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Les pêcheurs d’islande ont rendu l’UE mal lotie

Plus les jours passent et plus l’Union Européenne présentée par ses instigateurs comme une entité enthousiasmante, solidaire et protectrice s’effrite. Bientôt en dehors de décisions coercitives concrétisées par des normes complexes, des textes abscons, des contraintes budgétaires et des consensus mous elle ne démontrera pas une efficacité acceptable. Le nationalisme se nourrit de cette méfiance à l’égard d’une technocratie très éloignée des réalités sociales et sociétales. L’Europe sous pression de tous les cotés n’offre même plus un vrai rempart contre la guerre puisque ses principaux dirigeants prétendent chaque jour ou presque qu’elle menace. On n’y parle plus que de crédits militaires et de protection contre l’immigration clandestine. La Paix s’éloigne.

La réponse à cette situation se trouve dans les élections nationales avec la montée des partis protectionnistes, séparatistes et démagogiques surfant sur un sentiment profond de trahison venant de cette Europe dont les habitants de voient que les mauvais coté. Une illustration est arrivée d’Islande. Cette île prospère après de forts soubresauts liés aux crises financières mondiales a rejeté la reprise des ses négociations d’adhésion avec Bruxelles. Il s’agit d’un revers cinglant pour l’UE et un signal d’alerte qui devrait contraindre ses dirigeants à se remettre en question.

La campagne a été extrêmement virulente sur cette terre volcanique et froide où la démocratie directe est bien plus développée que chez nous. C’est une piqûre de rappel pour les Françaises et les Français dupés après le refus de la Constitution européenne du 29 mai 2005. En effet le résultat constaté en Islande après une campagne extrêmement agitée et un débat profond est assez étriqué :  52,8% des Islandais ont répondu « non » et 47,2% « oui ». Rappelons qu’en 2005 nous avions eu un résultat beaucoup plus significatif : 54,68 % des suffrages exprimés, contre 45,32 % pour le « oui ». On connaît le sort qui a été réservé dans notre beau pays à ce vote. Gageons qu’il n’en sera pas de même en Islande.

La lutte a été sévère entre les partisans d’une Europe ultra-lébérale du profit et ceux d’une union d’abord humaine et sociale. Comme ce fut le cas en 2005 chez nous. Comment un Islandais peut croire qu’une adhésion améliorerait sa situation personnelle déjà très favorable ? Comment un Islandais peut penser que la « concurrence libre et non-faussée » et les traités de libre échange en cours lui seraient profitables ? Les partisans du rapprochement soulignaient que l’Islande appliquait déjà une grande partie des règles de l’UE sans participer à leur élaboration. Les opposants ont, eux, insisté sur la souveraineté nationale et sur la maîtrise de secteurs stratégiques, en particulier la pêche. Un sujet dont on sait combien il devient sensible dans le contexte actuel du réchauffement climatique.

Les « euro-optimistes » souligne que le débat remonte à la crise financière de 2008. L’Islande avait officiellement demandé à rejoindre l’Union en juillet 2009, après l’effondrement de son système bancaire. Les négociations avaient débuté l’année suivante et progressé rapidement : 27 chapitres sur 35 avaient été ouverts et 11 provisoirement clos. Mais l’alternance politique de 2013 avait entraîné leur suspension. En 2015, le gouvernement islandais avait donc demandé à l’UE de ne plus considérer le pays comme candidat.

Le dossier de la pêche comme indiqué ci-dessus avait notamment compliqué les discussions. L’Islande entendait conserver la maîtrise de ses importantes ressources halieutiques, alors que les États membres de l’UE participent à une politique commune de la pêche. L’agriculture constitue un autre sujet sensible. En fait le résultat qui repousse à 2028 une nouvelle reprise des négociations met en évidence que seuls les pays socialement déclassés ou ceux qui sont menacés par la guerre souhaitent vraiment rejoindre une Europe sans voix politique forte, sans idée directrice précise et sans autre intérêt que protéger de la dégringolade financières des monnaies nationales antérieures via l’Euro.

Ce résultat référendaire a surtout valeur de symbole et ouvre des perspectives démagogiques aux partis anti-européens qui le pensent fort mais ne le disent pas ouvertement. L’analyse démontre aussi en isxlande l’existence d’ une fracture ‘rural-urbain. La capitale Reykjavik a en effet majoritairement voté « oui » à environ 58 %, voyant dans l’UE une opportunité géopolitique et économique. À l’inverse, les zones rurales ont rejeté la reprise des négociations à près de 60 % ! Les jeunes générations ont eu plus tendance à se montrer en faveur du oui alors que que les plus âgées refusent ce qu’ils considèrent comme une perte de souveraineté. De fausses informations ont aussi circulé pendant la campagne selon lesquelles le gouvernement islandais aurait demandé en août 2026 à l’Union européenne de cesser son ingérence dans la campagne. Serait-ce tellement différent chez nous ?

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    J’ai été dans mon jeune temps, comme pas mal de mes contemporains, un partisan d’une union européenne de la Paix.
    Je ne peux que confronter négativement le « projet initial » et la mouture que l’on nous livre et que, contraints et forcés, nous sommes obligés de subir.
    Les représentants de commerce nous ont trompé sur la marchandise en nous imposant une Europe du fric et du capital à sens unique (et inique).
    Je comprends parfaitement l’attitude des islandais et je considère même que ces 42, 8% sont un peu faiblards.
    De surcroît , pour un pays dont l’économie repose essentiellement sur la pêche il n’est pas raisonnable d’accepter de se voir contraint d’appliquer « sans discussions ni murmures « des normes européennes plus ou moins discutables.
    Enfin subir les fantaisies, les mielleuses entourloupes et diktats de Van der la Hyène n’est pas vraiment exaltant.
    Les rosbifs qui ont brexité n’ont pas l’air de s’en porter plus mal, l’extrême droite et les droites extrêmes y foisonnent aussi aisément que chez nous.

  2. Alain.e

    Les prêcheurs d’ Islande au non remportent une belle victoire, et, ne sont pas tombés dans les filets de l’ UE .
    La paix est une belle chose répétait souvent ma prof de cm2, est ce que l’ Europe en est garante ?
    Je me souviens avoir discuté il y a fort longtemps avec une brochette de jeunes technocrates de Bruxelles , et nous n’ étions pas vraiment d’ accord .
    Et pendant ce temps la , à Rochefort , la corde rit royale , et la maison de Pierre rénovée attend ma visite ….
    Cordialement.

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