Depuis quelques mois une question lancinante taraude certains responsables locaux : comment informer la population sur des événements ou des faits la touchant directement ? C’est un véritable défi. Ne pas communiquer c’est prendre le risque suivant comme le disait Jacques Chaban-Delmas : « si vous ne dites pas ce que vous faites on répandra ce que vous ne faites pas ! ». Il est donc indispensable de communiquer vers celles et ceux qui souvent ne souhaitent pas recevoir les messages qui leur sont destinés mais à quel prix et par quels moyens?
Nous en somme rendus à un tel discrédit dans les « discours » des élus que même une information objective, réaliste, fiable est rejetée systématiquement provoquant un déchaînement d’approximations et même d’insultes indirectes. La crédibilité de ce qui est transmis est mise en cause par des personnes d’autant plus sévères qu’elles ont leurs propres vérités inexactes mais dont il est impossible de les « débarrasser ». En effet si le support est l’un des réseaux sociaux en vogue, le déluge des commentaires agressifs ou relevant de certitudes inexactes, pleuvent. Les élus se retrouvent alors en position d’accusés permanents. Quoi qu’ils disent et quoi qu’ils fassent.Les médias n’arrangent pas les choses !
Ce matin une équipe de journalistes débarque à Créon pour réaliser un reportage sur les coupures d’eau. Le centre ville est peu fréquenté rendant impossible la réalisation du fameux micro trottoir alors elle investit le bar. Elle vient rechercher du sensationnel : une ville asséchée, assoiffés, révoltée par la carence de son système d’alimentation en eau potable. La quête de l’oiseau rare débute. Or après une interruption matinale de courte durée tous les robinets coulent.
Je les rencontre. Ils espèrent venir tourner chez moi pour savoir comment je m’adapte à bientôt quatre-vingts ans à cette dramatique pénurie. Le reporter appelle sa rédaction pour lui dire que les ‘informations » données par un copain d’un copain ne semblent pas étayées. Il me les décline : « il n’y a pas d’eau »… « c’est de la faute au Maire qui ne fait rien ! »… « les travaux en cours dans le centre ville en sont la cause »… « le distributeur ne vaut rien »… »le château d’eau est foutu ! » Je démonte une par une ces allégations qui traînent sur les réseaux sociaux. Le communiqué aussi précis que possible de la Mairie fournit pourtant les bases de la situation réelle. Il n’en a cure. Je lui explique que c’est un problème structurel lié à la carence de la ressource sur le secteur de l’Entre-Deux-Mers. Il partage cette analyse avec sa rédaction qui lui répond que c’est pas le moment il faut le reportage pour midi. Il interroge à la volée deux personnes dans le bar et s’en va.
En fait l’enquête ne reprendra que les éléments à charge mais ne fournira aucune analyse de fond due la situation grave de la ressource en eau potable sur certains territoires girondins. Il suffit qu’un château d’eau se vide trop vite en raison d’une surconsommation, pour que les élus se retrouvent mis en cause. Comment expliquer que la distribution de l’eau ne relève pas de la mairie mais d’un syndicat intercommunal qui couvre 18 communes ? Comment expliquer que le forage de Créon a été fermé pour un surcroît de fluor de quelques milligrammes par litre ? Comment expliquer que la solidarité doit jouer autour des puisages dans la nappe de l’éocène en train de s’épuiser ? Comment expliquer que le prix du m³ est obéré par les taxes (plus de 50%) perçues par l’état (TVA) et pour les structures de surveillance et de régulation des utilisations ? Comment expliquer que c’est le cas depuis plus de 20 ans !
La canicule… mais que font les élus locaux pour la combattre? Dans le fond c’est un peu de leur faute… et d’ailleurs le réchauffement climatique n’est qu’une création de leur part pour mieux contrôler le peuple des travailleurs, des familles, des retraités. Dans quelques jours lorsque la température aura diminué et que l’on reviendra à des usages « normaux » la situation angoissante créée par la perspective d’une raréfaction de la ressource sera vite oubliée. La haine des élus, l’irrespect dépassant la critique, la vindicte érigée en argument, l’absence totale de compréhension du système, la méconnaissance réelle des contraintes et la démagogie prennent le pas sur la citoyenneté critique mais argumentée. Toutes les réactions sont celles de consommateurs déconfits !
Tous les matins en se levant un élu de quelque niveau doit désormais savoir que dans la société actuelle il est à la merci d’une rumeur, d’un incident de la vie collective, d’une interprétation… de ce qu’il a voulu partager. Entre l’indifférence qui reste majoritaire, l’acculturation qui ne cesse de progresser, le besoin d’exister par l’outrance des positions et un système médiatique préférant le sensationnel au pédagogique et la revendication d’une démocratie devant être participative il y a une différence insurmontable. On le constatera lors de l’élection présidentielle…
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Bonjour,
nous sommes à l’heure des merdias courant derrière les réseaux associaux putaclic. La course à l’échalote merdias versus internet n’est motivée que par les retombées financières de la course à l’audience. Comment faire pour faire de l’audience? C’est simple il faut faire de la mousse et la mousse c’est très peu de liquide et beaucoup d’air pour obtenir une émulsion qui va vite s’évanouir. Il sera temps alors de changer de sujet avec comme antienne » on va tous mouriiiiiir!! trouvez vite les boucs émissaires ». Chaque sujet digne d’émotion populaire va monter en puissance et gare à celui ou celle qui va servir de fusible pour expier les fautes commises souvent par d’autres. La méconnaissance du fond des sujets abordés est maquillée d’un scientisme fournissant des solutions avant-gardistes totalement isolées de la réalité. Qu’importe les experts toutologues sont là dans les studios climatisés pour brasser de l’air, bien conscients que ce sujet sera bientôt oublié ils ouvrent grandes les vannes du populisme yaka. L’expertise a laissé la place aux profils de gendre idéal ayant avalé la dernière cassette du sujet du jour. Toute comparaison avec l’offre politique ne peut être que fortuite … Ou pas!
Pauvre de nous! Car hélas, c’est cette manière de traiter les sujets qui pousse les décideurs à agir dans la logique de l’instantané. Ne pas agir ainsi conduit direct au suicide politique.
Le pays de Descartes sombre dans la vérité vraie manipulée par des pseudo-savants qui ne sont en fait que des manipulateurs intéressés.
» Pour examiner la vérité, il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut. » René Descartes
bonne journée