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Les « affaires » détruisent les valeurs sociales positives

Lorsque l’on entre dans la vie publique, quel que soit le niveau d’investissement, il faut savoir que désormais la perméabilité entre les actes liés à une responsabilité élective et ceux qui relèvent du cercle privé est de plus en plus faible. C’est une constante dans la politique depuis toujours, mais il n’y a plus aucune retenue. On sait fort bien que les « renseignements généraux » de tous temps garnissaient des fiches cartonnées avec les événements susceptibles un jour être divulgués au bon moment via des médias avides de potins plus ou moins salaces. Il est impossible de préserver quoi que ce soit. Tout finit en douce ou avec éclats par se savoir.

Difficile pour une femme ou un homme qui détient un mandat électif de se protéger. Il lui faut par exemple lors d’une manifestation à laquelle il assiste se méfier des gens qu’il rencontre, à qui il serre la main ou qui s’approchent pour se faire photographier avec lui. Le téléphone mobile devient une source inépuisable de prises de vues ressurgissant un jour ou l’autre dans l’actualité. D’ailleurs dès qu’un problème survient, cet appareil est saisi, décortiqué et analysé pour connaître vos contacts, vos rendez-vous, vos messages. Pire ils sont parfois piratés à distance et enregistré sans qu’on le sache.

Dans l’affaire Epstein sur les millions de pages caviardées à bon escient, des noms apparaissent et sont livrés en pâture sur la base de simples mails ou de SMS échangés. Ce déversement de documents noyant l’important dans le futile et le subalterne, démontre une forme de manipulation de l’information dont on ne mesure pas l’impact. Chaque camp y trouve matière à dénigrer ou à dévaloriser celui qui lui déplaît. Le volume des « révélations » atteste de la tendance dont il était question ci-dessus : on espionne, on fouille, on collecte sans nécessairement se tourner vers la justice. Un jour ça refait surface.

Lorsque l’on démarre dans la vie publique on ignore cette dimension de l’engagement que l’on prend. Il arrive que malgré tous les efforts que l’on déploie, on entraîne dans sa chute ou ses échecs sa famille, ses proches et ses amis. On les plonge au moins jusqu’au cou dans ses soucis, ses doutes, ses angoisses qui sont plus nombreux que les joies ou ses réussites. Tous les candidats ont-il conscience de cette réalité au moment où ils se lancent dans une campagne ? Je n’en suis pas certain. Une épouse ou un époux, une compagne ou un compagnon doit accepter la mise en avant de l’autre avec ce que cela comporte comme problèmes potentiels. Son absence comme sa présence sera scrutée. Elle sera même interprétée. Ses faits et gestes disséqués au même titre que celui qui détient un petit pouvoir.

L’exploitation de toute défaillance devient e effet une arme aussi efficace que celle qui tire des balles. Il suffit qu’un nom apparaisse quelque part et aussitôt la machine s’emballe. Elle emporte tout sur son passage. Le plus dur c’est donc d’accorder sa confiance, de se croire en sécurité avec des compagnes ou compagnons de route que l’on juge fiables. La désillusion ne pardonne pas. L’erreur de tous les gens détenteurs d’un pouvoir c’est de penser que la loyauté et la franchise s’appliquent à la conduite de tous les êtres humains. Sur tous les parcours les trahisons existent. Souvent elles surprennent, déstabilisent ou laissent KO. Inévitable.

L’espionnage des deux journalistes de France Inter illustre cette nouvelle donne. Un repas n’a plus rien de secret. Un échange autour d’un café devient une prise de risques. Il faut même surveiller les lieux où l’on se montre. Trop de passages au bar ou au café vous donnent l’image d’un poivrot. Ne pas y aller vous catalogue dans les pisse-vinaigre. Tout geste d’humanité, de tolérance, de partage vous range chez les « couilles molles » et toute attitude ferme vous transforme en dictateur. Les amis se raréfient et surtout il ne faut pas trop compter sur eux quand la défaite se profile. C’est alors qu’on compte ces « amis » virtuels ou en chair et os. 

Ce qui me frappe c’est la multiplication des « affaires » petites ou grandes. Elles n’ont pourtant aucun impact sur l’opinion du moins sur celle qui a des idées bien arrêtées. Celle scandaleuse, horrible, massive de Epstein n’a pas l’air de soulever la réprobation aux États-Unis pourtant traversés par un courant de puritanisme exacerbé. En France c’est pareil. Plus rien n’a vraiment de prise sur l’opinion dominante. Elle courbe l’échine ou baisse les yeux pour ne pas remettre en cause ses « certitudes ».

