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Le grand jeu du « qui perd gagne » est engagé !

La semaine qui s’ouvre risque bien d’être l’un des plus importantes pour l’avenir d’un pays qui chemine sur une ligne de crêtes avec de chaque côtés un ravin vertigineux. Le moindre faux-pas et c’est la chute irrémédiable. D’abord selon le déroulement du procès des employés Tefal attachés parlementaires européens qui en fait n’étaient attachés à rien d’autres qu’à la tambouille du RN, le fonctionnement réel des institutions sera mesurable.

Indépendance de la justice, ingérence étrangère, capacité de résister à l’opinion sous influence : le procès en appel aura une signification particulière à quelques mois de l’élection présidentielle. Certes il durera un mois mais le début donnera la tonalité générale.

Il faudra ensuite se pencher sur une procédure d’adoption d’un budget 2026 à laquelle plus personne ne comprend quelque chose. Les arcanes de la procédure parlementaire deviennent tellement complexes qu’il ressemble à un labyrinthe dans lequel la démocratie représentative s’est égarée depuis pas mal de temps. Le passage du projet devant la commission des finances a déjà laissé entrevoir une issue négative. Il n’y a plus rien à négocier, plus rien à tripatouiller, plus rien à modifier. Le premier de Ministres a épuisé toutes les cartes qu’il avait dans les manches de son costume de «Maquignon ». On se dirige vers un 49-3 et une motion de censure désormais plausible.

L’échéance étant prévisible le locataire de Matignon a lancé un pavé dans la mare du palais Bourbon et indirectement de celui du Luxembourg. Un démontage du mécanisme s’impose. Il est en effet extrêmement subtil. En évoquant la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale qui rappelons-le est de la seule volonté du Président occupé à courir après les dingueries du Schtrumpf il a joué une superbe coup de billard politique à trois bandes. Le « moine soldat » a manœuvré avec habileté.

La perspective d’une dissolution pose une vrai problème aux partis politiques institutionnels puisqu’ils ont désigné leurs têtes de liste aux élections municipales qui se dérouleront pour le premier tour le 15 mars. Bon nombre d’entre eux se présentent au poste de maire alors que cette fonction est incompatible avec celle de parlementaire. En Gironde par exemple, à ce jour, Ludovic Prudhomme (LFI) à Bègles ; Sébastien Saint Pasteur (PS) à Pessac ou Thomas Cazenave à Bordeaux (Minorité présidentielle) auront bien du mal à mener deux campagnes sur des thèmes bien différents en même temps.

Revendiquer un poste de député en même temps que celui de premier magistrat communal c’est un sacré handicap. Les électrices et les électeurs risquent d’élire dans un cas comme dans l’autre un candidat qui n’occupera pas l’un ou l’autre des postes ! Et c’est pas bon pour l’image ! 

En lançant l’idée de fusionner les deux élections le Premier des ministres a semé le doute. Entre 80 et 100 députés de LFI, du RN, de LR, de la minorité présidentielle ou du PS sont sur les rangs pour l’écharpe de Maire. Si l’on part de la Constitution la loi électorale qui prévoit que le scrutin doit avoir lieu dans les vingt à quarante jours suivant la dissolution rend les délais de décision très restreints.

La dissolution doit dont intervenir au plus tard le 22 février et au plus tôt le 3 février ! Le piège est refermé car il faudra en fait déposer les candidatures double à la même date. Double dépenses. Double propagande avec impossibilité de ne pas séparer les documents. Double compte de campagne… C’est donc la panique dans les rangs des députés.

La seconde astuce, c’est de politiser le vote des municipales. Il serait étonnant qu’une électrice ou un électeur votant RN ou LFI lors des législatives ne vote pas RN ou LFI aux municipales. On a beau m’expliquer que ce n’est pas pareil l’expérience me montre qu’il y a peu d’écart dans les résultats un jour de double scrutin (municipales-cantonales en 2008 par exemple). Cette politisation risque de causer des dégâts collatéraux lors de sénatoriales de fin septembre 2026.

La majorité sénatoriale repose en effet essentiellement sur le vote des grands électeurs non-inscrits ou se disant sans étiquette. La fossilisation de votes « politiques » risque donc bel et bien de coûter cher au « ventre mou » du Palais du Luxembourg qui n’a rien à gagner dans cette initiative. Le signal est sans équivoque ! 

Le jeu du qui perd gagne est engagé. A peine la « bombe » lâchée, une annonce via la presse a tenté d’en diminuer les effets : son auteur assure ne vouloir « ni de la censure, encore moins de la dissolution ». Une manière comme une autre de signifier que les dégâts ne seront pas de son fait ; En plein procès de la Marine nationale une dissolution la priverait quoi qu’il advienne de son dernier poste électif et l’éliminerait de la vie politique. Et si on appelait le Schtrumpf boulimique il réglerait vite le sort de tous ces pingouins !

