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Les chemins divergent en matière d’information locale et globale

L’information de proximité ou locale selon le point de vue se meurt tranquillement sans que les citoyens s’y intéressent. Il ne reste que les hebdos de territoire pour tenter de donner des repères sur le quotidien du lien social, des décisions politiques et de la vie culturelle, de loisirs, sportives ou associatives. Tout est écrasé par les mastodontes télévisuels qui imposent le diktat de leur traitement du local de manière sensationnelle ou caricaturale.

Cette tendance qui ne cesse de s’accélérer et aura de lourdes conséquences sur le fonctionnement républicain. L’effacement du traitement des faits ayant un impact sur un territoire renforce ce sentiment d’éloignement, d’abandon, de mépris envers les territoires ruraux ou rurbains. Le traitement des élections municipales sera révélateur d’un phénomène dangereux. On sait fort bien que le niveau d’éducation citoyenne n’a jamais été aussi faible en France. Le vote à la proportionnelle niant la valeur personnelle et la qualité humaine des candidatures ne sera pas une amélioration de la situation.

La pression médiatique atteint des niveaux inégalés avec des centaines d’heures cumulées consacrées à un événement monté en exergue et qui efface totalement « l’ordinaire » des vies locales. Chaque semaine des « affaires » sont montées en épingle durant des heures et des jours avec des arrière-pensées de manipulation de l’intérêt des personnes incapables d’échapper à ces influences massives désastreuses. Et pourtant jamais l’info sur des chaînes répétitives et schématiques.

Le magazine « Reporterre » tire la sonnette d’alarme mais à peu de chance de trouver un auditoire intéressé. Plusieurs organisations indépendantes ont étudié par exemple la manière dont été traité le réchauffement climatique. Chaque jour ou presque ses effets détruisent la planète et l’existence de millions d’humains mais volontairement des médias continuent à diffuser de fausses informations. « Entre janvier et août quelque 529 cas de mésinformation climatique (terme comprenant la désinformation potentiellement involontaire, sans intention de nuire démontrée) ont été relevés sur les principales chaînes de télévision et radio françaises ». Aucune réaction. Aucune sanction. Aucune restriction de diffusion.

Selon le rapport très récemment publié (qui vous en parlé?) Il ressort de leur travail de veille que « certains médias audiovisuels sont beaucoup plus coupables de désinformation que d’autres : parmi les chaînes d’information en continu notamment, les chaînes privées sont six fois plus « exposées aux narratifs de désinformation climatique » que l’audiovisuel public. » Comment résister à cette avalanche de reportages, d’affirmations ou de commentaires qui se transforment en vérités. Un hit-parade de la désinformation sur ce sujet a été établi.

CNews, la chaîne d’info de Bolloré milliardaire interventionniste d’extrême droite, concentre ce qui se fait de pire de la télé sur le réchauffement climatique : un cas de désinformation par heure d’information consacrée au climat y a été détecté. Trois radios sont également des relais puissants de désinformation : Sud Radio qui fait même pire que CNews, avec un cas de désinformation toutes les quarante minutes, d’après le rapport.

On trouve dans la suite du classement Europe 1 et RMC, dont la fréquence d’exposition à la mésinformation climatique est à peine moins catastrophique que pour CNews, avec 0,8 à 0,6 cas de mésinformation par heure d’information consacrée au climat. Ensemble, ces quatre médias sont considérés comme les « relais proactifs » de la désinformation climatique. Un peu moins mauvaise que ses concurrentes, LCI est quant à elle cataloguée comme un « vecteur permissif » de désinformation. Est-ce spécifique à ce sujet ? Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas constater que c’est général.

Un autre constat documenté est intéressant. Il confirme une stratégie. Le rapport signale qu’ « une différence notable a été également observée entre le public et le privé : alors que dans l’audiovisuel public, les cas de désinformation identifiés sont presque systématiquement le fait d’invités (à 92 %), dans le secteur privé, les propos erronés ou trompeurs sont tenus dans 46 % des cas par des journalistes ou des chroniqueurs ». Nul ne peut vraiment agir sur ce phénomène. L’info locale reste la seule aisément vérifiable donc la plus saine. Elle n’intéresse pas pourtant car elle n’est en rien spectaculaire et attractive. Elle nécessite un effort financier pour se l’approprier et un travail constant sur le terrain.

Celle dont parle le rapport n’exige pas pareils efforts de ceux qui la distillent à longueur de journée. Le vedettariat suffit à conférer l’autorité morale pour déblatérer sur tout et n’importe quoi en toute impunité. Il en va tout autrement quand le diffuseur est à portée de baffe !

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