Les sénatoriales n’ont pas généré un profond bouleversement de la donne du Palais du Luxembourg. La visite papale a même effacé une bonne partie des commentaires potentiels sur ce qui constitue un scrutin dont la majorité des Françaises et des Français méconnaissent le fonctionnement. En fait les résultats confirment simplement que le renouvellement des instances communales a consolidé le basculement à droite du pays. On est bien loin dans le vote exprimé dimanche des déclarations d’étiquette politique effectuées par les élus locaux après leur installation. Il n’existe plus de doutes sur les adeptes du « fameux sans étiquette » dont se parent bien des maires ruraux car il est aisé de constater dans les départements concernés que le bulletin qu’ils ont choisi ressemble à celui… du RN.
Sur quelles bases ont-il rallié le camp de la droite extrême ? Quel rôle a joué le parti lepéniste au cours des dernières années dans la défense des collectivités locales ? Sur quelles bases ont-il choisi leur bulletin dans le contexte actuel ? En fait c’est encore une fois l’expression d’un sentiment d’abandon en milieu rural qui a conduit à une énième manifestation de rejet de ce qu’ils considèrent comme une injustice. Les nouveaux ont vite compris que leur espace de liberté de gestion existe de moins en moins et qu’il se réduira encore en 2027… Les « sans étiquette » sont devenus des sans culottes de droite extrême ou d’extrême-droite et rêvent d’un improbable grand soir.
Il est assez facile de le vérifier puisque dans les départements où existent des villes dans lesquelles la répartition des grands électeurs a été faite sur des critères strictement politiques, le RN ne perce pas autant que le laisse à penser la constitution d’un groupe. On connaît à quelques unités près le nombre de voix sur lesquelles il pouvait compter et leurs scores sont largement supérieur car dans les zones rurales les soutiens étaient jusque là dissimulés. La France des « campagnes » a encore largement choisi le camp de la protestation « poujadiste ». C’est le cas en Gironde ce qui laisse augurer des scores encore plus forts aux présidentielles puis aux législatives.
Ces Sénatoriales confirment la fracture toujours plus profonde entre les zones urbanisées et celles dans lesquelles les « dépeuplements » de tous ordres se poursuivent. Pire dans la vraie ruralité la précarité s’accentue (crise agricole, endettement des nouveaux venus liés aux dépenses contraintes de mobilité, isolement physique, désertification des services…) et elle agit comme un rouleau compresseur sur les esprits. Impossible de redresser cette évolution qui s’accentue d’échéance électorale en échéance électorale.
Si l’on considère en Gironde que sur Bordeaux Métropole et dans les villes de plus de 5 000 habitants la nouvelle sénatrice RN tablait sur une centaine d’encartés connus et reconnus elle a drainé entre 500 et 600 voix diffuses dans le « croissant de la pauvreté » allant du Nord Médoc en passant par l’Est du Blayais et du libournais, le Sud-Est de l’Entre-Deux-Mers et le Sud du Sud Gironde. La catastrophe viticole et ses conséquences sur les emplois de proximité commence à peser et aucun avenir n’est visible. La réaction de dépit, de rage, de désolation n’est plus contrôlable. Souvent, et tous les sondages le prouvent, les Maires et les élus qui les accompagnent sont les premiers réceptacles de cette désillusion qui s’est ancrée dans les esprits. Ils l’on traduite par leur bulletin de vote.
Le résultat des sénatoriales ne doit pas s’analyser en fonction d’un nombre de sièges gagnés ou perdus. Il porte les germes d’une profonde modification de l’équilibre institutionnel. L’arrivée du RN ouvre , comme l’a parfaitement écrit Laurence Harribey ex-sénatrice de la Gironde, le Palais du Luxembourg au « Trumpisme institutionnalisé » . Alors que les débats y étaient feutrés et que des consensus de bon sens émergeaient souvent, l’outrance s’installera avant les Présidentielles puisque désormais le RN aura un relais de poids pour ses élucubrations au sein de la Haute Assemblée. La course à l’échalote du plus à droite débutera très vite lors du vote du budget. Le Sénat bascule sur le fond mais pas sur la forme.