Les candidatures aux élections démontrent que rien n’est perdu. Tout le monde fait comme s’il ne se passait rien et les « coupables » se transforment en victimes. Il ne s’agit pourtant plus d’affirmations fantaisistes ou de calomnies mais de faits prouvés. Diantre c’est la justice qui fait mal son travail. Il faut être sacrément costaud pour affronter de telles situations et avoir un culot monstre pour rester sur le devant de la scène. Difficile pourtant pour le citoyen lucide de se satisfaire de cette société où les « affaires » se succèdent en éclaboussant tout la vie publique. Le mal est profond et durable. 

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Cet article a 4 commentaires

  1. J.J.

    « C’est alors qu’on compte ces « amis » virtuels ou en chair et os. »
    Parfois, selon les circonstances, le compte est vite fait sur les doigts d’un manchot, de même avec les personne de ce que l’on croyait être sa famille.
    Et à contrario aussi, on peut être parfois surpris d’être pris en considération, de trouver aide ou amitié auprès de personnes qui jusqu’alors ne vous avaient manifesté qu’une indifférente politesse(intérêt réel ou opportunisme ? L’avenir vous éclaire rapidement).

  2. faconjf

    Bonjour,
    j’ai failli verser une larme en lisant votre billet du jour, les pôvres Z’élites qui nous gouvernent ont un petit cœur qui bat dans leur poitrine virile ou pas. C’est vraiment trop injuste!!
    Je rappelle que l’affaire Jeffrey Epstein a révélé un vaste réseau de trafic sexuel de mineures impliquant l’élite mondiale. Milliardaire influent, Epstein utilisait ses propriétés (notamment son île privée aux Caraïbes) pour exploiter des jeunes filles, avec la complicité de Ghislaine Maxwell. Arrêté en 2019, il meurt en prison peu après, un suicide officiel qui alimente de nombreuses théories. Maxwell, elle, a été condamnée à 20 ans de prison en 2022. L’affaire a éclaboussé des figures majeures comme le prince Andrew ou Bill Clinton pour leurs connexions avec cet homme. Voila le contexte officiel tiré volontairement du coté sexe sordide des têtes ornées des lauriers de la gloire qui se font asperger de m….e par les merdias passant de la complaisance à l’accusation. Je fais remarquer que Epstein n’est pas devenu milliardaire par héritage ( son père était jardinier et sa mère femme de chambre). Après une brève carrière d’enseignant de mathématiques et de physique à la Dalton School, il fait carrière dans la finance au sein de la banque Bear Stearns puis à son compte, faisant rapidement fortune. Il devient ensuite l’ami et le protégé du magnat du textile Les Wexner, qui lui aurait confié la gestion de sa fortune et dont il reste proche des années 1980 à 2007. Son appartenance au Mossad est plus que suspectée par nombre de spécialistes de l’affaire Epstein. En 2019, la journaliste Vicky Ward rapporte qu’Alexander Acosta, le procureur ayant accordé un accord clément à Epstein en Floride en 2008, aurait déclaré avoir été informé qu’Epstein appartenait aux services de renseignement et qu’il fallait « le laisser tranquille ».
    Les ramifications de l’emprise d’Epstein sur le « nœud » des intérêts politiques, économiques et merdiatiques se tend autour de pratiques sexuelles perverses. Les acteurs involontaires de ces frasques se trouvaient alors sous l’emprise d’Epstein ( ou de ceux pour qui il travaillait) au moyen des sextapes réalisées à leur insu lors de leurs prouesses. Ce qui en ressort est simple: grâce à tous ses esclaves « goyims *» (selon son expression), Epstein a au accès à des informations clé, dans chaque pays (la France en particulier), transformées aussitôt en dizaines, voire centaines de millions de dollars de profits.
    Un des exemples est son contrôle de Lord Mandelson, le parlementaire anglais, qui avait par exemple averti Epstein du plan de sauvetage euro de 500 milliards, puis de la magouille pour faire tomber la Grèce, etc., etc. Le 9 mai (dimanche) 2010 Mandelson lui a envoyé des messages ( retrouvés dans les documents publiés) ce qui a permis à Epstein et à ses amis de prendre des positions avant l’ouverture de toutes les bourses européennes. Rigolez pas, indirectement notre pognon a enrichi un criminel.
    Le nom de Jack Lang apparaît dans la dernière salve de documents révélés par la justice américaine au sujet de Jeffrey Epstein. L’ancien député et ministre français a justement réagi ce mardi 2 février 2026 à cette information. Il indique à l’AFP assumer « pleinement les liens » qu’il avait pu créer avec Jeffrey Epstein, « à une époque où rien ne laissait supposer (qu’il) pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité ». Les noms de celui qui est désormais président de l’Institut du monde arabe et de sa fille Caroline sont cités. Le 02/02/26 à 23:54 Caroline la fille de Jack Lang démissionne
    « J’ai décidé de me retirer de mes fonctions de déléguée générale du SPI », le Syndicat des producteurs indépendants, a annoncé dans un communiqué Caroline Lang, la fille de Jack Lang, lundi soir, soit seulement trois semaines après son arrivée. Une décision qui fait suite aux révélations sur ses liens avec Jeffrey Epstein. Elle ne souhaiterait en effet pas que cette « situation » puisse »nuire au syndicat ».
    Ainsi, parmi les noms qui ressortent des documents de l’affaire Epstein récemment publiés par la justice américaine, on retrouve ceux du mathématicien Cédric Villani, dans des échanges avec le milliardaire peu après son élection comme député En Marche, et d’Olivier Colom, qui n’est autre que l’ancien conseiller au cabinet de Nicolas Sarkozy. Avec ce dernier, Jeffrey Epstein aurait notamment parlé de la carrière de Bruno Le Maire.
    Certains de ces nouveaux documents font référence au président Donald Trump et à d’autres personnalités françaises de premier plan, notamment au sein du Rassemblement national (RN). Attention, les personnalités du parti d’extrême droite citées ne sont en aucun cas en lien avec les affaires liées à la pédocriminalité dans le dossier Epstein, aucune implication les concernant n’est mentionnée dans le flot de mails traités par la justice.

