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Jean-Luc Melenchon le stratège de la « Nouvelle France »

A-t-on le droit de montrer une différence avec Jean-Luc Mélenchon quand on pense être de gauche ? Pas certain quand on sait combien la moindre égratignure portée à la statue du Commandeur provoque des réactions courroucées de ses contempteurs. Même si je l’ai côtoyé en quelques occasions et si j’ai eu quelques échanges avec lui je ne prétends pas avoir la capacité à dessiner les contours d’une personnalité très complexe (1). Et pourtant. Comme pour bien d’autres icebergs de la vie politique, je suis persuadé que la partie immergée de sa personnalité est largement supérieure à celle qui dépasse le niveau des flots des apparences. Je n’ai aucune certitude sur lui car il est impossible d’en avoir mais il m’est possible de dégager des grands traits d’une personnalité pas si complexe que ça. 

Le désormais candidat officiel à l’élection présidentielle que j’ai croisé alors qu’il était au P.S. ou plus tard quand il a décidé de quitté un parti dans lequel il ne se reconnaissait plus, a une extraordinaire capacité stratégique. Sa culture historique exceptionnelle (et notamment celle des mouvements révolutionnaires) lui a donné une capacité d’analyse des situations politiques nationales et donc d’anticiper les directions à prendre pour s’installer comme une référence pour des millions de citoyens. Il avance à partir de bases idéologiques n’ayant rien d’irréfléchies. Rien n’est le fruit des circonstances et du hasard. Le présidentiable est d’accord avec lui-même et ça suffit.

Mélenchon a bâti autour de son destin national une stratégie qu’il déploie à travers le parti qu’il a créé. Il n’a qu’un objectif : se retrouver au second tour de l’élection présidentielle mais c’est de plus en plus improbable. Son calcul est simple. Depuis des années il a constaté en regardant attentivement les résultats électoraux que la France se « fracture » chaque jour un peu plus. La partie rurale dispersée, en déclinaison démographique, sous influence des médias audiovisuels, se sentant abandonnée ne l’intéresse pas. Sa priorité absolue est pour les zones urbaines denses, en croissance de population, beaucoup plus accessibles aux idées novatrices. Il a ainsi récemment concrétisé ce choix en lançant le concept de « Nouvelle France » qui finalise sa vision d’un électorat potentiel. Une sorte d’héritage à transmettre. 

On retrouvera donc ce slogan probablement dans sa campagne présidentielle. Pour lui la France s’est urbanisée : l’exode rural a continué dans notre pays jusqu’aux années 1970. En 1958, 55 % de la population française était urbaine. Aujourd’hui, c’est plus de 80 %. Les voix dont il a beoin sont là. Et les récents résultats aux élections municipales l’ont démontré. Le candidat déclaré pense aussi que la ville est  un mode de vie matériel : celui de la dépendance aux réseaux comme condition de la satisfaction des besoins essentiels. L’expérience commune urbaine est donc aussi « celle d’une lutte de classe entre le peuple et l’oligarchie ». Après des échhecs répétés il en a fait son cheval de bataaille. Il ne vit que sur ses certitudes. 

Mélenchon est un tribun reconnu mais il n’est pas seulement un orateur de pure forme. Tout est calculé chez lui : ses indignations, ses colères, ses soutiens ou ses amitiés. Croire à la spontanéité de ses saaillies ou de ses incartades s’est être d’ue naïveté aabsolue. Il s’est installé au-dessus de la mêlée et quand il y entre ce n’est pas pas simple plaisir du jeu mais pour régler quelques comptes. Il s’est construit une image de dur à cuire susceptible de tenir dans toutes les tempêtes. « C’est le contexte et l’urgence qui ont fixé la décision insoumise, a-t-il assuré ier soir sur TF1. Nous entrons dans une saison très agitée de l’histoire du monde, nous sommes menacés d’une guerre généralisée, nous sommes menacés par un changement spectaculaire du climat (…) et une crise sociale et économique se profile » Il adore se présenter sous le profil du sauveur. Il en use. 

J’ai tenté de l’intéresser à l’autogestion associative citoyenne en laquelle je crois toujours. Chaque fois ce fut un échec. Ce n’était visiblement pas sa préoccupation principale. Jean-Luc Mélenchon s’intéresse à ce qui contribue à la construction de son destin présidentiel. Sa « Nouvelle France » présente une nouvelle identité totalement opposée à celle du RN. Il espère l’installer contre le rempart à la montée du « gendre idéal ». Il a estimé que son « principal adversaire » à la présidentielle sera le Rassemblement national, « puisqu’il paraît qu’ils vont gagner ».Le fondateur de LFI dit ne pas croire à ce scénario : « Je pense que nous allons les battre à plate couture. » Il s’est toujours pensé investi d’une mission à cet égard. Un coté mystique sur son rôle qui ne lui déplait pas perce sous bien des prises de positions. 

Le candidat se lance. Il sait que le terrain est libre. Tergiversations, ambiguïtés, trouille généralisée et incapacité à dépasser le cadre des personnes ailleurs sur l’échiquier politique : il sera durant des semaines et même des mois le seul héraut de la lutte anti-RN. Il adore la place de référent, de leader, de mentor. Il a d’ailleurs une filiation mitterrandienne dans son rapport aux autres qu’il classe facilement en « utiles » et « inutiles ». Il sait aussi que l’on ne court qu’après celui qui fait la course en tête. Alors il esssaie d’avoir toujours un temps d’avance. 