Il est aussi question de moyens. Avec un groupe les adeptes de la Marine nationaliste auront accès aux multiples avantages matériels donnés à ce type d’organisation. Ce n’est pas négligeable car ce c’est surtout une cinquantaine d’attachés parlementaires supplémentaires qui pourront travailler pour le suivi de la politique nationale avec une dotation proportionnelle au nombre de sièges obtenus. Le parti de Bardella rattappé par la rediaolisation commence à avoir une force de frappe solide et cette fois bien structurée. En plus ces nouveaux sénateurs auront la possibilité dans les territoires où ils ont été élus de participer sur le terrain à la vie collective dans une douzaine de départements clés.
Il faut oublier le fameux « train de sénateur » qui amusait la galerie politique. Tout s’accélérera dans les prochains mois. Même si on en est encore éloigné la majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni pour ajuster la Constitution n’est plus une hypothèse impossible. Mi-2027 selon le nombre de députés sortis des législatives et désormais la configuration du Sénat on approche de la possibilité de modifier les institutions. On en reparle… sur la base des faits historiques des années trente.
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« c’est surtout une cinquantaine d’attachés parlementaires supplémentaires qui pourront travailler pour le suivi de la politique nationale avec une dotation proportionnelle au nombre de sièges obtenus. » Ce qui permettra peut être des utilisations détournées de cette manne providentielle, une pratique semble-il déjà utilisée par certains partis. D’autres s’en sont d’ailleurs étonnement facilement sortis, en y laissant un minimum de plumes(suivez mon regard dans la direction d’une des destinations du récent barnum papal).
J’ai beau me creusez la coucourde (il est vrai que je manque d’imagination) je ne vois pas vraiment ce que le RN pourrait apporter dans l’amélioration des zones sinistrées de la campagne, attendu que la désolante expérience nous montre que dans les villes qui ont fait le choix du RN la situation des citoyens ne s’est pas vraiment améliorée, au contraire.
Certains partent du principe « qu’on n’a pas essayé », en quoi ils se trompent lourdement car ils oublient le règne lamentable et funeste du ci-devant maréchal, qui déclarait à juste titre que les français ont la mémoire courte.
bonjour,
nous sommes sur la planche que nos amis politiques de tous bords ont constamment savonnée dans l’optique de maintenir le TPMG ( tout pour ma gueule).
Une classe politique autiste, sourde et aveugle devant la détresse des non-élus.
Nous entrons dans la quatrième révolution industrielle qui cette fois vise les cols blancs. Pour mémoire
• 1ère révolution : La mécanisation et la machine à vapeur (fin du XVIIIe siècle). Remplacement de la force humaine et animale.
• 2ème révolution : L’électricité et le travail à la chaîne (fin du XIXe siècle). Réduction de la masse des travailleurs.
• 3ème révolution : L’informatique, l’électronique et l’automatisation (fin du XXe siècle). Substitution du savoir faire des techniciens.
• 4ème révolution : La numérisation totale, l’autonomie et l’interconnexion des systèmes. Disparition de tous les emplois télé-travaillables puis à terme robotisation des actions en présentiel. ( les robots dans les Ehpad )
Sous nos yeux, tout se qui constituait la compétence humaine ( savoirs, savoir-faire et savoir-être) s’évapore, remplacée par des robots.
Les TPMG savent tout cela mais ne cessent de faire la promotion de la factorie 4.0.
Les TPMG demandent des sacrifices en évitant d’être impactés par leurs propres demandes.
Les TPMG ont paupérisé les services publics afin de démontrer que les entités privées étaient seules performantes. Sauf que la où ce n’est pas rentable les entreprises privées n’y vont que si c’est subventionné par les impôts.
Ainsi les services publics disparaissent des campagnes au profit de services informatisés et à distance de l’engueulade quand ça fonctionne pas.
Le coût des déplacements explose et les ruraux payent plusieurs fois la facture.
Tout cela ouvre l’autoroute du R Haine, pas de surprise si la couleur des TPMG vire au brun.
Bonne journée
Bonjour !
Devant la bête soi-disant immonde, Martin hurlait « Au loup! ». Mais le village, épuisé, lassé, laminé, étranglé, en sursis déficitaire, continuait de vaquer à ses occupations de survie vers des jours espérés meilleurs.
214 au jus ! !
Cordialement