Des « vedettes » bien vite oubliées
Dans le fameux langage des fleurs il y en a qui n’ont pas de chance. Alors qu’elles avaient tout pour en chanter le monde, on leur a accolé une image…
Dans le fameux langage des fleurs il y en a qui n’ont pas de chance. Alors qu’elles avaient tout pour en chanter le monde, on leur a accolé une image…
A Sadirac hier matin dans le Panthéon de mon enfance j’en ai pris une nouvelle fois conscience. Que le cimetière n’est que le reflet des classes sociales de chaque époque. En poussant la porte lourde et rouillée de cet espace blotti contre un clocher comme s’il fallait empêcher les vivants de s’y rendre, j’entre toujours en effet dans des histoires portées par des prénoms d’antan et des noms tellement banals qu’ils en deviennent émouvants de simplicité. La mousse, les herbes folles, les fleurs en matière plastique réputées immortelles mais brûlées par le soleil, les céramiques brisées dénotent souvent que le souvenir s’est évanoui avec les années.
Il n’y a probablement pas de lieux plus révélateurs de la vie réelle que les cimetières. Paradoxe de notre société, ils portent, davantage que tout autre espace public, les stigmates d’une évolution profonde des mentalités, dont personne ne veut mesurer les conséquences. L’âme d’un peuple, d’une ville ou du plus reculé des villages, se reflète ainsi dans l’endroit consacré à leurs morts.
La belle plante venue de l'Extrême-Orient n’avait aucune raison de finir sa vie dans les cimetières. Fleur d’une grande beauté, porteuse d’une symbolique poétique à travers le monde elle égayait les maisons chinoises depuis des siècles. Importée au Japon elle a atteint le niveau de « fleur d’or » comme le signifie son nom.
Ce week-end sera celui du retour vers le silence des cimétières, des lieux execeptionnels ou simplement d'une modestie émouvante. Aucun ne ressemble à un autre. Ce sont des lieux de vie permettant de revenir sur la fragilité de nos destins
Si vous y allez, prenez donc bien soin de regarder les autres, de leur donner une seconde d'éternité supplémentaire en lisant leur nom, en regardant leur photo éventuelle, en vous intéressant, en définitive, à leur triste sort. Ca remplacera tous les chrysanthèmes du monde !
Il n’y a probablement pas de lieux plus révélateurs de la vie réelle que les cimetières de la mort. Paradoxe de notre société, ils portent, davantage que tout autre espace…
Il n'y a probablement pas de lieux plus révélateurs de la vie réelle que les cimetières. Paradoxe de notre société, ils portent, davantage que tout autre espace public, les stigmates…
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