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Alerte sur les risques d’une nouvelle crise du crédit

Entre le Mondial de football et la canicule il est difficile de persuader l’opinion dominante du cheminement du monde sur le fil du rasoir. Il est à peu près certain que le capitalisme n’échappera pas à une nouvelle crise financière majeure. Il est habituel d’évoquer (et je le fais trop souvent je sais) l’endettement institutionnel qui plombe actuellement et durablement la France mais il est assez rare que l’on se penche sur celui du secteur privé (entreprises et particuliers). Or ce paramètre du crédit accordé pour développer la consommation ou permettre des investissements a été à l’origine du fameux épisode des « subprimes » en 2007 et 2008. Il a fallu des mois pour se sortir d’un krak bancaire marqué par la défaillance de Lehman Brothers et par des pertes estimées à 500 milliards.

La Banque de France après avoir alerté sur l’inflation, sur le niveau de la croissance vient de jeter un pavé dans la mare des certitudes. Dans une déclaration l’une des gouverneures annone que son institution « voit réapparaître des ingrédients qui nous font penser à la crise passée». On n’en a pas beaucoup parlé médiatiquement alors que les effets d’une nouvelle dépression causée par un endettement insoutenable dans un contexte où les capacités financières des emprunteurs ne cessent de se réduire serait catastrophique. Les montants de la dette « privée » en 2006 avoisinait les 1500 milliards de dollars. Ils seraient du même ordre actuellement. C’est un volume qui représente un danger en cas d’impossibilité pour les emprunteurs de faire face à leurs engagements.

La vente par les organismes de prêt de parts de leur portefeuille de créances a continué. Ce que l’on appelle la « titrisation » a repris de plus belle de manière assez opaque et empirique rendant le système très fragile. Ce procédé strictement spéculatif consiste à regrouper des crédits douteux ou moins douteux pour les transformer en « actifs » destinés à être vendus en « tranches » sur les marchés financiers. En fait les prêteurs vendent vos emprunts et votre capacité à les rembourser à des organismes sur la base des taux qui vous ont été consentis. Il s’agit d’un transfert de risques de la banque ayant ouvert le crédit vers d’autres structures cherchant du profit. Au moindre contexte fragilisé le château de cartes s’effondre. Or il l’est en raison des évènements géopolitiques, des spasmes du Schtrumpf velléitaire, du tassement généralisé des échanges mondiaux et de l’inflation généralisée.

La plus grande incertitude règne aussi sur le lien entre les appels de fonds colossaux effectués en faveur du développement de l’intelligence artificielle et la dette des entreprises. Si la rentabilité espérée n’est pas au rendez-vous des sommes folles partiront en fumée. Cette perspective est éclipsée par les soucis provoqués par le marché de l’énergie qui concerne davantage les foyers que les échanges bancaires.

N’empêche qu’en France pour diverses raisons les fameux livrets de caisse d’épargne qui s’étaient gonflés en 2024 se sont vidangés en 2025 et en 2026. Les économies ne servent plus à acheter, à investir mais à faire face au surcoût du quotidien. Si le matelas des placements reste confortable car il avoisine 460 milliards la tendance de ces retraits traduit des difficultés des épargnants et constitue une réaction à un taux de rémunération trop bas. On puise dans les réserves pour le quotidien.

Il y a en France un peu plus de 12 millions de ménages qui sont titulaires d’un crédit immobilier ou à la consommation ce qui ne traduit pas un risque très élevé. En effet le secteur bancaire des prêts est en recul constant (- 20 % depuis 1989). Pour les entreprises les défaillances s’accélère et certaines ne rembourseront pas les sommes qui lui ont été allouées par leur banque. Et on ne parle pas des prêts Covid qu’ils restent pour certains à rembourser.

Il existe cependant une lueur d’espoir pour la France dont les établissements d’assurances des crédits immobiliers ou de prêts directs ne seraient pas trop en danger car les précautions prises au moment de l’octroi des sommes demandées rendent les emprunteurs fiables. La contre-partie c’est une consommation atone ou centrée sur des achats « ordinaires et essentiels ». Ce n’est pas plus rassurant.

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Cette publication a un commentaire

  1. J.J.

    Je ne suis pas particulièrement partisan de la violence, mais le sourire narquois du personnage bien propre sur lui de l’illustration en tête de l’article, et son exhibition d’assignats, me donnent une incoercible envie de lui navrer le fondement(même symboliquement) d’un coup de pied bien ajusté.

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