Les drones envahissent le quotidien et surtout prennent le dessus sur tous les autres matériels de guerre. Ils sont même devenus depuis deux semaines des arguments diplomatiques en effectuant des virées au-dessus des frontières. Ces appareils initialement destinés à accomplir des missions pacifiques dans les airs prennent une importance inégalée. Leur participation aux arsenaux dont disposent les armées est devenue une priorité absolue. Sauf qu’encore une fois l’Europe a pris un tel retard qu’elle devient la risée du reste de la planète. Incapable de réagir à des incursions répétées sur son territoire elle n’a qu’une réponse disproportionnée démontrant la lourdeur de ses processus en matière d’innovation.
Ces « faux bourdons » selon l’étymologie anglo-saxonne de leur nom ont d’abord été des cibles pour les avions de chasse avant de les supplanter. Leur pilotage à distance n’engage pas de forces humaines et donc les missions qu’ont leur attribue sont sans risques de pertes. Ils ont aussi la possibilité de se déplacer par programmation informatique ce qui leur confère en plus indépendance exploitable en tous lieux et en toutes circonstances. Très sobre sen énergie ces engins volants que visiblement les défenses aériennes ont du mal à identifier retournent souvent à leur base après avoir accompli leur périple.
Pouvant peser quelques grammes ou plusieurs tonnes ils offrent une palette d’usages qui est en plein expansion. Nécessitant aucune structure lourde pour atterrir ou être stationné, leur coût de fonctionnement s’avère dérisoire. Les forces armées européennes ont basé tout leur stratégie sur des technologies sophistiques, dispendieuses et donc inutilisables face à des « appareils » modestes, volant à faible hauteur et surtout envoyés massivement vers des objectifs de tous types. L’exemple de ce qui se passe actuellement dans la Baltique sert d’illustration de la faiblesse de l’Europe. Tellement minable que désormais ce sont les Ukrainiens qui donnent la leçon et qu’on ne tardera pas à avoir besoin de leurs experts pour s’adapter à des intrusions non maîtrisables.
Aucune véritable chaîne de fabrication en France. Un retard considérable dans les technologies. Peu de personnels qualifiés. Une planification maigrichonne faute de crédits. Une propension à dégainer des bazookas pour tuer des moustiques. Une indécision générale. La guerre des drones qui est en cours ne nous placera pas sur le trône des pays les mieux préparés.
Le lundi 22 septembre au soir déjà, des drones à l’origine non identifiée avaient survolé l’aéroport de Copenhague, ainsi que celui d’Oslo en Norvège, pays voisin, bloquant leur trafic pendant plusieurs heures. Ils ont remis ça dans la nuit de ce mercredi 24 au jeudi 25 septembre, des drones ont été repérés au dessus des aéroports d’Aalborg (nord), d’Esbjerg (ouest), de Sonderborg (sud) et de la base aérienne militaire de Skrydstrup (sud) avant de repartir de leur propre chef, Vus mais inconnus ! La seule certitude c’est qu’ils étaient pilotés par des personnes qualifiées. Aussitôt la Russie a été pointée du doigt.
Impossibles à abattre car ils se déplaçaient au-dessus de zones urbanisées ou des installations sensibles susceptibles d’être affectées par leur chute ces appareils viendraient de navires se déplaçant dans la mer Baltique autour de laquelle tous les États sont sous le parapluie supposé protecteur de l’OTAN. Des nouveaux « voyages » ont été observés dans le nord de l’Allemagne aux frontières avec le Danemark après avoir été organisés en Pologne et en Roumanie. Mieux le camp militaire français de Mourmelon aurait été survolé en début de semaine. Les instigateurs de cette excursion nocturne ne sauraient être basés en Russie. L’ennemi putatif se planque donc en France !
« Personne n’aurait imaginé que des drones bon marché puissent créer des “zones mortes” – des espaces de plusieurs dizaines de kilomètres où rien ne bouge : ni matériel, ni vie. Autrefois, on ne concevait cela qu’après une frappe nucléaire – maintenant, c’est la réalité des drones », a averti le président ukrainien à la tribune de ce « machin » où les escalators et les prompteurs sont en panne ! Qui l’a écouté. Il y avait probablement des sourires sur les lèvres dans la salle car les fabrications de ces engins tournent à plein régime chez eux.
Le bouclier actuel de défense aérien de l’Otan repose sur trois strates : des avions équipés de systèmes d’alertes précoces qui scrutent l’espace aérien, des avions de chasse déployés en Europe de l’Est et des systèmes de défense aérienne au sol, plutôt adaptés à l’interception de missiles ou d’avions. L’heure de vol de l’un de ces aéroplanes détecteurs type Rafale revient environ à 17 000 € hors amortissement, armement et ravitaillement en vol. Il faudrait que plusieurs d’entre eux soient en l’air 24 heures sur 24 pour intercepter des aéronefs pour l’instant inconnus et dépourvus de dangerosité. C’est encore une fois là que la bât blesse.
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« Ces appareils initialement destinés à accomplir des missions pacifiques dans les airs prennent une importance inégalée. »
Comme toute invention nouvelle, les drones n’ont pas échappé à la règle : « toute nouvelle invention utile et pacifique, destinée au bien être de l’Humanité est systématiquement détournée par des esprits malfaisants. »
« …ce sont les Ukrainiens qui donnent la leçon et qu’on ne tardera pas à avoir besoin de leurs experts pour s’adapter à des intrusions non maîtrisables. ». Tiens tiens ! Que voilà une bonne nouvelle.
Cette histoire de drones « célerusses » , sans chercher d’autres possibles « coupables » commence à engendrer quelques doutes sur leur origine réelle et peuvent faire penser à une séance de « Loup y est tu ? »pour se faire peur. Un jeu qu’adorent les enfants, petits et grands.
Je n’irai pas jusqu’à dire : « Otan suspend ton vol ».
« Complotiste un jour, complotiste toujours. »