Confinavirus (33) : revue démasquée
je vous propose une revue peu sérieuse de ce que vous pourriez lire, entendre ou voir en rapport avec la situation actuelle. Je vous invite à le compléter... pour vous occuper !
je vous propose une revue peu sérieuse de ce que vous pourriez lire, entendre ou voir en rapport avec la situation actuelle. Je vous invite à le compléter... pour vous occuper !
Les idées résilientes ont toutes, absolument toutes été sur la table lors des dernières échéances nationales mais elles ont été balayées par une opinion publique croyant que la reconstitution de services publics, la solidarité humaine réelle, la décentralisation effective, la mise en place d'une citoyenneté active, la protection accélérée de la planète, l'équité sociale, l'autonomie alimentaire... étaient moins importantes que la croissance salvatrice, la baisse d'une participation financière juste à la vie collective, la loi du marché mondial et l'enrichissement personnel.
En fait si on effectue une rapide synthèse sur la conférence de presse du Premier des Ministres il suffit de dire que le "déconfinement" ressemblera beaucoup à la "décongélation". Les principes seront les mêmes et les consignes sont similaires avant et après. Par peur de la contamination notre société actuelle a été en effet « congelée » et mise en situation d'attendre qu'elle soit "utilisable" à nouveau.
De ma fenêtre de confiné de plus de 70 printemps devenu potentiellement libérable par un communiqué du chef de l’état-major de l'ex-guerre contre l'ennemi invisible, j'observe que le monde nouveau n'est pas encore né. Il continue à être gouverné par l'instrument essentiel du moment : la calculette. La crise sanitaire a rendu la statistique reine du monde.
J'ai ouvert ma porte ce matin pour une première sortie utilitaire depuis le 15 mars. Je n'ai pas osé m'évader par la fenêtre car dans la période actuelle j'aurai été vite dénoncé comme récalcitrant voulant échapper aux contraintes du confinement. Attestation de déplacement dérogatoire en main j'ai donc bénéficié, de la part de mon épouse, d'une liberté conditionnelle pour bonne conduite. J'ai pu aller jusqu'à la maison médicale du Créonnais rencontrer mon médecin référent.
De ma fenêtre sur la France, je découvre un quotidien français tout à fait particulier avec ses contradictions, ses approximations et surtout ses adaptations permanentes ressemblant au louvoiement des bateaux à voile en période de vents contraires. Le plus inquiétant c'est que personne ne semble vraiment capable de désigner clairement le cap à suivre. La réalité dépasse la fiction en terme de pagaille permanente. Le décalage entre le flot incessant d'annonces nationales et les réalités du terrain provoqueront des ravages démocratiques dont il faudra de longues années avant de se remettre.
Les « personnes âgées » selon le langage présidentiel feront l'objet d'un confinement supplémentaire dans les prochains mois. Il ne faut pas leur faire courir de risques dans la période très incertaine du déconfinement au moment où les enfants qu'ils emmènent ou qu'ils récupèrent seront eux invités à repartir à l'école, au collège et au lycée. Les propos par leur imprécision ont affolé les sexagénaires et les septuagénaires ? Où se situe la frontière ? Comme sera-t-elle déterminée ? Quel âge pivot ?
En fait, après avoir entendu les déclarations de celui qui ne se présente plus comme chef de guerre (voir la chronique de hier) mais comme le Père protecteur des « derniers de cordées » (celles et ceux qui ont beaucoup de mal à suivre sur les sentiers de la croissance), il y a tout lieu de se dire que le Conronavirus a une influence forte sur la pensée. En l'espace de quelques semaines cette pandémie a bouleversé totalement les repères essentiels du néo-libéralisme à la française.
Ce soir sur les étranges lucarnes le chef de guerre ayant parcouru tous les sentiers possibles et imaginables va délivrer la vérité au peuple. Inutile d'espérer autre chose que : tenez bon dans la tempête... on veille sur vous. Il promettra du temps et des alarmes. Il annoncera que le joli mois de mai se passera en 2020 de la fée clochette et que les ponts habituels ne permettront que d'aller du salon à la cuisine ou de la chambre à coucher à la salle de bains.