetées dans les outrances réglementaires ou normatives : la musique. Les étoiles qui veillent depuis toujours sur les campagnes savent que durant la première moitié du siècle dernier ce partage de soirées estivales à la fortune du pot avec des accordéonistes ou des joueurs de crincrin contribuaient grandement au lien social.
« Jean-Marie viens boire un coup... tu as un verre ? » L'apostrophe fuse en remontant la piste qui vraiment s'étire pour son retour sous les étoiles. Il n'y a que deux solutions : soit faire semblant de ne pas les entendre et poursuivre ma quête vers le plat idéal pour la soirée, soit m'arrêter en entamant mes chances d'espérer revenir à ma table d'origine dans des délais convenables.
Il devient de plus en plus rare de pouvoir retrouver des mets simples venus de la cuisine traditionnelle, sans artifice, sans inventions qui valorisent davantage le cuisinier que le plat.…