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L’achat d’une éventuelle majorité avec l’argent public

Mais jusqu’où ira le Schtrumpf décérébré ? Nul ne le sait. D’ailleurs il tire une part de sa force de son imprévisibilité qui lui permet chaque jour de tenir les médias avides de sensationnel en haleine. L’influence de ses déclarations devient préoccupante. Elle déstructure totalement les équilibres déjà très fragiles d’une géopolitique marquée par la folie plus ou moins évidente de ceux qui en ont la charge. Ce qui devient encore plus préoccupant c’est l’ignorance ou le mépris qu’il témoigne à l’égard des règles constitutionnelles de son pays. Pire qu’un roi, il agit comme un dictateur persuadé de son invulnérabilité.

Sa dernière déclaration constitue même une énorme attaque contre les valeurs essentielles de ce qu’il subsiste de la démocratie américaine. Une caricature du monde ultra-libéral où tout s’achète et tout se vend. En fait Schtrumpf ne se rend même pas compte de son énormité puisque pour lui le pouvoir ne s’obtient que pas le fric et que les Américains ne sont sensibles pour bon nombre d’entre eux qu’au profit. Inutile de rire puisque chez nous, nous n’en sommes pas loin.

Quand l’écervelé de la Maison Blanche propose si on lui donne une majorité parlementaire, de verser à chaque adulte une somme de 5 000 dollars il transforme une vote individuel en opération financière. Il « achète » avec des deniers publics un résultat ou au moins il essaie de le faire. Devant les militants fanatiques de son parti il a en effet annoncé : « si les Républicains remportent les élections de mi-mandat, à la fois à la Chambre et au Sénat, je verserai un dividende de 5 000 dollars à chaque adulte américain ». Il appelle cette forme assumée de corruption politique le « Trump dividendee , une proposition assez unique dans l’histoire des démocraties occidentales. « Il y aura une condition : il faudra que ce dividende soit dépensé aux États-Unis, a précisé le dirigeant républicain à la tribune. On ne veut pas que vous alliez au Canada, en Chine ou en Allemagne ». Comment le vérifiera-t-il ? Peu importe !

La dépense est de plus de 1 200 milliards sans loi ni financement ; Elle intervient alors que le déficit fédéral atteint déjà 2 000 milliards et que les taux longs remontent (la France en sait quelque chose!). Aussitôt les milieux financiers se sont agités car les conséquences d’un tel acte dans le contexte économique actuel mettrait en péril l’économie américaine. Ce n’est pourtant pas une idée nouvelle.

Lors de l’élection présidentielle américaine de 2024, Elon Musk avait en effet déjà effectué une promesse du même style. Le milliardaire avait annoncé distribuer un million de dollars « au hasard », une fois par jour, à un électeur inscrit dans un des sept États clés, en échange de la signature d’une pétition conservatrice. Plusieurs personnes avaient ainsi reçu un chèque de la part du milliardaire qui puisait dans son immense fortune. Cette promesse avait alors jugée illégale par les juristes. Celle de Schtrumpf l’est encore plus.

La loi fédérale prévoit que toute personne qui « paie, offre de payer ou accepte un paiement pour s’inscrire sur les listes électorales ou pour voter » est passible d’une amende de 10 000 dollars ou d’une peine « de cinq ans d’emprisonnement ». Plusieurs enquêtes ont été ouvertes par la justice américaine à la suite de ces plaintes. Elles n’ont pas encore abouti. Là on est dans un autre cadre puisque Schtrumpf utilise sa fonction présidentielle pour distribuer une allocation universelle qui cependant devra être approuvée par le Sénat et la Chambre des Représentants. Autant écrire que sa promesse n’engage que ceux qui l’écoutent et qui y croient.

De manière indirecte en France de nombreuses déclarations au cours de la campagne présidentielle ressemble à celle-ci. Toute annonce de baisse de la fiscalité constituera une tromperie manifeste dans le contexte actuel. Il y aura bien des candidats pour promettre des augmentations salariales sur lesquelles ils n’ont aucun pouvoir et qui essaieront de séduire les électrices et les électeurs dans la difficulté. Depuis toujours le gouvernement (quand ce n’est pas le Président lui-même) annonce des revalorisations diverses d’autant plus facilement que ce ne sont pas les finances de l’État qui les assument.

L’exemple vient souvent des USA. Actuellement ce ne sont que des atteintes aux valeurs de la démocratie. Des déclarations que l’on qualifiera d’hasardeuses, de loufoques, de mensongères, de débridées, de dramatiques mais qui inspirent en Europe et en France. La dernière outrance schtrumpfienne atteint les sommets de la démagogie mais à l’image de ce qu’il se passe chez nous plus c’est « gros » plus c’est apprécié.

Bandeau créé avec l’iA

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Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    « Panem et circenses. »
    L’histoire est un éternel recommencement, à part quelques rares moments fugitifs de lucidité, de la part de dirigeants qui généralement ne font pas « long feu ».

  2. Meynard

    excellent as usual Professeur
    nous allons devoir nous mobiliser.
    modestement de mon côté !! imaginejllg.net
    Bien à vous.

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