    Avant d’être incarcéré en 2019, Jeffrey Epstein aurait échangé avec ses collaborateurs sur le meilleur moyen de financer la campagne du parti à la flamme pour les élections européennes de la même année. En effet, dans les derniers documents rendus publics et accessibles librement, les mentions « National Front » et « Le Pen » apparaissent. Louis Aliot – maire de Perpignan et ex-mari de Marine Le Pen – est par exemple cité dans le cadre d’une potentielle rencontre avec Steve Bannon, racontée par le journaliste Michael Wolff à Jeffrey Epstein. Le premier édile de Perpignan occupait alors le poste de vice-président du Front national.
    Quand Epstein ne tenait pas les Z’élites par les coui…s il les tenaient par le pognon… Et au bénéfice de qui???
    La justice française va se retrouver elle aussi dans la lumière. Le suicide, en 2022, de l’agent de mannequins Jean-Luc Brunel, au cœur de l’affaire Epstein, a éteint le volet pénal français. Mais deux femmes qui l’accusent de viol ont engagé une action au civil contre ses héritiers pour obtenir la reconnaissance du préjudice. Une audience est prévue le 3 février.
    Excusez-moi je retrouve pas mon mouchoir pour pleurer sur le triste sort des politiques injustement traqués par une justice aveugle…
    Bonne journée
    * Définition « goyim » n.m.
    Un païen (dans la Bible et pour les premiers chrétiens).
    Étranger au culte israélite. Plus généralement, non Juif.

  3. François

    Bonjour Jean-Marie !
    21/20 pour ce magnifique feuillet sur la fin ( programmée ! !) de l’INTIMITÉ individuelle car, le bémol, c’est que ça touche tout individu et pas seulement les politiques ou les vedettes ! J’adhère à 120 % à ta diatribe !
    Toutefois, reconnaissons qu’à l’insu de notre plein gré, nous contribuons à ce suivi insidieux grâce aux moyens modernes (carteS, portables, Facebook, Linky (attention les voitures électriques) ).
    Non seulement je m’inquiète que l’on connaisse ma marque préférée de yaourts (je les emm… car je change souvent ! ! ) mais que, bientôt, on me suive dans cet endroit très restreint qui ne sera plus le dernier lieu de liberté, ça m’insupporte ! ! ! Certes, je dois être le dernier du département voire de la Région, mais je persiste dans la non possession de ce petit écran, véritables menottes consenties … ce, même si cet objet bien utilisé peut présenter quelques rares avantages ! ! En vieux randonneur montagnard, j’ai remarqué que, outre les zones blanches, trop de sécurités nuisent à la vraie sécurité. Confirmation par le ski hors piste.
    Quant à l’abêtissement que procure cet objet, regarde la vie des rues. Si tu conduis (encore !!), à l’approche d’un passage piéton, bien sûr, regarde le bitume mais méfie-toi de cet abruti qui, tête baissée sur sa main, court sur le trottoir. T’as vu ? Il traverse sans regarder et toi, tu exploses ta pédale de freins car, si tu le touches, tout avocat, débile ou non, te classera RESPONSABLE. Mais, oui, Jean-Marie ! !
    Et les zones blanches ? Il y en a plus … sauf chez moi à 300 m d’un relais de 48 m ! ! ! Lors des paiements par Internet, ma chère banque m’invite, grâce au portable de Madame (!), à récupérer un code … à 100 m contre le noyer ! ! Tu regardes la météo avant d’engager la démarche ! !
    Aaaah, c’est beau le progrès ! ! !
    448 au jus.
    Amicalement.

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