Toute sa personnalité se retrouve dans l’une de ses premières déclarations sur TF1 (tiens donc pourquoi pas le service public ? ).  « Nous, c’est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat ». C’est tout lui ! Ce ne sera pas suffisant, selon moi, pour qu’il atteigne son objectif. 

(1) Mon livre « Le jour où…. » Editions L Bord de l’Eau vous apportera bien plus sur lui. 

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Cette publication a un commentaire

  1. faconjf

    Bonjour,
    Les questions subsidiaires effacent la réalité, en voici tirées au hasard (?) du sac noir de la communication politique. Mélenchon pourquoi faire ? Mélenchon ou l’âge du capitaine ? Mélenchon vous avez personne de neuf pour le remplacer?…
    Et voici quelques exemples de la réalité
    – Attac France a constaté qu’à eux seuls, les «0,001 % les plus riches de la planète détiennent 3 fois plus de patrimoine que les 50% les plus pauvres. Autrement dit, les 56.000 ultra-riches possèdent 3 fois plus de patrimoine que 4 milliards d’humains ! Et plus ils sont riches, moins ils paient d’impôt».
    – L’analyste Ethan Levins a vu que «la dette américaine a dépassé son PIB annuel. On doit plus d’argent qu’on ne peut même en produire. Techniquement et officiellement il n’existe pas de moyens de s’en sortir ».
    – «les États Unis nous exportent leur inflation ce qui appauvrit mécaniquement les Européens ».
    Alors que va pouvoir faire la Méluche ( ou le représentant de la firme Lepen )pour changer la donne économique qui fait que l’hégémon U$ frappe partout dans le monde et que après chaque frappe c’est l’ UE( rss) qui paie la note. La crise de 2008 a ouvert le bal. La crise de 2008 a débuté avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à faible revenu pour rembourser les crédits qui leur avaient été consentis pour l’achat de leur logement.Pour éviter une crise systémique, les États doivent intervenir et sauver de nombreuses banques, ce qui provoque une crise de la dette publique en Islande puis en Irlande, et une récession touchant l’ensemble de la planète. Les finances publiques sont lourdement sollicitées pour résoudre cette crise. Après un recul du produit intérieur brut mondial de 2,2 % en 2009, le déficit public se creuse dans de nombreux pays. Selon l’ONG Finance Watch, fin 2014, les dispositions prises par l’Union européenne se montrent velléitaires et insuffisantes, en regard des enjeux considérables et des enseignements qu’il est possible de tirer de cette crise. La loi de séparation des activités bancaires ne porte que sur une part minimale, symbolique des actifs bancaires. Rien n’a donc fondamentalement changé dans les principes d’organisation générale du secteur bancaire, ni dans les méthodes de gestion des risques bancaires et financiers. Rien de changé les U$ font la loi qui leur va bien en se foutant de l’opinion mondiale!
    Je passe sur la crise Covid qui a rempli les caisses de Big-pharma U$ et a saigné notre sécu.
    La crise Ukrainienne voulue par les U$ et leur caniche Anglais a torpillé l’économie UE et notamment Teutonne, résultat des milliers de morts et d’estropiés et des oligarques Uk se sont fait des fortunes sur notre dos. Et cela a généré des milliards de produits pétrole et Gaz de schiste au grand bénéfice des U$.
    La crise U$Raél/Iran une nouvelle torpille sous la ligne de flottaison des pays Européens au grand bénéfice des complexes militaro-industriels et pétrolier des U$.
    Et pendant ce temps les PCDF attendent béats la venue de l’homme providentiel dans la fracture béante entre La méluche et Jord’âne Bartoidelà. Tout va bien pour les riches diviser pour régner, rien ne change.
    Alors l’un ou l’autre peuvent-ils s’opposer aux banksters U$ et autres fanatiques Israélo, Russes ou Chinois ?
    Ben non! Comme toute la classe politique Franco-Française ils préfèrent critiquer les camps adverses pour mieux se partager les picaillons de la corruption endémique de la Ripoublique au service des corrupteurs.
    Une petite vidéo si vous le souhaitez
    https://indymotion.fr/w/8aJhm8YpTnjrQYxjJgjV9m
    « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. » John Fitzgerald Kennedy.
    ( coucou Nunez! C’était bien ta promenade en hélico hier? Encore plus de répression pour faire taire la musique. PT1 t’as rien d’autre à foutre ? Il n’y a rien de plus urgent? Des branleurs qui tirent à la kalach dans les rues et toi tu gaspille Notre pognon a survoler les ultras-dangereux teufeurs qui faute de mieux occupent illégalement un terrain militaire pollué abandonné par l’État? Ah oui j’oubliais ta plainte contre un humoriste! tuer l’humour contestataire et faire taire la musique non autorisée, bigre ça ressemble de plus en plus aux talibans ta « politique ». )
    Et aussi cette citation du même Kennedy « Si la société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres, elle ne pourra pas sauver la minorité des riches. » Je peux pas mieux dire.
    Si aucune prise de conscience ne s’opère d’ici l’échéance, je crois bien que je m’en vas m’abstenir au prochain scrutin et c’est désespérant …
    Bonne journée

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