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Cet article a 4 commentaires

  1. François

    Bonjour Jean-Marie ! 
    «Et si on appelait le Schtrumpf boulimique il réglerait vite le sort de tous ces pingouins ! »
    Malgré les risques encourus, c’est sûrement LA solution car, dans les rayons de l’hypermarché politique de l’enseigne France, pas ou peu de Sctrumpfs ou Schtrumpfettes capables et surtout ACCEPTÉS par la tribu tricolore … même si les soldes arrivent ! ! !
    470 au jusqu’au jus.
    Amicalement  

  2. Gilles Jeanneau

    Mon cher Jean-Marie
    Ta prose illustre à merveille ce qu’on appelle maintenant la désaffection de l’électorat…
    Car il faut être, comme toi, un ancien routard de la politique pour comprendre les méandres de la procédure budgétaire liée à ceux de la politocratie (oui, je viens d’inventer ce mot!)…
    Celle-ci a compliqué à outrance (je ne sais pas où c’est comme disait Pierre Desprges car je n’y suis jamais allé! mais eux sûrement que oui)) tous les mécanismes et toutes les procédures qui font que le péquin de base n’y comprend plus rien, mais c’est le but recherché semble-t-il.
    Bref, on ne comprend plis rien à rien…mais tout va très bien Mme la Marquise, tout va très bien!
    Allez, bonne journée quand même!

  3. J.J.

    On se croirait dans les années trente, d’après ce que j’en ai entendu dire, et ce n’est pas rassurant, avec qui vous savez dans le rôle du psychopathe mégalomane. Je crains que tout cela ne finisse très mal.
    @ Gilles Jeanneau. La politocratie, ça dit bien ce que çà veut dire. Pour moi, inventer des mots est d’un usage courant quand cela est nécessaire. Certes la langue française est riche, mais ça coûte moins cher de l’enrichir que les exilés fiscaux.

  4. faconjf

    Bonjour,
    commençons avec un peu d’humour https://youtu.be/f_fvjMguB7Q
    désolé pour la pub en début de vidéo « faut bien payer la gratuité » .
    Pour revenir à votre billet du jour le théorème Pasqua s’applique maintenant à la politique en général « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien. » Et voila la nouvelle recette concoctée par les spin-docteurs de l’Élysée et présentée par le nouveau « Didier l’embrouille de Maquignon ». La surprise attendue n’a pas tardé, la limace politique de la Creuse et son premier secrétaire annoncent qu’ils ne veulent pas assumer la mort du NFP et la perte de leurs sièges en refusant de voter la censure. Sauve qui peut chez les faucialistes plagiant la du Barry « Encore un instant Monsieur le Bourreau » que l’on peut traduire par « laissez-nous s’il vous plaît mon bon saigneur profiter encore un peu des ors de la ripoublique ».
    Et Brigitte de s’esclaffer  » et dire que certains me reprochent d’avoir des … cojones hihi! « . Au qui perd gagne c’est pour le moment la Mac-Ronnie minoritaire (et donc perdante) qui gagne un nouveau sursis et s’évite ainsi de payer la facture de sa stratégie à géométrie variable sur le Mercosur. C’est aussi la FNSEA qui perd du terrain ( agricole?) aux élection et qui va gagner encore plus de pognon par les importations (d’Amérique du sud) via les sociétés qu’elle contrôle. À la tête du syndicat, ses leaders sont pieds et mains liés à l’agriculture exportatrice. Arnaud Rousseau, son président, est aussi le président du conseil d’administration d’Avril la multinationale française des oléagineux et des protéagineux fait la moitié de son chiffre d’affaires à l’étranger. Avant de devenir exploitant agricole, il a commencé sa carrière dans le négoce et le courtage sur le marché agricole. L’ancienne présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, siège également au CA du Crédit agricole, qui a des intérêts au Brésil.
    La FNSEA n’avait pas le choix vu sa base sociale de s’opposer, du moins officiellement, au Mercosur, mais il ne faut pas oublier que ses dirigeants se sont énormément enrichis grâce au libre-échange. Si les éleveurs font faillite, leurs terres seront vacantes et vendues pour éponger les dettes contractées au CA ( coucou Christiane) et du coup donner des opportunités aux « gros » agriculteurs enrichis par la PAC qui pourront grossir encore. La PAC négociée par qui? Mais oui la FNSEA qui a déjà poussé et obtenu ces dernières années des accords entre l’Union européenne et le Japon, avec l’Indonésie, le Vietnam, le Mexique ou encore le Chili.
    L’hypocrisie* a encore de beaux jours devant elle, la période des élections va constituer un climat favorable à sa croissance.
    Bonne journée

    Étymologiquement le mot hypocrisie vient du grec ὑπόκρισις / hupókrisis, « action de jouer un rôle » et « feinte, faux-semblant ». Le mot hypocrite est également dérivé du mot grec ὑποκριτής / hupokritḗs, « acteur, comédien » et « fourbe, hypocrite ». source Wiki

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